Tripaix/Ndjili : polémique autour d’un testament : le bourgmestre Kaputu dédouane en partie la prévenue

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La veuve Charlotte Belesi a été attraite au Tribunal de paix de Ndjili par les enfants nés du premier lit de son défunt mari, Kumbi Honoré, au motif que la prévenue s’appuie sur un testament établi en 2004 par leur géniteur, lequel les dépossède de leur parcelle sise à Masina.

Portant les indications RP 15287 et confiée à une nouvelle composition, cette affaire  a été de nouveau instruite hier lundi 11 juillet 2016.
Comme il n’y a pas de précision sur la personne qui avait fait
enregistrer ce document dans le registre communal de Masina, Toussaint
Kaputu, l’actuel bourgmestre de Lemba et jadis à Masina ( 2002-2008),
cité comme témoin par l’avocat des plaignants pour avoir traité ce
dossier, a donné hier un éclairage sur ce sujet.

Prié d’éclairer les juges sur la manière dont l’autorité communale
s’y prend quand ce genre de dossier lui tombe sous la main, Kaputu a
dit que les testataires sont souvent discrets et déprimés. La personne
qu’il accueille doit être réconfortée et orientée vers le service de
contentieux. Et c’est là que le testataire lettré écrit lui-même son
texte. Au cas contraire, il s’appuie sur un agent du service de
contentieux. Un Opj est appelé sur les lieux. Il a ajouté qu’un  PV
d’audition est dressé pour la circonstance et on lit à l’intention du
testataire analphabète le texte saisi pour s’assurer que sa volonté a
été respectée. Le testament est ensuite enrôlé ( nom et numéro de la
personne ayant amené le dossier, date….)  Au cas où le testataire est
sérieusement malade ou  diminué physiquement, a-t-il précisé, on peut
aller vers lui pour recueillir son récit, avant d’apposer un visa sur
le testament.

Une histoire particulière

Ayant dans un premier temps vu la photocopie de ce testament, Kaputu
a refusé de se prononcer sur la fiabilité de ce document. Et quand les
proches de la prévenue ont amené l’original un peu plus tard, le
bourgmestre de Lemba a affirmé que ce testament est fiable d’autant
plus que les mentions censées y figurer sont là.
Mais en raison de l’absence du nom de la personne ayant diligenté
cette démarche, les juges ont ordonné une descente au bureau communal
de Masina le 25 juillet 2016.
On retient des propos de l’avocat des plaignants que Kumbi, décédé en
2005, avait vendu sa parcelle de Limete peu avant sa mort et donné une
somme de 2.000 dollars à la prévenue. Avec cet argent, a-t-il indiqué,
la prévenue allait valoriser le terrain lui légué par le de cujus.
Juste après la mort d’Honoré Kumbi, a affirmé  ce juriste, la
prévenue ne s’opposait pas à la vente de la parcelle sise avenue
Malembe où elle réside avec les enfants nés du second lit.
En 2016, la prévenue s’est rétractée, brandissant à l’occasion un
testament qui fait d’elle et des enfants nés du second lit, les seuls
bénéficiaires de ladite parcelle. Cet avocat a fait savoir que ses
clients poursuivent la prévenue pour usage de faux.
En réplique, la prévenue a affirmé n’avoir jamais abandonné le défunt
pendant ses derniers jours. Un des enfants nés du premier lit avait
amené leur père chez lui quelques mois avant sa mort.  Josué Kumbi, un
des enfants du défunt, a nié avoir vu le fameux testament.
De son côté, la prévenue a allégué n’être jamais parvenue à occuper
la parcelle de Bibwa et n’avoir pas bénéficié de la somme de 2.000
dollars.
Affaibli par la maladie et incapable de se servir d’un stylo,
a-t-elle signalé, le défunt se déplaçait en s’appuyant sur d’autres
personnes. C’est ainsi qu’elle-même et un certain Nzazi, lui aussi
décédé, et Honoré Kumbi, s’étaient rendus en 2004 au service de
contentieux où il a exprimé sa volonté de se faire établir un
testament.
Peu après, elle s’était rendue auprès de Josué Kumbi pour lui
permettre de prendre connaissance de ce testament et apposer sa
signature au bas de ce document. Comme ce dernier s’y était opposé,
elle avait accompagné le défunt de nouveau au service des Contentieux
pour qu’il  appose son empreinte sur ce texte.
Jean-Pierre Nkutu