Traités de « kuluna » : des fonctionnaires réclament 200.000 dollars des DI à leur chef

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fonction-publiqueL’affaire   portant  le numéro RP 13319  au Tribunal de Paix de Ndjili et qui  oppose Adèle Kahomba, Kitoko Konga… à leur collègue  Papy Yamfu, a été plaidée hier mercredi 28 mai 2014. Kahomba et consorts, tous agents au ministère de l’Urbanisme et Habitat, accusent leur collègue de les avoir diffamés auprès de leurs supérieurs hiérarchiques,  à travers une lettre avec  ampliation aux autorités du pays.  Kahomba est mécontente de la nouvelle mise en place effectuée en 2013 la rétrogradant de son poste de chef de bureau. Yamfu,  promu chef de bureau,  allègue avoir été empêché par Kahomba  d’occuper ses nouvelles fonctions.

Prenant le premier la parole, le conseil de Mme Kahomba a fait savoir que Yamfu par le biais d’une lettre datée de décembre 2013,  s’est illustré par des propos obscènes à l’endroit de sa cliente. Ne pouvant attendre la cérémonie de remise et reprise pour exercer ses nouvelles fonctions , il a confectionné une lettre après avoir passé quelques heures à l’ex Casier Judiciaire et dans laquelle il  traite les autres  de « kuluna », ajoutant   avoir été agressé et menacé   par  Ali Zamunda, Kitoko Konga….. Il l’a rédigée dans l’intention de nuire à Kahomba et consorts, a-t-il soutenu.

Wembi Lofudu, le chef hiérarchique de tous les protagonistes, n’a pas réussi à éclairer le tribunal et a  pris la poudre d’escampette,  a-t-il noté.

Le prévenu est  poursuivi pour dénonciation calomnieuse et d’imputation dommageable.

Pour la première infraction, il y a la réunion des éléments légal, matériel et moral. Cette prévention est détaillée dans l’article 76 du Code pénal congolais  livre 2. Il y a eu un acte, c’est-à-dire la lettre pour appuyer cette dénonciation.

La prévention d’imputation dommageable se rapporte à des déclarations faites à haute voix pour amener le discrédit de quelqu’un. Dans cette infraction, il y a au préalable l’élément  publicité, a-t-il affirmé.

Il a  demandé au tribunal de dire établies en fait comme en droit, les infractions de dénonciation calomnieuse et d’imputation dommageable à l’endroit du prévenu Yamfu.  Il a sollicité 200.000 dollars des dommages et intérêts  (50.000 dollars pour les 4 personnes)

Religion et droit

 Le  ministère public s’est prononcé pour la condamnation du prévenu à 3 ans de SPP.

L’avocat de Yamfu a déploré la tendance de l’organe de la loi à ne pas s’attarder suffisamment sur les raisons qui l’ont poussé à proposer la peine évoquée ci-haut.  C’est comme si le ministère public a lu la Bible.

Jésus a même argumenté pour décourager les personnes qui s’en étaient prises à une femme de « petite vertu », a indiqué ce juriste.

Il a relevé que les citants ont fait obstruction au bon fonctionnement de l’administration en empêchant son client d’exercer ses nouvelles fonctions. Pour les citants, l’administration a créé le désordre.

Dans sa déposition, a-t-il précisé,  le directeur Wembi a fait état  de l’attroupement qui s’était formé  près de son bureau   et  de Kahomba et consorts  rangés en ordre de bataille.

Il a fait remarquer que les propos relatifs aux infractions retenues contre son client ne figurent pas dans la citation à prévenu. Il n’y a pas de relation de cause à effet, a-t-il affirmé. Est-il normal que des gens s’enrichissent sur le dos d’un paisible fonctionnaire ? s’est-il écrié.

Il  a demandé au tribunal d’acquitter Yamfu au motif que les infractions retenues contre lui ne sont pas établies. Formulant enfin  une action reconventionnelle à l’endroit des citants, il sollicite une somme globale de 200.000 dollars.

Le verdict pourrait intervenir le 8 juin 2014.

  Junior Twendele, Grison Muzingu ( stagiaires de l’Unikin) et Jean- Pierre Nkutu

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