Triste réalité dans les cachots du Bas-Congo

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L’univers carcéral de postes de police et de la justice militaire, ainsi que  les établissements pénitentiaires civils et militaires de la province du Bas-Congo, ont dévoilé au début de cette semaine, leur triste réalité. C’est à l’occasion de sa visite d’inspection à l’étape d’Inkisi, de Mbanza-Ngungu et de Kimpese que la vice-ministre à la Justice a exprimé son indignation et sa colère face aux conditions de détention déplorables des prisonniers.

            En effet, tenant à confronter les différents rapports transmis au ministère de la Justice aux faits palpables, Mme Sakina B. Selemani a effectué une visite d’inspection dans la province du Bas-Congo. Lors de la première étape qui l’a conduit à Inkisi, la vice-ministre à la Justice n’a pas caché son étonnement face aux cachots en état de délabrement avancé, dépourvus des lits et des installations sanitaires. Les toitures croulantes comportaient des risques majeurs d’effondrement sur les pensionnaires. Que consomment-ils ? Si ce ne sont pas les membres de leurs familles qui leur apportent à manger, ils vivent de la disette. Et qu’en est-il de leurs dossiers judiciaires ? C’est ici que Mme Sakina a craché sa colère en apprenant de certaines personnes écrouées qu’elles n’ont jamais été entendues sur procès-verbal, ni confrontées aux plaignants. Ces hommes ne savent pas quand ils seront libérés ou transférés au Parquet de grande instance. Tout le mystère !

            Les OPJ , eux, de véritables souverains, se moquent des lois régissant le respect du délai de détention leur autorisé et qu’ils ne doivent pas dépasser , sauf sur mesure de prolongation des autorités judiciaires.

            A Inkisi, on peut retenir que pour une bonne administration de la justice, il faut non seulement réfectionner les amigos de la police et assurer de bonnes conditions carcérales aux personnes écrouées.

            A l’étape de Mbanza-Ngungu, des faméliques rongés par la faim, présentés à la vice-ministre à la Justice, n’avaient plus pour quelques-uns que leurs peaux sur les os. Comment comprendre cette situation quand on sait que la Prison de cette ville reçoit un financement pour assurer la restauration des pensionnaires ?

            Dans son entrepôt que Mme Sakina B. Selemani a visité, il n’y avait qu’en tout et pour tout que trois sacs de cossettes de maniocs pour une population pénitentiaire de plus de 1.000 détenus. A ce rythme-là, cette prison pourrait devenir un grand mouroir avec des conséquences que l’on ne saurait éviter avec de belles promesses, si rien n’est fait jusque-là. Qu’est-ce qu’il y avait d’autre comme provisions alimentaires ? Le magasin était vide et réclamait d’être vite approvisionné. Cette situation a mis Mme Sakina B. Selemani dans tous ses états, quand on sait qu’un hécatombe pourrait davantage ternir l’image de la RDC, dans le domaine de respect des droits de l’Homme.

            Des kilomètres plus loin, Kimpese dévoilait ses problèmes à la vice-ministre à la Justice. Dans cette ville, ce sont des cas d’arrestations arbitraires par la police. Les prévenus non transférés au parquet de grande instance moisissaient dans les cachots, sans autre forme de procès. Chose révoltante, Mme Sakina B. Selemani a surpris un policier en état d’ébriété à son poste de travail. Ses chefs hiérarchiques qui ne l’avaient pas sanctionné, ont fait montre d’une passivité coupable. Signe que dans ce service de police la territoriale, bien des abus se commettent sans émouvoir les dirigeants.

            Il y a eu aussi le cas d’un enseignant qui cohabitait avec une élève mineure d’âge. Les parents de la fille qui n’avaient rien obtenu des amendes exigés, ainsi que la dot pour régulariser cette relation amoureuse, ont fait arrêter l’amoureux. L’homme qui a perdu son emploi à la suite de cette affaire, a supplié qu’il soit remis en liberté, promettant de ne plus connaître ces faits répréhensibles.

            Une affaire qui n’a pas manqué d’émouvoir la vice-ministre à la Justice est celle des fonds prêtés aux débiteurs sous le régime de «  Banque Lambert ». Ces derniers qui n’ont pas pu honorer leurs engagements, se sont retrouvés écroués dans les amigos de la police. Les policiers exerçaient ainsi des pressions sur ces débiteurs, afin d’arracher des paiements en faveur des plaignants.

            Dans le cadre de cette visite d’inspection, l’on peut espérer que le ministère de la Justice instruira les magistrats à relancer des contrôles périodiques, sinon hebdomadaires des cachots de la police. Les hauts magistrats pourraient s’intéresser à la régularité de la détention de nombreuses personnes jetées dans les cellules des prisons, dans le cadre des règlements de comptes entre individus ou des représailles organisées par des mains invisibles. Comme on le voit, ces contrôles s’ils sont réguliers et bien menés, ils pourront éviter la commission de tels abus de pouvoirs.

J.R.T.

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