Trafic de faux documents académiques dans les universités et instituts supérieurs : Théophile Mbemba appelle les gestionnaires à la vigilance

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images-theophile_mbemba_fundu_360x240_153024672On ne le répétera jamais assez. L’université congolaise, dans son ensemble, comme le reste de la société, est malade. En effet, cette institution combien importante se trouve minée et gangrénée par des antivaleurs de toutes sortes. Celle qui préoccupe aujourd’hui le ministre de l’Enseignement Supérieur  et Universitaire, a pour nom, falsification de titres académiques.

Et selon les avis de nombreux observateurs approchés par le quotidien de l’avenue colonel Lukusa, la situation s’étant empirée, cette maladie ne date pas d’aujourd’hui. Elle remonte à plusieurs années déjà et a fait des dégâts. 

Pour preuve, alors que l’université demeure partout ailleurs le recours ultime de la société en cas de problème, à cause de sa rigueur scientifique basée sur la vérification, l’honnêteté et la probité morale par ses résultats, un réseau des faussaires a fait de la falsification des documents académiques, sa spécialité et son gagne-pain quotidien. Imitation des signatures, des sceaux, des fiches de relevé des cotes, des attestations de réussite ou autres signes distinctifs des universités et instituts supérieurs de notre pays, sont les activités principales de son laboratoire. Parfois avec la complicité de ceux qui ont pour mission de gérer ces précieux documents.

Des anecdotes abondent. Certaines confidences font même état de gens qui auraient étudié avec de vrais-faux documents dont ils n’étaient les bénéficiaires attitrés. La légende raconte que dans certaines familles, on pouvait prendre le diplôme d’un frère pour aller étudier ailleurs sans se faire suspecter.

Aujourd’hui, le mal risque encore de s’aggraver dans notre pays où les universités et instituts supérieurs ne travaillent pas en réseau, si l’on passait réellement du jour au lendemain, au processus de Bologne qui recommande le L.M.D. C’est-à-dire, une réforme européenne au départ du cursus universitaire pour le rendre plus compétitif. Cette réforme est fondée sur le système de crédit avec trois cycles: licence, master et doctorat. Un système qui a fini par être adopté par les pays africains dont la RDC pour plusieurs raisons.

L’instruction 017 tire la sonnette d’alarme 

Au vu de l’évolution de la réforme à la fois sur le plan international et en RDC,  Théophile Mbemba, ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, qui a pressenti le danger venir, a dans sa récente instruction  n°017 pour l’année académique 2015-2016, attiré l’attention des chefs des établissements, surtout ceux du secteur public, pour ne pas faire de leurs établissements, des «blanchisseries» de vrais-faux ou de faux-vrais documents académiques.

Dans le même document, le patron de l’ESU les exhorte à être très regardants pour les candidats qui sollicitent une inscription spéciale dans une classe montante. Très souvent et dans la plupart des cas, ces demandeurs, porteurs de faux documents, quittent leurs anciens établissements universitaires pour des raisons peu claires. Vérification faite dans une université de la place, le problème a été confirmé par le service compétent qui signale même que certaines entreprises de la place ne manquent pas de se référer aux universités pour vérifier l’authenticité de documents académiques de leurs employés.

VAN