Tripaix du pont Kasa-Vubu : un témoin contesté par un plaignant

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L’instruction du procès opposant deux frères, Bane Bafwa Souleymane et Dieudonné Kashama Souleymane, s’est poursuivie hier lundi 21 septembre 2015 au Tribunal de paix du pont Kasa-Vubu. Rappelons qu’ils s’empoignent autour d’une concession familiale située sur l’avenue Tshuapa, dans la commune de Kinshasa. En effet, Bane se dit propriétaire de cette parcelle laissée  par leur père, décédé en 1971. De son côté,  Dieudonné Kashama, l’aîné de la famille, revendique également ce titre sur base des documents parcellaires en sa possession, reprenant son nom comme successeur.

Bane a ainsi saisi le tribunal puisque son frère s’est permis de vendre cette parcelle, tout en sachant qu’il  y a un conflit de propriété. A l’audience publique d’hier, il était question pour le tribunal d’auditionner Soki Emmanuel, cité par Dieudonné Kashama comme principal témoin dudit conflit.

Invité à parler des relations entre lui et les deux frères, Soki Emmanuel a renseigné qu’il est le guide spirituel de cette famille avant même le décès de leur mère, en 2003. Il a expliqué qu’il avait connu cette famille lorsque l’une de leurs sœurs l’avait contacté pour des problèmes de blocage auxquels faisait face sa famille. C’est après des séances de prière qui avaient produit de bons résultats que cette famille l’avait adopté.

Soki Emmanuel a précisé que chaque fois qu’il devait organiser une séance de prière dans la parcelle, il en informait au préalable Dieudonné car leur défunte mère lui avait dit que c’était lui le responsable.

Concernant le  conflit parcellaire, il a signalé que les disputes datent d’avant 1989. Toutes les tentatives pour les réconcilier sont restées vaines. Etant donné que le problème tournait autour du statut de propriétaire que revendiquait le grand-frère, ce dernier lui avait brandi l’acte de succession qui reprenait bel et bien son nom comme successeur.

Ne sachant quoi faire, puisque l’aîné détenait la preuve que cette parcelle lui appartenait,  le renseignant lui avait juste demandé de penser à ses frères et sœurs, une fois qu’il déciderait de la vendre. C’est après qu’il s’était désengagé du dossier.

            Réagissant à ce témoignage, Bane Souleyman a contesté sa qualité de guide spirituel, d’autant que la famille est de religion musulmane. Il a révélé que le prétendu témoin était en réalité l’ami personnel de son grand-frère Dieudonné, qui avait aussi participé à la vente de la parcelle querellée.

            Par ailleurs, Bane a attiré l’attention du tribunal sur le fait que l’acte de succession auquel fait allusion le témoin ne reprend pas seulement le nom de son frère aîné mais également ceux des autres enfants. Hormis ce document, le livret de logeur reprend également les noms de tous les héritiers.

            En réplique,  Dieudonné  a indiqué que son petit frère est conscient que ledit témoin est resté dans la famille comme un frère depuis le décès de leur mère. Il a aussi précisé qu’après la vente de la parcelle, il avait donné un petit rien à chacun à titre symbolique.

            D’ailleurs, a-t-il précisé, tous les frères savent bien qu’il est prioritaire de la parcelle et que la leur se trouve à Bon Marché. C’est par jalousie que son frère le traîne en justice.

            Le tribunal, ayant estimé avoir été suffisamment éclairé,   a renvoyé l’affaire à la huitaine pour les plaidoiries.

Perside DIAWAKU