Trafic d’êtres humains en RDC : une Belge transférée à Makala après un bref séjour à la clinique Ngaliema

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justice6Contrairement à ce que nous avons publié le lundi 14 avril 2014 au sujet de la Belge Laurence Senechal accusée de déplacement illicite d’enfants congolais à l’étranger, l’incriminée n’a pas été condamnée à 6 ans mais plutôt à 6 mois de SPP. Par ailleurs, il lui a été infligé une amende de 300.000 FC et non 300.000$. Nos lecteurs voudront bien excuser ces erreurs de transcription qui ont faussé le libellé du verdict.

Le Phare a appris hier mardi de la bouche d’un des avocats de Laurence que leur cliente se porte bien et qu’elle vient d’être transférée à la Prison centrale de Makala après quelques heures d’observation à Ngaliema. Ses complices ont, quant à eux, écopé chacun de 3 mois de SPP et de 200.000 FC de DI pour participation à cette entreprise criminelle.

         Cette peine a été prononcée au cours de l’audience publique tenue en matière de flagrance par le Tribunal de Paix de Gombe le lundi 14 avril 2014, après la clôture de  débat et des plaidoiries.

Avant le prononcé du verdict, Laurence Senechal a piqué une crise et s’est effondrée sans connaissance. Elle était évacuée d’urgence vers la Clinique Ngaliema.

         Les membres de sa famille, très en colère, ont failli tout casser n’eut été l’intervention énergique de la police.

         On rappelle, selon l’acte d’accusation du ministère public que la prévenue Senechal Laurence était poursuivie du chef des infractions de déplacement illicite d’enfant congolais à l’étranger et de corruption. Selon l’organe de la loi, cette dernière avait usé des manœuvres mafieuses et frauduleuses afin d’obtenir la sortie de l’enfant qu’elle avait adoptée, sans une quelconque autorisation légale. Elle avait corrompu à l’aéroport de ND’jili  avec 2000 $ les agents de la DGM ainsi que son beau-frère qui avaient tenté de lui faciliter la tâche, en violation de la décision prise par le gouvernement congolais relative à l’interdiction de sortie des enfants adoptés pour l’étranger.

         La Direction Générale de Migration (DGM) en tant que service public de l’Etat, s’était constituée partie civile sur le banc, afin d’obtenir la condamnation de la précitée pour avoir violé la législation congolaise.

         Selon l’avocat de ce service de l’Etat, le gouvernement congolais avait signé un arrêté en 2013 interdisant la sortie pour d’autres pays des enfants adoptés à cause du proxénétisme, etc.  Mais la prévenue, tout en connaissant cela, tenait coûte que coute à faire partir l’enfant pour la Belgique sans autorisation. C’est grâce à la rigueur des autorités de la DGM que cette démarce a été bloquée.

         Pour les avocats de Laurence Senechal et consorts, le moratoire du gouvernement congolais était postérieur à un jugement d’adoption rendu par le tribunal de céans en présence du procureur.

Staut de la petite Imani

            Les mêmes avocats ont rappelé que leur cliente avait adopté Agnès Imani depuis 2009 sur base d’un contrat qu’elle avait signé avec un orphelinat à Limeté. Elle avait rempli toutes les formalités nécessaires relatives à l’adoption, et était retournée en Belgique. Ils ont ajouté que le délai d’appel avait commencé à courir à dater du jour même à la décision d’adoption était  rendue. Personne n’avait relevé appel en contestation de ladite décision. Elle avait obtenu le certificat de non appel. La mineure avait acquis de plein droit la nationalité belge. Le dossier était passé par toutes les commissions de suivi, notamment, aux ministères du Genre, Famille et Enfant, de l’Intérieur, aux Affaires Etrangères, à l’ANR, qui avaient posé leurs cachets d’acceptation. Sauf la DGM. Etant donné que son beau-frère travaille à la DGM, elle l’avait contacté pour l’aider, et surtout que le moratoire ne concernait pas l’enfant qu’elle avait adoptée puise qu’elle porte déjà la nationalité belge.

         Les mêmes avocats ont relevé que leur cliente avait obtenu un document tenant lieu d’un passeport à l’ambassade de Belgique. «Je ne sais pas pourquoi je suis poursuivie parce que le moratoire ne concerne pas mon enfant  puisse qu’il est postérieur à toutes les procédures », a indiqué la prévenue Laurence Senechal.

Muriel Kadimaa

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