Toges Noires réclame la liberté pour la colonelle Kabwanga

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Alors que le 08 mars, « Journée internationale de la Femme » approche à pas de géant, l’Ong « Toges Noires » est saisie d’un dossier qui, selon Me Marie André Muila Kayembe son secrétaire exécutif national, constitue une violation flagrante des droits que tous les instruments nationaux et internationaux reconnaissent à la femme. Dans une correspondance qu’elle a fait parvenir à notre rédaction,  « Toges Noires » dénonce la détention préventive à la Prison centrale de Makala, d’une femme : colonelle Kabwanga Kaseu Symphorose, sous la prévention de « détournement de derniers publics » depuis le 11 novembre 2009.

Pour Toges Noires cette détention, « non seulement s’avère illégale et arbitraire, mais aussi constitue une violation flagrante des droits de l’homme pourtant garantis » en Rd Congo. Cela est justifié par les investigations menées par la justice militaire elle-même. En effet, selon « Toges Noires », une fois arrêtée, la colonelle Kabwanga est informée être poursuivie pour avoir reçu, par les agences Soficom et en opération retour, des fonds provenant de trois officiers des Fardc : deux à Goma et l’autre à Bukavu. Ce qu’elle a réfuté. Conduite pour confrontation à l’agence Soficom/Bandal, où le bordereau (ou preuve) de l’accusation indiquait que les fonds étaient sensés être encaissés par la colonelle, l’Administration de cette agence est restée formelle : le bordereau de retrait est un faux en écritures, pour plusieurs raisons.

Premièrement ils ont constaté que le code secret y inséré est faux ; deuxièmement, il n’y a pas de signature du caissier supposé avoir payé ; troisièmement il n’y a pas de sceau rectangulaire attestant qu’il y a eu paiement ; quatrièmement quand il y a paiement, le bénéficiaire ne retire que l’argent et non un quelconque document comptable : les souches et coupons des bordereaux de paiement restent dans l’administration ; cinquièmement il ne peut pas y avoir un bordereau de retrait de fonds unique pour trois opérations de dépôt de fonds distinctes, même si le destinataire est le même et sixièmement dans tous les cas, que ce soit à Goma ou à Bukavu, Soficom n’a reçu aucune somme d’argent destinée à la colonelle Kabwanga de la part des officiers cités.

La liberté est la règle, la détention l’exception

Pour Toges Noires, après un tel constat, la colonelle devait être immédiatement relâchée conformément à la loi militaire. Contre toute attente, elle est placée sous mandat d’arrêt provisoire le même jour (11 novembre 2010), aucun fait nouveau justifiant une telle décision n’est porté à sa connaissance comme le prescrit l’article 18 de la Constitution. Le mardi 17 novembre 2009, la colonelle est soumise à un nouvel interrogatoire qui lui reproche d’avoir payé cette fois-cides déserteurs, des doublons et des militaires peu ou mal identifiés.

Celle-ci, preuves à l’appui, elle établit n’avoir jamais procédé à la paie des militaires, encore moins à ceux visés par le nouvel interrogatoire. En plus, elle a montré les instructions claires de son chef qui prouvent qu’elle n’est pas impliquée dans les opérations de paie. En outre, aucun élément du dossier n’indique si c’est en vertu ou à raison de sa charge que la colonelle Kabwanga aurait pu recevoir et détenir par devers elle ces sommes d’argent. Rien non plus n’indique ce qu’elle aurait dû en faire, c’est-à-dire, leur destination. Malgré cela, la colonelle est toujours maintenue en prison.

Pour Toges Noires, la loi est formelle : la liberté individuelle est garantie par nos lois. Elle est la règle, la détention l’exception. Elle demande donc aux autorités judiciaires du pays, particulièrement à l’auditeur général près la Haute cour militaire, en sa qualité de chef hiérarchique, de réexaminer personnellement la détention de cette infortunée, mère d’une famille nombreuse, en vue de sa libération. En ce mois où toutes les forces nationales luttent contre les violences faites à la femme et pour la promotion de la femme, un tel acte contribuera, selon Toges noires, à lutter contre les abus et à renforcer le respect de la loi et de la politique de « Tolérance zéro » prônée par le Président de la République et qui vise la protection des innocents et des faibles.

SAKAZ

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