Transporteurs aériens privés : tous les avions cloués au sol !

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Le ciel congolais vient une fois de plus de s’assombrir au sortir de la réunion de compagnies aériennes congolaises tenue hier, au siège de la Fédération des entreprises du Congo. A l’issue de cette rencontre destinée à clarifier la situation de la multiplicité des taxes qui alourdissent le prix du billet d’avion, c’est le désaccord total entre les membres de la profession et l’exécutif. Mieux, la déception !

    Et pour cause ! Le gouvernement saisi en son temps par plusieurs correspondances des transporteurs aériens, n’avait pas manifesté une quelconque volonté de révision à la baisse des taxes exorbitantes, ni même le moindre souci de supprimer celles n’ayant aucun lien avec le transport aérien.

 

    Pour exprimer son mécontentement, la profession des transports aériens privés a pris une série des mesures. A dater de ce mardi, tous les avions de ces entreprises privées sont cloués au sol dans tous les aéroports et aérodromes. Tout le réseau domestique sera donc en panne. Sont également fermés par voie de conséquence, tous les bureaux de ces sociétés et les billets de voyage pour de nouveaux vols ne seront pas vendus. C’est la paralysie totale qui va susciter l’énervement de la clientèle. L’histoire d’un bras de fer.

 

Cahier de charges de transporteurs : l’exécutif indécis

 

    En RDC, au nom de la maximisation des recettes administratives et fiscales, des taxes sont créées et fixées selon l’humeur des dirigeants. C’est peut-être cela qui explique pourquoi un certain nombre des taxes ont vu le jour dans notre pays, sans qu’elles aient un lien direct avec le transport aérien.

Les transporteurs aériens privés ont dans leur première correspondance, dénoncé entre autres la taxe de l’Environnement, celle de Tourisme, celle destinée au Fond de promotion culturelle.

    Dans l’attente d’une suite à leur requête, la ministère des Transports et Voies de communication s’est signalée avec la taxe de l’IDEF destinée à la réfection des infrastructures aéroportuaires. Pire, la taxe de survol du territoire perçue par la Régie de Voies aériennes a été revue à la hausse. Elle a été augmentée de 60 %.

    Alors que sur le plan international, l’Association internationale des transporteurs aériens ( I.A.T.A.) se préoccupe de l’amélioration du climat des affaires dans le secteur du transport aérien, l’assouplissement de la fiscalité et parafiscalité liées au voyage par avion, chez nous, on a enregistré une démarche contraire.

    Contre les recommandations de l’I.A.T.A., la RDC  a créé les taxes suivantes : taxe Environnement, taxe de tourisme et la taxe IDEF.

    Si le principe de la perception d’une taxe nouvelle, peut se comprendre dans un contexte économique bien particulier, les transporteurs aériens privés s’indignent que certaines taxes soient devenues une véritable mangeoire pour certains dirigeants.

Il faut, soutiennent-ils, que ces taxes s’inscrivent dans le temps.

    Ainsi ils dénoncent la taxe de l’IDEF qui visait la réfection de certaines pistes d’atterrissage et la construction des infrastructures aéroportuaires. Dès que seront réalisées des pistes d’envol, le nouveau salon présidentiel, l’on devra arrêter avec leur perception.

    L’autre problème posé par les transporteurs est celui relatif au prix du carburant. En effet, le prix du JP 1, l’essence aviation, est le plus cher du monde. C’est ce qui fait que les billets d’avion vendus en RDC, sont les plus chers du monde.

    A titre d’exemple, on signale que le billet d’avion entre Kinshasa et Brazza revient à 186 dollars, tandis que les taxes représentent 150 dollars.

    Mais comme les correspondances transmises au ministre des Transports et Voies de communication n’ont récolté aucune suite, une seconde réunion des sociétés aériennes privées est prévue ce mardi.     

    Hier, les transporteurs aériens se sont retrouvés pour évaluer la situation et se prononcer par rapport à l’évolution des démarches entreprises auprès des autorités. Constat déplorable relevé, la profession des transporteurs aériens privés n’a noté aucun signe de changement tel que recommandé par le gouvernement, lors de différents conseils des ministres. Déçue, elle réalise un manque évident de volonté de résoudre ses problèmes qui l’a basculé au point de non retour.

    Aussi pour sauver ce qui peut l’être encore, les sociétés aériennes privées ont saisi depuis le 16 février 2011, la ministre des Transports et Voies de communications pour lui signifier que faute d’une réaction de sa part à leur cahier de charges demeuré sans suite, elles suspendent toutes leurs activités dans tout le pays.

    Ces sociétés ne regrettent qu’une chose : après avoir fait confiance à la ministre des Transports et Voies de communication, elles estiment qu’elles ont fait preuve d’un civisme exemplaire pendant plus de 10 mois. Malheureusement, cette période n’a pas été mise à profit pour résoudre leurs problèmes.

Aujourd’hui, avec la grève des transporteurs aériens privés, le pays connaîtra une paralysie totale dans le secteur aérien.

                                                                                          J.R.T.           

 

 

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