Transfèrement des FDLR à l’Equateur : Monusco «Irebu est une destination provisoire avant d’aller à l’extérieur… »

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ONU-400x345Le Représentant  spécial adjoint du secrétaire général de l’Onu chargé des opérations dans l’Est de la RDC, le général Abdallah Wafy, a apporté des précisions concernant le sort d’une partie des rebelles rwandais des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda(FDLR) réfractaire au rapatriement volontaire dans leur pays d’origine. L’agent onusien a ainsi déclaré, hier mercredi 11 juin 2014 au cours du point de presse hebdomadaire de la Monusco, que les rebelles rwandais des FDLR qui ne veulent pas rentrer dans leur pays seront regroupés temporairement dans un camp militaire à Irebu, à l’Equateur, en attendant d’être envoyés dans un pays d’accueil. « C’est une destination provisoire avant d’aller à l’extérieur. Pour ceux qui ne vont pas vouloir rentrer au Rwanda, les autorités de la RDC nous ont demandé, pour des raisons évidentes de sécurité, de les éloigner de la frontière pour les amener à l’Ouest de la RDC en attendant qu’on puisse trouver une destination finale à ces FDLR pour qu’ils puissent quitter la RDC », a expliqué le général Wafy.

       Pour sa part, le porte-parole militaire de la Mission a annoncé que dans le cadre de la reddition massive en cours des FDLR, la Monusco a fourni un appui logistique constitué de tentes, de rations, d’eau en bouteille, de sanitaires et d’assistance médicale au Désarmement, Démobilisation, Rapatriement, Réinsertion et Réintégration(DDRRR). « Egalement, une base temporaire a été établie à Luofu par les éléments du bataillon uruguayen de la Monusco pour soutenir cette opération de DDRRR », a-t-il indiqué. Avant d’ajouter que l’équipe médicale de la Force de la Monusco déployée au camp DDRRR de Kanyabayonga avait organisé une campagne médicale au profit des ex-rebelles des FDLR ayant récemment accepté la reddition à Kateku(35 Km au Sud-Ouest de Luofu) et soigné à titre gracieux 27 patients souffrant de pathologies diverses.

            Le général Wafy a indiqué que la Monusco allait apporter son appui aux FDLR qui veulent rentrer dans leur pays.

            «Il est extrêmement important de noter que dans le processus de désarmement volontaire, tous les éléments FDLR qui vont manifester le désir de rentrer dans leur pays, la Monusco va s’en charger », a affirmé le représentant spécial adjoint de Ban Ki-moon en RDC, qui a aussi expliqué que des contacts avaient été établis avec les autorités rwandaises au sujet du rapatriement de ces rebelles. « Que ce soit au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, je peux d’ores et déjà vous dire que les contacts que nous avons avec les autorités Rwandaises, notamment avec la Commission nationale de rapatriement, ils n’ont aucune objection à ce que les procédures habituelles de rapatriement continuent, », a-t-il fait savoir.

            Depuis la fin du mois de mai, signale-t-on, près de deux cents rebelles rwandais ont volontairement déposé les armes dans les provinces du Nord et Sud-Kivu.

.           Face à l’agitation qui s’observe dans le milieu des notables de la cité de l’Equateur, le numéro deux de la Monusco a appelé les habitants d’Irebu au calme, précisant que ces FDLR n’y seront relocalisés que temporairement. Ceci en réponse aux activistes de la société civile et des députés provinciaux de l’Equateur qui ont exprimé leur opposition à la relocalisation des rebelles des FDLR dans cette province.

Les élus de l’Equateur opposés

            Dans une déclaration signée par le caucus des députés de l’Equateur, Nicolas Akpanza, président de ce regroupement a rappelé les atrocités commises par ce mouvement politico-militaire à l’Est du pays. « A ce point de vue, la décision du gouvernement relative à cette relocalisation n’est pas réfléchie», a affirmé le président, soulignant que cette province est déjà confrontée à plusieurs autres problèmes d’ordre sécuritaire.

            A les en croire, les réfugiés centrafricains se trouvent nombreux sur le sol de la province, avec des conséquences négatives sur la vie des autochtones, la précarité de la situation de la province suite au dossier des insurgés Enyele. Les récents expulsés du Congo Brazzaville sont pour la plupart des ressortissant de l’Equateur, de nombreux conflits de terre qui débouchent sur des affrontements meurtriers, etc.

            Pour lui, «la province de l’Equateur, plus précisément Irebu, ne dispose pas d’une base militaire pour fonder la relocalisation des FDLR; alors que les deux grandes bases militaires dont dispose le pays se trouvent à Kamina (Katanga) et Kitona (Bas-Congo)»

Tshieke Bukasa, Azor Puati et Audrey Mudiangu( stagiaires IFASIC)

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