Tolérance zéro : les magistrats «omis» interpellent Joseph Kabila

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 La session de formation des candidats magistrats ayant satisfait au concours de recrutement organisé en 2009 par le Conseil Supérieur de la Magistrature s’est ouverte il y a plus d’un mois. Le hic, dans ce dossier, se situe au niveau de la présence, dans le lot des 1.000 futurs porteurs des toges noires, de plusieurs dizaines de fictifs réputés absents lors des tests écrits et oraux. En conséquence, près d’une quarantaine de « lauréats » se retrouvent dans la situation d’ « omis », selon le terme consacré.

 Après avoir frappé à plusieurs portes des décideurs, sans succès, ces malheureux jeunes compatriotes viennent de saisir la plus haute autorité du pays. Par leur lettre datée du 14 février 2011, enregistrée le 17 février 2011 par le « Service courrier » de la Présidence de la République, ils tournent leurs regards vers le Chef de l’Etat, dans l’espoir d’être rétablis dans leurs droits. Croyant avoir rompu avec le chômage après avoir jeté toutes leurs intelligences et leurs énergies dans le concours de recrutement annoncé et parrainé par Joseph Kabila lui-même, les « omis » ont du mal à réaliser ce qui leur arrive.

 Dans leur détresse, ils viennent de retrouver l’espoir à travers la relance de l’opération « Tolérance zéro », depuis le dernier week-end. Et, comme par hasard, c’est la justice qui a la lourde et délicate charge de faire la chasse aux « Kuluna » en cravate. Mais, avant de traquer les auteurs des anti-valeurs, l’appareil judiciaire devrait commencer par balayer devant sa propre maison.
 D’où, en plus de leur réhabilitation comme candidats magistrats ayant réussi au concours de recrutement et partant ayant droit à la formation précédant leur entrée dans le métier, ils en appellent à la mise en examen de tous ceux et toutes celles qui ont trempé dans la falsification de la liste originale. Dans le cas contraire, la formation de nouveaux magistrats, appelés à insuffler un sang nouveau dans le corps de la magistrature congolaise, est mal partie. De même, la « tolérance zéro » tant affectionnée par le Président de la République risque de connaître des ratés préjudiciables à sa bonne mise en route. Car, un magistrat tricheur ne peut prétendre remplir avec efficacité et équité, son rôle d’arbitre au milieu des justiciables.
Kimp

 

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