«Tolérance zéro» : la phase II bat de l’aile

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Au cours des parades qu’il anime, l’inspecteur provincial de la police ville de Kinshasa ne cesse de cracher toute sa déception, au motif que la lutte menée par ses hommes, contre le banditisme urbain, risque de se réveler comme un coup d’épée dans l’eau. Et pour cause !

En effet, fait-il observer, sur base de nombreuses plaintes enregistrées par ses différentes unités au sujet de vols à main armée perpétrés par des éléments en uniforme, des efforts sont déployés sur le terrain, des arrestations opérées et les bandits déferrés devant la justice. C’est souvent de la prison qu’ils retrouvent facilement leur liberté de mouvement, on ne sait comment.
Pour avoir suivi bon nombre d’opérations de lutte contre la pègre, nous pouvons affirmer que ces missions périlleuses sont souvent couronnées de succès. Et comment ?

Des équipes de policiers sont mobilisées et des secteurs ratissés pour traquer ces malfaiteurs qui se caractérisent par leur furtivité dictée par la volonté de se soustraire aux poursuites judiciaires. Pourchassés à Mont Ngafula et Ngaliema, ces bandits vont se réfugier à Kingasani ou à Mikondo. Recherchés à Matete et Masina, ils vont s’exiler au camp Luka ou à Kingabwa. Et c’est dans certains quartiers et certaines communes périphériques que ces mécréants installent leurs repaires. On se rappellera que dans le temps, les bandits les plus redoutables de la ville de Kinshasa, se réfugiaient dans des cimetières désaffectés où ils cachaient leurs armes, leurs cisailles et leurs cagoules. Mais depuis que les constructions anarchiques ont envahi ces cimetières, les malfaiteurs ont délocalisé leurs cachettes pour les abords de rivières.

Aujourd’hui, c’est au terme d’une traque de plusieurs semaines ou de plusieurs mois que ces bandits sont appréhendés. Leur arrestation, comme il faudrait le signaler, ne se déroule pas sans heurts. De violents accrochages précèdent leur capture, quelquefois, au péril de la vie de policiers.
A l’issue d’une série d’interrogatoires, les aveux des membres de la pègre sont obtenus, et certains biens de leurs victimes retrouvés. Les dossiers judiciaires avec des pièces à conviction, des armes utilisées lors des forfaits, ainsi que des prévenus, sont envoyés aux parquets militaires.
L’opinion qui suit toutes ces péripéties dans les médias, se dit soulagée, car on débarrasse certains quartiers, de ces ennemis publics numéro un.
Aux parquets, l’instruction est poursuivie, les enquêtes approfondies et les prévenus transférés à la Prison centrale de Makala.
Trois ou quatre mois plus tard, voire six mois, les mêmes bandits dont on attendait la condamnation par les cours et tribunaux de la place, sont remis en liberté, par on ne sait quelle décision judiciaire.

A peine libérés, ces malfaiteurs reconstituent de nouvelles bandes
Dès leur sortie de la prison, leur premier réflexe est de constituer de nouveaux groupes, s’ils n’en reconstituent pas d’anciens. Et, ensuite de s’équiper en armes. Car sans armes, les voleurs n’osent pas s’aventurer dans des quartiers où logent des sportifs et autres agents de l’ordre. Par crainte d’accrochages.
C’est ainsi que le cycle de la criminalité n’est pas rompu.  Si les voleurs à main armée pouvaient purger la totalité de leurs peines d’emprisonnement, on connaîtrait sûrement de longues périodes de quiétude dans la ville de Kinshasa.

Tel est le cas du soldat de première classe Mayamba Kinavuidi alias «Modogo» arrêté plusieurs fois pour vol à main armée et dont le dossier a toujours été transmis à l’Auditorat militaire de garnison de Ndjili. Son séjour en prison ne dépasse pas douze mois. Et on le voit se pavaner dans les rues de Kinshasa, comme pour dire que la prison n’a pas été faite pour lui, mais ceux qui ne jouissent pas de soutien. Une façon de décourager les bonnes volontés de l’Inspection provinciale de la police ville de Kinshasa.
Aussi pour ne pas être taxé de laxiste face à ce banditisme récurrent, le patron de la police de la capitale a instruit ses hommes de continuer à arrêter ces bandits, jusqu’au moment où leurs souteneurs seront fatigués. 
Aujourd’hui, force est de reconnaître qu’avec ces libérations des bandits, ce sont des bandes des malfaiteurs qui sont remis en selle et qui continuent à semer la mort et la désolation à travers toute la ville de Kinshasa.

Dans le cadre de la seconde phase de l’opération «  Tolérance Zéro », l’opinion nationale qui veut en finir avec l’insécurité, souhaite que soient examinés tous les dossiers des voleurs à main armée, civils ou éléments en uniforme, remis en liberté, sans avoir subi une condamnation pénale.
Cet examen permettra de découvrir certainement les brèches par lesquelles les brigands retrouvent souvent leur liberté et qui favorisent leur impunité.
La population attend beaucoup de l’opération Tolérance Zéro, surtout en ce qu’elle pourra dans le domaine de la lutte contre le banditisme, apporter la quiétude dont on a tant besoin pour reconstruire et assainir cette ville appelée à accueillir en 2012, le Sommet de la Francophonie.

 J.R.T.      

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