Tripoli : 200 Congolais dans le désespoir

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    Plus de 200 citoyens de la République Démocratique du Congo continuent d’attendre, dans leurs maisons, à Tripoli, la main de la providence face à ce qui leur apparaît de plus en plus comme une mort lente et certaine. Tout commence à leur manquer : gaz, eau, nourriture, argent. Dans les points habituels où ils avaient coutume de s’approvisionner en gaz pour leurs appareils électroména    gers, on les renvoie machinalement au lendemain, puis au surlendemain, puis au jour suivant, sans espoir de disposer de cette source d’énergie fort pratique et vitale dans la capitale libyenne.

 

    En conséquence, il leur devient impossible de cuisiner les maigres provisions qui traînent encore dans leurs frigidaires, sacs, cartons et boîtes. Sortir pour aller à la recherche d’un restaurant ou d’une grande surface est devenu un exercice fort risqué, dans un environnement où les autochtones font la chasse aux nègres, considérés comme les frères et sœurs des mercenaires noirs qui sèment la mort à Tripoli, au sein des forces combattantes et de sécurité à la solde de Mouammar Kadhafi, le président très contesté de Libye.

Alors qu’à Kinshasa, les autorités centrales multiplient les appels au calme et assurent que nos compatriotes sont « consignés » dans les locaux de notre ambassade à Tripoli en attendant leur exfiltration, les échos en provenance du Nord de l’Afrique font état d’une situation sécuritaire et humanitaire fort préoccupante pour les membres de la colonie congolaise de Libye, principalement ceux résidant à Tripoli.

    Comme indiqué dans notre édition de lundi, la couverture diplomatique du contingent congolais, pour qu’il puisse faire mouvement vers la frontière tuniso-libyenne, demeure incertaine. La mobilisation d’au moins deux diplomates, pour les formalités d’entrée en territoire tunisien, n’est toujours pas garantie. Jusque-là, un seul membre de la chancellerie congolaise était disposé à faire le déplacement. Quant au second « volontaire », il ne tient pas à prendre des risques avec sa voiture personnelle.

    Résultat : les choses sont au point mort. Les Congolais de Tripoli comprennent l’embarras de leurs compatriotes diplomates, lesquels tirent souvent le diable par la queue pendant des mois, sinon des années, faute de salaires et des frais de fonctionnement. Manifestement, partir des Tripoli vers la frontière avec la Tunisie exige un énorme sacrifice financier, en plus du risque de mettre en péril leur vie ou leur intégrité physique. Bref, le sauvetage de ces « sinistrés » requiert une intervention d’urgence, à diligenter à partir de Kinshasa.

    Mais plus les jours passent, et davantage s’aménuisent les chances de survie pour les 200 Congolais de Tripoli. La perspective la plus sombre pour eux serait l’invasion de Tripoli par les manifestants en provenance des provinces déjà libérées par les forces politiques et sociales opposées à Kadhafi et son régime. Dans leur progression vers la capitale libyenne, ils rasent sur leur passage tout ce qui leur rappelle les mercenaires noirs accusés d’avoir participé aux bombardements de Benghazi et de plusieurs villes de l’Est.

    S’ils arrivent à survivre à la famine, aux maladies et au manque de gaz, les Congolais savent le sort qui les attend face aux « libérateurs » : la mort. On rappelle que les anti-Kadhafi se sont donnés dix jours pour faire « tomber » Tripoli. Le compte à rebours, comme on dit, a donc commencé pour la diaspora congolaise de Libye.

                                                 Kimp

 

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