Triste constat de la classe politique : élections impossibles en 2017 !

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François Nzekuye, invité de Radio Okapi, février 2010.
François Nzekuye, invité de Radio Okapi, février 2010.

Un café de presse a été organisé hier lundi 19 juin 2017 au Centre de Ressources pour les Médias, avec la participation de deux acteurs politiques, à savoir François Nzekuye de la Majorité Présidentielle et Odette Babandoa de l’Opposition.

Dans son intervention, François Nzekuye de la Majorité Présidentielle a affirmé, sans mettre des gants, que les élections n’auront pas lieu en décembre 2017 comme convenu dans l’Accord du 31 décembre 2016. Ce député du PPRD n’accepte pas que le retard mis dans l’organisation des élections soit imputé à la seule famille politique du Chef de l’Etat.

D’après lui, l’opposition a aussi une grande part de responsabilité dans le « glissement ».
«Si l’opposition était conséquente et sérieuse, on aurait déjà eu des élections dans ce pays, a-t-il soutenu, avant de faire remarquer que « c’est le revirement de l’opposition qui a conduit le pays à la situation actuelle ».

Il a contesté vivement la politique qui consiste à diaboliser la majorité et à sanctifier l’opposition. «Nous de la Majorité comme nos amis de l’Opposition, nageons tous dans la même marrée », a martelé François Nzekuye.
Cet élu de la majorité a justifié le report des élections au-delà de
décembre 2017 par plusieurs raisons, notamment la situation
sécuritaire précaire au Kasaï, marquée par l’insécurité causée par
l’activisme des miliciens de Kamuina Nsapu. François Nzekuye a réfuté
les accusations selon lesquelles le pouvoir aurait divisé le
Rassemblement pour retarder les élections.
Pour sa part, Odette Babandoa pense que la tenue des élections en
décembre 2017 relève désormais du divin et du miracle. La présidente
de l’Union Patriotique des Républicains constate que tous les
ingrédients sont réunis pour un nouveau « glissement » au-delà de
décembre 2017.
Cette ancienne sociétaire de l’UNC (Union pour la Nation Congolaise)
de Vital Kamerhe a exprimé ses inquiétudes au sujet du retard affiché
dans la mise en place du Conseil National de Suivi de l’Accord du 31
décembre 2016.
Babandoa regrette que 6 mois après la signature de l’Accord de la
Saint Sylvestre, cette institution censée surveiller le processus
électoral ne soit toujours pas mise en place.
Quant au représentant de l’ACAJ, il a déploré l’application partielle
des mesures de décrispation politique arrêtées lors dialogue du Centre
de Interdiocésain. Il a souligné que certaines figures emblématiques
comme Moïse Katumbi, Jean-Claude Muyambo, Diomi Ndongala soient
toujours traqués ou en prison et que certains médias proches de
l’opposition restent fermés six mois après conclusion de ce deal
politique.
ERIC WEMBA