La «Tribune» de Claudel Lubaya : COMME LA GUERRE DE TROIE, AU 23 DÉCEMBRE, LES ÉLECTIONS N’AURONT PAS LIEU !

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En analysant froidement l’évolution du processus électoral, totalement géré dans l’opacité et visiblement torpillé par le tandem CENI-FCC, je suis tenté de croire, à moins d’être contredit preuves à l’appui, que comme en 2016 et 2017, le pouvoir de Kinshasa, qui n’a manifestement pas renoncé à sa soif insatiable de se maintenir indéfiniment en
violation des lois de la République, n’a ni l’intention, ni la volonté d’organiser les élections, même mauvaises, le 23 décembre prochain.

Il compte entre autres sur la baisse de la pression intérieure et internationale à la suite de l’annonce du dauphin pour trouver de nouveaux prétextes au report éventuel et à ce jour quasi certain. En 2016, ses chantres avaient accusé tout le monde de lui faire un procès
d’intention. La suite, on la connaît. C’est le même scénario qui est prêt et qui n’attend que le jour «J» pour être exécuté. En faisant des élections une question exclusive de souveraineté nationale, le pouvoir a voulu faire main basse sur le processus et se
parer contre toute protestation qui viendrait de l’étranger en cas d’un éventuel report dont il n’a pas fini de réunir les alibis. Tenez.

Le Gouvernement-FCC a prévu de mettre à la disposition de la CENI,
sans préciser ni la date de commande ni celle de livraison, au titre
d’appui logistique : 7 hélicoptères, 3 Boeing 727, 160 camions 6×6, 1
Antonov 72, 1 DC 8 et 180 Pick-up 4×4. A moins d’être vendus dans les
magasins et boutiques de Kinshasa ou de Lubumbashi, ces avions,
camions et jeeps nécessitent, pour leur achat et livraison, au minimum
deux ans. Puis, il faut les doter des pièces de rechange, de fuel et
de lubrifiants, en plus de leur déploiement sur terrain. Or à ce jour,
les appels d’offre n’ont pas encore été lancés et à moins de 200 jours
des probables élections, la CENI réaffirme à qui veut l’entendre,
qu’elle sera prête le 23 décembre 2018 ! Faux. On n’achète pas un
avion comme on se procure un vélo au coin de la rue !

Pour qui le tandem CENI-FCC prend-il les Congolais ?

Il attend le moment venu pour évoquer le retard de livraison de ces
hypothétiques engins roulants et volants (dont on ne connaît pas le
coût) pour justifier un éventuel report !
Faisant ses adieux à ses pairs de la SADC à Windhoek, JKK a réitéré
et insisté sur l’engagement du Gouvernement de la RDC de financer
SEUL, au nom de la souveraineté nationale, le processus électoral ; ce
dont la SADEC a pris acte dans son communiqué final. Le refus de
l’appui de la SADC vient après celui de la MONUSCO et des autres
partenaires de la RDC. Avec un budget de plus de 400 millions tel
qu’arrêté par la CENI, non compris la logistique aérienne et terrestre
précitée, le pouvoir sait très bien qu’il en a les moyens mais pas la
volonté. Loin d’être un simple caprice d’enfant, derrière la
rhétorique souverainiste pour cache un stratagème de justifier le
report sur fond de pseudo-difficultés de la trésorerie nationale. JKK
n’a-t-il pas répété à maintes reprises que « les élections coûtent
plus cher que le développement ! ».
Le tandem CENI-FCC a déjà compris que personne ne veut de la machine
à voter, bien qu’elle fasse partie des alibis du report. Il attend le
moment opportun pour prétendre la retirer et justifier ainsi un report
éventuel. C’est ce qui se trame et nous le savons. Ils espèrent faire
du retrait de la fameuse machine une concession avec, en contrepartie,
le report des élections. Il en est de même du nettoyage du fichier
électoral.
La présentation de Shadary comme dauphin n’a été qu’une opération de
communication et non une réelle expression de la volonté de quitter le
pouvoir. Preuve ? JKK maintient plus lourde qu’avant, sa mainmise sur
le processus électoral censé aboutir à son départ du pouvoir ! Ce qui
conforte la thèse selon laquelle le dauphin est juste une réponse à
tous ceux qui ont payé de leurs vies pour l’empêcher de briguer un
3ème mandat. Mais l’intention demeure, celle de conserver le pouvoir
même sans élections ; quitte à aller de report en report.
Pour toutes ces raisons et pour bien d’autres, à moins d’un miracle,
je suis tenté d’affirmer que le pouvoir de Kinshasa n’est pas prêt à
organiser les élections. Et il ne le sera peut-être jamais. Le
calendrier électoral était une réponse à la pression américaine lors
de la visite de Nikki Halley. Le dauphin, une réponse aux immenses
sacrifices consentis et aux humiliations subies par notre peuple. Le
dépôt des candidatures comme leur validation ne garantit en rien la
tenue des élections. Le chemin est encore long. La lutte ne fait que
commencer. Le pouvoir de Kinshasa n’est pas disposé à organiser les
élections, pas plus que JKK à quitter le pouvoir !
Et demain, que faire ? J’y reviendrai.

Honorable LUBAYA Claudel André,

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