Transports en commun à Kinshasa : la grogne au sein de la population

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bus-207-sur-le-boulevard-triomphal-kinshasaQui a encore dit que l’interdiction faite aux bus dénommés « esprit de mort » de circuler à travers la commune de la Gombe, c’est mettre la charrue devant les bœufs ? lundi 20 janvier entre 7 h 30 et 9 h du matin, l’on a observé les premiers signaux de mécontentement et de colère au niveau des principaux arrêts de bus à travers les communes périphériques de la capitale. Les conducteurs de ces bus de marque Mercedes-Benz communément appelés 207 n’ont pas libéré leurs engins tôt le matin de peur d’être surpris par les agents de l’ordre dépêchés par la Police Nationale pour mettre en application les mesures arrêtées par les autorités de la Ville. En fait, il s’est agi d’un malentendu, car c’est mardi 21 janvier matin que ces mesures d’interdiction devraient entrer en application. L’information a mal circulé, laissant la rumeur prendre le dessus.
Les habitants des communes périphériques qui devraient se rendre tôt le matin à leurs occupations habituelles ont été pris au dépourvu lorsqu’ils se sont retrouvés au niveau des arrêts de bus. Convaincus de n’avoir pas été informés à temps, ils se sont mis à lancer des jurons dans toutes les langues. D’aucuns ont émis des critiques acerbes à l’endroit des autorités urbaines pour n’avoir pas pris des mesures d’accompagnement. Notamment la mise en circulation du nouveau lot des 400 bus de marque Mercedes-Benz comme promis par le gouvernement le 30 juin de l’année dernière lors du lancement, par le chef de l’Etat en personne, du premier lot des 250 premiers bus de la société TRANSCO. Il avait été prévu la mise en ligne progressive de nouveaux lots pour atteindre le total des 1.000 bus au plus tard le 30 avril de cette année pour répondre aux besoins des usagers des transports en commun dans la ville de Kinshasa selon les prévisions des experts du Ministère des Transports et Communications.
            D’autres plus avertis, ont réfléchi à haute voix sur la nécessité et l’urgence de la réfection de la voie ferrée traversant la ville d’Est en Ouest qui pourrait désengorger la circulation et réduire les embouteillages aux heures de pointe, notamment les sorties et les entrées des usines, bureaux et autres points d’attraction comme les magasins, marchés urbains, hôpitaux, universités et écoles. Des études de ce projet ont déjà été réalisées par le Bureau d’études et planification du Ministère des Transports et Communications et n’attendraient que le financement ad hoc. «Nous avions cru que les travaux de démolition des habitations et autres constructions anarchiques le long du rail de l’ex-ONATRA avait visé la mise en circulation des trains urbains. Mais, nous avons déchanté» ont regretté hier certains usagers des transports en commun. Comment allons-nous arriver à temps à nos occupations quotidiennes qui sont situées dans la commune de la Gombe si les bus « esprit de mort » ne circulent plus ? Le premier lot des 250 bus sont insignifiants pour une ville de près de dix millions d’habitants.
Castro

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