Trafic de « fausses plantes médicinales à Kinshasa

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téléchargement (14)Depuis quelques années, les plantes médicinales avec leurs vertus curatives sont très demandées dans notre pays, tout comme dans les pays limitrophes, où les prix des produits pharmaceutiques grimpent en flèche. C’est la panacée qui propose une alternative au problème des consultations médicales coûteuses dans les hôpitaux et centres de santé, ainsi que dans les polycliniques et les cabinets des médecins spécialistes.

 Et c’est dans ce terreau où prospèrent et prolifèrent aujourd’hui, des bandes d’escrocs de tous bords, avec la seule différence que ces malfaiteurs sans foi ni loi, proposent non pas des plantes médicinales véritables, mais des graines rouges, des décoctions, des poudres et des racines, sans imposer des interdits aux malades, ni le port des amulettes, des morceaux de peaux d’animaux, d’os ou de noix.

La semaine passée, Robert Malundama, cadre dans une banque de la place, a versé à une bande d’escrocs, 22.000 dollars, pour l’achat de deux sacs de racines surnommées «  Deliere » qui lui ont été proposées à raison de 50 dollars la pièce. Pour ces malfaiteurs, cette marchandise va lui rapporter 5 ou 10 fois plus. Soit une affaire de 110.000 dollars ou 220.000 dollars. De quoi susciter de vocation de trafiquant de plantes médicinales par ces temps qui courent.

C’est ainsi qu’après l’acquisition de cette matière première très prisée dans les laboratoires pharmaceutiques en Occident, il a vite songé à faire la prospection dans les laboratoires de Kinshasa. Question d’effectuer quelques ventes et de se constituer de gros bénéfices, avant de songer à l’exportation. Mais les quelques pharmaciens contactés pour leur avis technique, ont relevé que ces racines inconnues ne figurent pas dans la panoplie des plantes médicinales classiques.  Dans aucun ouvrage scientifique, ces fameuses racines sont répertoriées. C’est ce qui l’a rendu à l’évidence. Toutes les personnes qui l’appelaient assez souvent pour conclure ce marché, deux Congolais, Mbuta Luvumbu, un paysan de Kasangulu, son fils Eric Nzuzi, et un expatrié, Dr Jean Michel, ont curieusement fermé leurs téléphones cellulaires. Abordé avant de saisir la police, un agent est formel. «  Vous êtes victime d’une escroquerie ! Ces racines n’ont aucune valeur thérapeutique ! ».

Aujourd’hui, Robert Malundama a porté plainte contre inconnus à la Police provinciale ville de Kinshasa, pour escroquerie. Et la traque de ces malfaiteurs se poursuit dans des communes où l’on a signalé leur passage.

En 2013, une autre bande d’escrocs chapeautée par un certain Amisi, avait tenté de rouler dans la farine, un journaliste. Mukendi se rappelle encore aujourd’hui qu’il avait été contacté au téléphone, par un de ses petits  Papy prétendant qu’il travaillait dans une usine pharmaceutique à Nairobi, au Kenya, comme délégué commercial chargé des achats. Comme compte tenu des éloges faits sur les qualités humaines du chevalier de la plume, Papy voulait lui confier ce marché d’approvisionnements  de plantes médicinales.

Malheureusement pour l’escroc, le journaliste avait son cousin qui travaille à Kenya Airways. Ce qui logiquement allait faciliter les contacts. Et il exigea que le délégué commercial lui rende visite, afin de conclure ce marché qui, selon Papy, a enrichi de nombreux hommes et femmes d’affaires. Depuis qu’il a reçu les coordonnées du cousin de Mukendi, le fameux délégué commercial ne fait plus signe de vie. Son téléphone est toujours fermé.

Au cours de cette même période, Christian Mayala, cadre de direction dans une société commerciale de la place, a appris que l’enfant de sa tante résidant en Angola, voulait lui confier une affaire très juteuse qui allait rapporter beaucoup d’argent au clan. Joint au téléphone par un émissaire, Mayala exigea que lui soit présenté un échantillon, avant de se lancer. Et il dut acheter la pièce à 50 dollars. Voilà qu’il s’est vu contacter par quelqu’un en quête de ce genre des racines médicinales. Le fameux interlocuteur ajoutait qu’il voulait acquérir des racines pour une commande de 20.000 dollars à conclure à Kinshasa, avec son délégué présent dans la capitale congolaise.

Avant de s’engager dans ce commerce, Christian Mayala a fréquenté plusieurs pharmaciens qui, tous ne connaissent pas ce type de racines et lui ont déconseillé de faire cette affaire, sans en avoir tous les paramètres. C’est ainsi qu’il s’est abstenu à acheter ces produits inconnus des spécialistes.

                                                                                                                J.R.T. 

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