TNT, manne publicitaire : médias et CSAC inquiets

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CsacTB11Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication « CSAC » a convié hier jeudi 10 mars 2016 à l’hôtel Sultani, les éditeurs des journaux, les responsables des chaînes de télévision et des stations des radios, à une journée d’échanges. Au menu : les défis liés au basculement  de la télévision analogique à la télévision numérique, le contenu des médias…..

Dans son mot de bienvenue, le président du CSAC,  Tito Ndombi, a précisé que la réunion du 10 mars était une séance de réflexion  commune.

« Il s’agit d’échanger avec les patrons des médias  et les journalistes sur les défis majeurs que doit relever notre presse et les  appeler à plus d’implication dans l’amélioration des contenus des médias et à faire davantage preuve de responsabilité dans le traitement de l’information…….. », a-t-il indiqué. Revenant sur les missions attribuées à l’organe étatique de régulation, entre autres,  celle de veiller à la qualité de la production des médias, il a signalé que la rencontre de l’hôtel Sultani avait pour finalité de dégager des propositions et des pistes d’actions communes au moment où au nom de la liberté d’expression, certains médias se permettent de nombreux écarts.

            Il  a rappelé  les rencontres analogues initiées par le CSAC pour rationaliser et renforcer la collaboration avec les médias. Tito s’est réjoui de voir qu’en dépit de quelques exceptions, plusieurs médias ont assimilé les enseignements tirés des séances pédagogiques. Néanmoins, les outrances sont encore fréquentes, a-t-il signalé.

            Il a souligné que la presse audiovisuelle est dans une période de transition et la révolution technologique en cours, censée aboutir à l’avènement de la télévision numérique terrestre « TNT » va bouleverser les modèles économiques, la hiérarchie des supports, les pratiques journalistiques. Et que les contenus des médias figurent parmi les défis majeurs à relever. Il a exhorté les patrons de presse à s’impliquer pour qu’on ait des contenus médiatiques de qualité, respectueux du code d’éthique et de déontologie des journalistes.

            L’autre défi censé à relever concerne la manne publicitaire. Et il est temps que le CSAC se concerte avec les patrons de presse sur ce dossier, a-t-il indiqué. Tito Ndombi a rappelé à ses hôtes quelques dispositions du règlement intérieur du CSAC qui se rapportent à la conformité, la législation et la réglementation  du secteur de la publicité. Dans la foulée, il a évoqué la nécessité d’entamer une réflexion  sur la tenue d’un forum pour organiser le secteur publicitaire et permettre aux médias de mieux rentabiliser leurs recettes.

            Il a clos son intervention en précisant que lui et ses pairs connaissent les sacrifices qu’endurent les médias et se tiennent à leurs côtés.

            Les échanges entrecoupés par le déjeuner de travail, ont été fructueux.

            Patrons de presse, membres du bureau de l’UNPC…. ont laissé entendre qu’ils aimeraient voir le CSAC se départir du rôle « d’oppresseur», et chercher un financement extérieur pour organiser les Etats généraux de la presse afin de faire adopter la loi sur la dépénalisation des délits de presse. Des questions ont tourné aussi des attributions du CSAC et du ministère de tutelle, mais aussi des réflexions à mener pour voir comment avoir une presse audiovisuelle couvrant le monde, mais à bas prix.

            Dans ses réponses, l’animateur principal du CSAC a précisé que l’organe de régulation des médias reçoit parfois des plaintes émanant des personnes et des structures. Ne pouvant sanctionner de manière arbitraire, le CSAC  convoque les personnes citées et privilégie souvent les séances pédagogiques. Le ministère de tutelle réglemente le secteur des médias et le CSAC veille à la qualité du contenu médiatique. Et qu’avec la TNT, le risque réel est la « disparition » de la culture congolaise du fait que les producteurs étrangers vont privilégier des contenus qui n’ont rien à voir avec nos réalités quotidiennes. L’une des solutions est de réaliser des co-productions qu’on pourrait placer dans des chaînes de télévision moyennant le paiement des forfaits.

            Dans sa conclusion, le rapporteur du CSAC, Chantal Kanyimbo, a relevé les responsabilités du gouvernement, des médias congolais et leurs partenaires, à jouer leurs rôles respectifs  pour relever les défis de la TNT. Elle a fait état de la tenue d’un forum sur la publicité  et de la nécessité pour les médias de se conformer à la loi.

Jean- Pierre Nkutu