Travaux de l’avenue ex-24 Novembre : qui est derrière le détournement de 3 millions de dollars ?

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 Le Procureur Général de la République paraît débordé. A côté des dossiers urgents qui requièrent diligence et célérité, il y’en a d’autres dont on a perdu la trace alors qu’ils étaient sur le point d’être clôturés au niveau du ministère public pour être dirigés vers les cours et tribunaux compétents. C’est le cas de l’affaire d’un détournement des fonds de 3 millions des dollars Us destinés à l’achèvement de l’avenue ex-24 Novembre qu’il avait confiée depuis le 11 août dernier à un Inspecteur de Police Judiciaire des Parquets chevronné dans les affaires de détournement. Ce dernier avait ouvert une enquête judiciaire à ce sujet sous le N° ref.DPJ N° 852/Q6/2010 et DO23/21387/MAP/PGR/2010 qui avait conduit à l’interpellation d’un expatrié burkinabè du nom de Amidou SERE.

            En date du 19 août dernier, les résultats de l’enquête pré juridictionnelle se sont avérés  concluants au sujet du premier dossier concernant l’achèvement des travaux de modernisation de l’avenue ex-24 Novembre et cela avant le 30 juin comme convenu avec le maître de l’ouvrage qu’est le gouvernement central. Mais hélas ! C’était sans compter avec les « kuluna en cravate » qui disposent des appuis solides dans les hautes sphères du fameux gouvernement parallèle.

            Après plusieurs auditions au cours desquelles le prévenu a fini par craquer avant de passer aux aveux sur la base des éléments des preuves lui opposés, l’Inspecteur de Police Judiciaire dont nous taisons le nom pour les besoins des enquêtes pré-juridictionnelles a ordonné l’arrestation de  Amidou SERE. Il y a lieu de signaler que ce sujet expatrié exerce les fonctions et grades de Coordonnateur National de la Cellule Infrastructure dans le programme PAR pour l’exécution des travaux financés par l’Union Européenne.

            Amidou SERE n’est pas le seul à être interpellé. D’autres cadres de différentes sections de la cellule Infrastructure et de la filière au niveau du Ministère des Infrastructures Travaux Publics et Reconstruction ont subi des interrogatoires serrés en apportant leurs sons de cloche sur ces dossiers scabreux.           

Trafic d’influence ou harcèlement judiciaire ? 

            Avant même que le prévenu ne soit acheminé à la Prison centrale de Makala, un avocat se présenta devant l’inspecteur de  Police Judiciaire au nom d’un haut responsable des services de sécurité d’Etat pour demander la surséance de ce dossier.

            Pour sa part, approché, Amidou SERE se plaint d’être victime  d’une  série d’harcèlements judiciaires par le fait d’être originaire d’un pays étranger en l’occurrence le Burkina Faso. «On cherche à me nuire parce que je gère un financement important de l’ordre de 450 millions des dollars Us mis à ma disposition par les bailleurs extérieurs en faveur de la RDC».

            Il ne s’est pas limité à cela, indique-t-on du côté de ceux qui estiment que sa place est à la Prison de Makala. Pendant que l’instruction était en cours, le sujet burkinabè s’est mis à adresser des notes d’information à toutes les représentations diplomatiques et autres missions de coopération accréditées à Kinshasa ainsi qu’à la Présidence de la République. Tous les regards sont donc tournés vers le Procureur Général de la République qui a diligenté les enquêtes pré juridictionnelles par le biais de l’inspecteur de Police Judiciaire.  Affaire à suivre.

Castro

 

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