Traque des FDLR : le flou dans la reprise de la collaboration FARDC/Monusco

0
134

fdlr2La question de la reprise de la coopération militaire entre les forces de la Monusco et les FARDC a dominé la conférence de presse d’hier mercredi 3 février 2016 au Quartier général de Mission onusienne à Kinshasa/Gombe. A la principale préoccupation des journalistes de savoir ce qui justifie ce revirement des Nations Unies qui ont, durant toute une année, refusé d’apporter leur aide aux forces congolaises dans leur traque contre les rebelles rwandais des FDLR, le porte-parole de la Monusco, le colonel Félix Prosper Basse, a simplement indiqué que les « divergences ont été aplanies ». « C’est inutile de revenir sur les points de divergence. Dans toutes les formes de relations, il y a des hauts et des bas. On a pris conscience de l’apport des uns et des autres…», s’est-il employé à expliquer.

Félicitant la sagesse et la volonté du gouvernement, le colonel Basse a dévoilé que la Monusco n’a jamais cessé de faire le plaidoyer en faveur de cette collaboration. « Nous félicitons la signature de cet accord et appelons à la fédération des efforts et des intelligences afin de réussir ce pari… », a-t-il fait noter, avant de saluer la signature de cet accord.

Au sujet de graves accusations portées jadis contre deux généraux des FARDC coupables, selon la Monusco, de violation des droits de l’homme, crimes ayant poussé la cessation de ladite coopération durant une année, le porte-parole a récusé cette « forte propension » à opposer les FARDC aux Casques bleus sur « des sujets qui ne sont plus d’actualité ». « Quel est l’intérêt de remuer le couteau dans la plaie ? Nous ne nous sommes jamais départis des principes fondateurs des droits de l’homme. Les deux parties ne pouvaient pas s’asseoir et observer les massacres de Beni ! », s’est-il exclamé, avant de saluer l’ouverture d’esprit.

            Interrogée sur la partie qui aurait sollicité la reprise de la collaboration, Félix Basse n’est pas allé par le dos de la cuillère : « S’il était nécessaire pour la Monusco de mendier la coopération, ça se justifierait car la vie humaine n’a pas de prix. Je réaffirme avec insistance que c’est la Monusco qui a demandé la reprise de cette collaboration ».

            Somme toute, le colonel Basse a martelé que l’opinion devrait retenir qu’il ne s’agit pas d’opérations conjointes FARDC/Monusco, mais plutôt d’actions menées par l’armée congolaise, soutenue par les casques bleus. Ce soutien est à la fois logistique, tactique, voire médical; un appui feu avec des hélicos et des renseignements militaires. « Il faut louer la reprise de cette collaboration, même si les FARDC s’étaient très bien comportées et démontrées leur montée en puissance. Mais à deux, nous ferons mieux… ».

            Questionné, enfin, sur le délai que s’accorde cette coalition pour mettre fin aux exactions des rebelles rwandais, le colonel Basse a déclaré ne pas détenir une boule de Crystal. Pour lui, c’est un travail de longue haleine. Faire la guerre, illustre-t-il, ce n’est pas un match de football, ce n’est pas un jeu. « Ce qui est important, c’est cette volonté commune et une obligation morale et juridique de le faire, de réduire les exactions et neutraliser les groupes armés. Ce n’est pas un travail de 10 jours, ni d’un mois… », a-t-il conclu.

Tshieke Bukasa