Tripaix/Pont Kasa-Vubu : deux héritiers se disputent la propriété d’une parcelle

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Deux frères, Bane Bafwa Souleymane et Dieudonné Kashama Souleymane, s’empoignent autour d’une concession familiale située sur l’avenue Tshuapa, dans la commune de Kinshasa. En effet, Bane se dit propriétaire de cette parcelle laissée par leur père, décédé en 1971. De son côté, Dieudonné, l’aîné de la famille, revendique également ce titre en certifiant que c’est leur oncle paternel, qu’il soutient être le premier propriétaire de ladite parcelle, qui le lui avait léguée avant sa mort.

Le Tribunal de paix du pont Kasa-Vubu a instruit cette affaire au cours de son audience publique d’hier lundi 3 août 2015, afin d’être suffisamment éclairé. Les deux héritiers ont comparu personnellement, assistés de leurs avocats. Appelé à la barre, Bane Souleymane a expliqué que tout remonte en 1960, lorsque leur père avait acquis la parcelle querellée. Il y habitait avec leur défunte mère et tous leurs enfants. Après la mort des deux parents, d’autres membres de la famille étaient venus cohabiter avec eux,  sans pourtant qu’il y ait un quelconque problème. Les deux frères, jusqu’à ce jour, résident dans la même parcelle, ainsi que leurs femmes et enfants.

            Un bon jour, Bane dit avoir constaté que son grand frère était en train d’évacuer tous les biens, pour un lieu inconnu, sans donner la moindre explication, puisque les deux frères ne s’adressaient plus la parole. Alors que son frère aîné sortait le dernier colis, Bane a averti le poste de la police le plus proche du comportement suspect de son frère aîné. Convoqué pour donner les raisons pour lesquelles il quittait clandestinement la parcelle, Dieudonné a refusé de s’expliquer.

            C’est au niveau de la maison communale qu’il a finalement affirmé être le propriétaire de la parcelle querellée, brandissant au passage  un acte de cession qui renseignait que c’est leur oncle paternel qui le lui aurait cédée, alors qu’il était encore mineur. C’est cette prétention qui les avait amenés au TGI/Gombe, malgré plusieurs réunions de famille organisées par les autres frères résidant à l’étranger, pour tenter de réconcilier les deux parties.

            Alors que le dossier était encore pendant, poursuit Bane Bafwa, son grand frère s’est permis de vendre la parcelle qui, selon lui, n’appartenait pas à l’oncle paternel mais plutôt à leur père.

            Bane Bafwa a également attaqué en faux l’acte de cession et la fiche parcellaire que la partie adverse ne cesse de brandir devant le tribunal.

Selon lui, il avait écrit une lettre au Notaire de la ville pour lever une copie originale, mais il n’y avait aucun document original à ce niveau.

            Prenant à son tour la parole, Dieudonné Kashama a contesté la version des faits livrée par son jeune frère aux juges.

            D’après lui, le plaignant n’a pas suffisamment d’informations sur la manière dont cette parcelle avait été acquise puisqu’il était encore jeune.

            De son vivant, le père n’avait qu’une parcelle, dans la commune de Barumbu. Celle de Tshuapa lui avait été léguée par l’oncle paternel qui était en réalité son jeune frère.

            Vu que Dieudonné était le plus âgé et mature,  l’oncle paternel  l’avait désigné comme liquidateur.

            Par ailleurs, Dieudonné a renseigné que l’acte de cession en question date de 1970 et est enregistré à l’Hôtel de ville, sous la signature du Notaire. Il a fait savoir que son frère sait bel et bien que cette parcelle porte le nom de son grand frère, mais il veut, par simple jalousie, brouiller les pistes et diviser la famille.

            De son côté, le tribunal a exigé une descente à l’Hôtel de Ville et au bureau du quartier, pour vérifier l’authenticité de ce document.

Perside Diawaku