Torture : la RDC conviée à la tolérance

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La communauté internationale a célébré, le vendredi 26 juin 2015, la journée internationale de soutien aux victimes de la torture. A cette occasion, le ministère de la justice et Droits Humains, en collaboration avec le Bureau Conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH), a organisé une journée commémorative dans la salle des spectacles du collège Boboto. A cette occasion, le bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme a recommandé aux responsables de la République Démocratique du Congo de pratiquer la tolérance zéro contre tous les auteurs de torture.

En effet, avec  l’organisation des Etats Généraux de la justice, la RDC avait démontré la  preuve de sa volonté d’arriver à amélioration du secteur judiciaire, a estimé le directeur du Bureau Conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme. Pour cette journée de soutient aux victimes de la torture instituée par l’ONU, les acteurs étatiques et non étatiques sont tenus de faire le bilan de la situation et réfléchir aux actions à mener pour éliminer la torture  sous toutes ses formes, et contribuer ainsi à assurer l’application de la convention contre la torture adoptée depuis 10 décembre 1984 par les Nations Unies.

C’était aussi l’occasion d’insister sur une prise de conscience généralisée que la torture reste une pratique qui déshumanise son auteur. Car, dans son message à l’occasion de la commémoration de cette journée, le Secrétaire général des Nations Unies a renouvelé la détermination de son organisation à dénoncer la torture, ses  victimes ont droit à la contestation et réinsertion. Elles méritent aussi  de connaitre la vérité. C’est pourquoi, il est indispensable d’enquêter sur tous les cas de torture afin d’identifier les auteurs et les traduire en justice. Car,  la RDC, à la suite de la ratification et promulgation de la loi contre la torture, doit s’illustrer par une mise en pratique de ces traités et textes.

Pour sa part, le ministre de la justice, Alexis Ntabwe Mwamba, a déclaré que  tout monde doit mener cette lutte contre les anti-valeurs. En RDC, la torture est interdite en tout temps et en tout lieu par des traités ratifiés par le pays. Elle est aussi interdite par la constitution et la loi portant criminalisation de la torture promulguée depuis le 9 juillet 2011. La convention contre la torture et autres traitements cruels, inhumains et dégradants  prévoit qu’aucune circonstance exceptionnelle ne peut être invoquée pour justifier la torture. Cet instrument international est applicable en RDC depuis sa ratification par l’ordonnance loi n°89014 du 17 février 1989. La charte africaine des Droits de l’homme et des peuples, instrument juridique africain relatif aux droits de l’homme et ratifiée par la RDC, le 20 juillet 1987 précise en son article 4 que la personne humaine est inviolable et son droit au respect de sa vie et son intégration physique et morale. Raison pour laquelle plusieurs auteurs des tortures œuvrant au sein des services de sécurité, de la police et de l’armée ont été condamnés à des peines allant de six mois à l’emprisonnement  à perpétuité.

Yves Kadima