La MESP : une expérience réussie qui inspire d’autres secteurs

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Les contes de fées débutent souvent par cette phrase : « Il était une fois… ». Rien d’étonnant qu’aujourd’hui on parle de la naissance de la « Mutuelle de Santé des Enseignants de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel » (M.E.S.P.) en commençant par cette même phrase. Car, devant la montagne des difficultés connues par le passé, à cause des promesses, chaque année réitérées par les gouvernants, mais jamais réalisées ; devant la fronde des syndicats de l’EPSP qui exigeaient à tout prix la prise en charge médicale de leurs affiliés par l’employeur et devant la concurrence de quelques initiatives de prise en charge médicale déjà tentées dans ce secteur, il était illusoire, voire utopique d’imaginer la réussite d’une mutuelle de santé d’envergure dans le secteur de l’Enseignement. Et pourtant, Maker Mwangu Famba, ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel (EPSP), se basant sur la vision du Chef de l’Etat, Joseph Kabila, concernant l’avenir de l’éducation et des enseignants et sur instructions du Premier ministre, Augustin Matata Ponyo, a tenu bon. Non seulement il s’était senti soutenu par sa hiérarchie, mais aussi et surtout par la volonté inébranlable qui l’animait pour réussir la mise sur pied d’une mutuelle de santé pour les enseignants
du secteur public de son ministère.

En novembre 2013, grâce à l’appui du Gouvernement et au concours des Syndicats de l’EPSP, la M.E.S.P. a été mise péniblement sur les rails à Kinshasa. Les premiers jours de son existence n’ont pas été des moments de fête, mais de dur labeur. D’autant plus que nombre de mutuelles confessionnelles ou communautaires préexistantes dans le secteur avaient immédiatement amorcé une campagne de diabolisation de la «Nouvelle-venue» avec pour objectif de décourager les enseignants et les empêcher d’adhérer à la M.E.S.P.  Mais un proverbe dit que « aussi longue soit la nuit, le jour finit par apparaître ». C’est ainsi que les initiateurs de la M.E.S.P. savaient que la vérité finira par s’imposer aux enseignants et  sauront laquelle de toutes les mutuelles
existantes sur terrain assurait correctement leur prise en charge médicale. Depuis 2013 jusqu’aujourd’hui, d’une année à l’autre et d’une Assemblée générale de la M.E.S.P. à l’autre, l’écrasante majorité des enseignants a appris à la pratique – c’est-à-dire, par la prise en charge correcte de leurs familles – à discerner que la M.E.S.P. est la meilleure mutuelle de santé pour eux.

Des statistiques probantes : plus de 105.000 bénéficiaires

Partis du néant à son début, la M.E.S.P. a compté, en novembre 2015, plus de 40.000 enseignants ayant adhéré à sa prise en charge pour les soins de santé. A ce nombre, il convient d’y ajouter les membres de leurs familles estimés à 65.000 personnes. Au total on compte 105.000 personnes bénéficiaires de la M.E.S.P. Ces statistiques ne prennent en compte que les villes de Kinshasa et sa périphérie, Lubumbashi et Kipushi où la couverture médicale est totalement assurée avec succès.

Aucune autre mutuelle de santé – préexistante ou post-existante à la M.E.S.P. – n’affiche un tel bilan aujourd’hui dans notre pays. La M.E.S.P. reste, à l’instant, la plus performante du secteur, en attendant son déploiement actuellement en cours à Mbandaka, à Kisangani avec pour objectif la couverture totale, à terme, de l’ensemble du territoire national. Dès lors, il est aisé de comprendre l’optimisme de Maker Mwangu Famba, lorsqu’il a affirmé pendant son interpellation devant le Senat, le 19 novembre 2015, que « La Mutuelle de Santé des Enseignants est considérée aujourd’hui comme une expérience réussie et inspire d’autres secteurs, et même d’autres pays en Afrique ». A ce sujet, le Ministre de l’EPS/INC – en synergie avec le Conseil d’Administration et les dirigeants de la M.E.S.P. – n’a cessé de lancer un appel pathétique pour que tous les enseignants éligibles aux soins puissent rejoindre cette structure pour la bonne prise en charge de soins de santé de leurs familles.

Au niveau de la prise en charge des bénéficiaires de la M.E.S.P., on distingue trois lignes de prise en charge. La première ligne, celle des soins au niveau des centres de santé, concernent les maladies qui nécessitent les premiers soins de proximité, au niveau de résidence des bénéficiaires. La deuxième ligne concerne les Hôpitaux de référence pour des soins plus approfondis et la troisième ligne prend en compte les soins spécialisés. Nombre d’enseignants rencontrés dans plusieurs formations médicales de la capitale ont témoigné sur l’efficacité de la prise en charge de cette mutuelle. Le Phare a été aussi bien dans plusieurs centres de santé à la Gombe, à Lemba, à Limeté etc ; que dans les hôpitaux de référence (ex-Maman Yemo et Kabinda) et dans des Cliniques spécialisées en imageries et en ophtalmologie. Partout, les enseignants ont témoigné du regain de considération dont ils jouissent désormais dans toutes ces formations médicales, grâce à la M.E.S.P. L’enseignant n’est plus déconsidéré comme auparavant et reconnaît que plusieurs vie des membres des familles d’enseignants ont été sauvées grâce à la M.E.S.P.

SAKAZ