Tripaix/Ndjili : un cousin et une cousine se disputent une parcelle

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Lemba Yabakaka, ancien  chauffeur à l’Office des Routes, et sa cousine Mpika Pauline, s’empoignent au Tribunal de Paix de Ndjili pour une parcelle sise, avenue Yasa 19, quartier Mokali, Kimbanseke.  Lemba allègue avoir demandé  à  sa cousine d’assurer la garde de sa parcelle  pendant son séjour à Inongo,  au Bandundu. L’intéressé a  déclaré à l’audience d’hier mercredi 18 février 2015 qu’en sa qualité de chauffeur à l’Office des Routes , il avait réussi à subtiliser  46 tôles et achever la construction de sa maison de Yasa. L’incriminée soutient avoir hérité cette parcelle de son défunt mari et son cousin  a bénéficié d’une certaine somme d’argent peu avant son départ au Bandundu auprès de son époux. C’est en échange de cet argent, a-t-elle précisé, qu’un ami de Lemba a tout fait pour leur donner une autre parcelle.

Invoquant le principe d’electa una via, le conseil de la partie citée a précisé que la partie citante a déjà  saisi le Tribunal de Grande Instance  de Ndjili où il a été débouté et devrait interjeter appel au lieu de porter plainte au Tripaix.  Il a soulevé également des exceptions de défaut  d’intérêt, de qualité et  de mauvaise direction.  Expliquant  que la partie citante n’a pas produit des titres parcellaires pour asseoir ses prétentions et devrait poursuivre Manza , le défunt mari de Mpika et non sa cliente.
En réplique, les avocats de la partie citante ont relevé que l’assignation brandie par leur contradicteur ne doit pas être assimilée à une décision de justice. Invoquant la Constitution et l’article 69 du Code de procédure civil, ils ont souligné que  leur client a le droit de saisir la justice s’il se sent lésé et obtenir réparation du préjudice subi. Ils ont ajouté que leur client dispose des titres parcellaires pour asseoir ses prétentions. Il n’y a pas de mauvaise direction car la prévenue a fait des aveux au Parquet, ont-ils indiqué.
Le ministère public a rejeté les préalables soulevés par la partie prévenue et proposé au tribunal de joindre  ces exceptions au fond et ainsi ordonner l’instruction du dossier.
Appelé à exposer les faits, les avocats de la partie citante ont fait  savoir que peu avant d’être exproprié,  leur client avait une parcelle dans le périmètre de l’actuel stade des Martyrs et  bénéficié du gouvernement congolais  d’un autre lopin de terre en plus d’une somme d’argent pour se faire installer ailleurs.  Ils ont ajouté que Lemba avait obtenu une fiche auprès du Bureau d’Etudes et d’Aménagement Urbain « BEAU». Leur client, ont-ils indiqué, avait quitté Kinshasa en 1977. A son retour dans la capitale, grande était sa surprise de voir sa cousine prétendre être la vraie propriétaire de la parcelle de Yasa. La prévenue s’était  fait confectionner des titres de propriété.
La prévenue a rappelé que son cousin avait sollicité de l’argent  auprès de son  mari pour régler certains problèmes peu avant son départ pour le Bandundu. En échange de ce geste, l’ami de Lemba s’était arrangé pour négocier en leur nom  un lopin de terre à Mokali. Elle a précisé avoir perdu le document relatif à l’achat de cette parcelle.
Présent à la barre, Lemba a donné une autre version, expliquant clairement avoir  acheté sa parcelle en 1972 et y a construit une maison. En 1977,  le gouverneur Ndjoku Eyobaba a ordonné la démolition du périmètre où lui et d’autres personnes avaient construit leurs maisons et les avait reclassés ailleurs.
Le conseil de Lemba a fait savoir qu’avec  la coutume , il n’était pas nécessaire de faire signer un document à sa cousine. L’audition des témoins et la plaidoirie interviendront dans deux semaines.
Jean-Pierre Nkutu