Trafigura BVR rattrapée en RDC par Relcof

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Grâce aux enquêtes, plaintes et condamnations judiciaires formelles, des Ongs de défense des droits de l’homme opérant au Katanga et à Kinshasa ont pu démanteler un réseau des sociétés commerciales exerçant dans le secteur pétrolier mais qui sont, en fait, la face visible de l’Iceberg spécialisé dans la corruption et le blanchiment de l’argent sale. En un mot comme en mille, la LICORAS, le RELCOF, CDH, ASADHO, ABC, RRN, CVDHO, LISCO, ORIMES, HDH, etc. ne croyaient pas se retrouver un jour face à la fameuse et inoubliable société TRAFIGURA BVR qui a laissé es souvenirs douloureux en Côte d’Ivoire avec les déchets toxiques qui ont causé la mort des milliers des ivoiriens.

C’est ce rapport que la LICORAS a présenté hier à l’issue d’une conférence de presse tenue au Centre pour Handicapés Physiques de la Gombe. Côte-à-Côte, Rombaut LUMBA Soku, Corneille MBUYU Wa Mitonga, KALALA Tshimankinda, MPOYI Lungenyi et KINYONGO Saleh ont analysé et commenté ce rapport sulfureux de plus de cinquante pages au titre révélateur : « Devoir Vérité sur le dossier SPK et CF CONGO contre RELCOF/REPRODHOC ». 

De prime abord, au nom des autres Ongs de défense des droits de l’homme, les animateurs de la LICORAS opérant à Kinshasa signalent avoir été réconfortés par la recommandation faite par le Président de la République lors de son discours sur l’état de la Nation devant les deux chambres du parlement réunies en congrès en décembre 2006 en refusant que la RDC devienne « un paradis des malfaiteurs ». Il s’agit donc des conclusions  des enquêtes menées en synergie avec les autres Ongs sur la situation dangereuse provoquée par ces deux filiales de TRAFIGURA BVR dans la province du Katanga à la faveur du boom minier. Lequel, faut-il le rappeler, a été une aubaine que tous les aventuriers venus du monde entier ont saisie au bond pour se positionner soit comme fournisseur des produits pétroliers du fait de la faible production de l’énergie hydroélectrique par la société nationale de l’électricité, soit comme facilitateurs pour blanchir des capitaux aux origines douteuses.

Pertes énormes d’emplois au Katanga

TRAFIGURA a pu s’introduire dans le circuit par le biais de ses deux filiales apparemment innocentes mais qui dans les faits se sont révélées comme de véritables entreprises de la corruption et du blanchiment de l’argent d’origine douteuse. Cela, en pratiquant des prix au rabais à telle enseigne que les sociétés concurrentes locales n’ont pas pu tenir le coup. C’est ainsi que UNITED PETRLIUM, MUYFA, LA BOHEME, LA COLOMBE, KATANGA OIL, BON COURAGE, pourtant membres à part entière de la Fédération des Entreprises du Congo et qui s’acquittent régulièrement des taxes et autres redevances dues à l’Etat ont été contraintes à mettre la clef sous le paillasson. Que des pertes d’emplois enregistrées alors que le pays est entièrement engagé dans une lutte âpre contre le chômage tel que défini par le programme des cinq chantiers lancé par le gouvernement sous la houlette de Joseph KABILA !   

TRAFIGURA BVR prise la main dans le sac !          

Toujours selon ce rapport, le coup le plus dur a été ressenti lorsque la société TRAFIGURA BVR a été démasquée comme la société mère de ces deux filiales. Les enquêtes menées en synergie par les Ongs de défense de droits de l’homme sous la direction de la RELCOF ont abouti à la conclusion que « les sociétés SPK et CF CONGO prétendaient tout le temps avoir reçu une exonération sur leurs importations des produits pétroliers au terme d’un accord conclu avec l’Etat congolais en date du 17 juin 209. En outre, elles entretenaient des dépôts parallèles qui échappaient à tout  contrôle du fisc (DGI et DGRAD), de l’OFIDA, de l’OCC et même de SEP. Elles ne payaient aucune taxe pour cette activité au trésor de la province du Katanga ».

C’est ainsi que RELCOF a saisi le tribunal de Commerce de Lubumbashi qui, après examen approfondi de la cause, a ordonné la mise sous scellés de ces sociétés commerciales filiales de la TRAFIGURA. Un jugement confirmé par la Cour d’Appel. 

La main politique entre en jeu 

Contre toute attente, en date du 21 décembre 2009, le Procureur Général de la République va s’inviter dans ce dossier avec une lettre adressée au procureur général de Lubumbashi pour l’instruire de procéder à la main levée de scellés apposés par lui sur les sociétés CF CONGO et SPK. Et pour se faire bien entendre, il  lui a intimé l’ordre d’interpeller le procureur de la République sur son intervention dans l’exécution du jugement avant dire droit. C’est alors que RELCOF va se tourner vers les autorités politiques centrales pour dénoncer ces ingérences qui déshonorent la justice congolaise.

Le Président de la République, par le canal de son directeur de cabinet, va demander au Procureur Général de la République de revoir sa décision « en respectant la décision du juge compétent et ce, conformément aux dispositions légales sus évoquées ». A son tour, le Premier Ministre va abonder dans le même sens. Quant au ministre de la Justice « il faut poursuivre l’instruction pour établir les faits et responsabilités, le cas échéant, poursuivre es acteurs, en ayant en mémoire le scandale écologique du POBO KOALA affrété par TRAFIGURA, qui avait transporté en Côte d’Ivoire des déchets toxiques pour les déverser dans plusieurs décharges publiques d’Abidjan. Vous me tiendrez informé du suivi ».

TRAFIGURA tente de créer la zizanie au sein des Ongs 

Convaincues que la plainte déposée par RELCOF lui coûtera des centaines des millions de dollars en termes de redressement fiscal, TRAFIGURA va utiliser certains responsables de cette Ong pour désavouer celui d’entre eux qui avait signé la dite plainte. Jusqu’à obtenir le retrait du mandat de l’avocat de la synergie. Alors que la fraude douanière et fiscale est établie en droit comme en fait.  Ce rapport est une véritable bombe qui montre à la face du monde le mépris avec lequel des entreprises commerciales maffieuses se moquent des autorités, des institutions officielles et des lois congolaises.            

                               F.M. 

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