Tirs nourris hier à Kintambo

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Le périmètre du quartier Basoko, dans la commune de Kintambo, est devenu célèbre avec des embouteillages qui bloquent automobilistes et passagers des heures durant sur les avenues colonel Mondjiba, Komoriko, Bangala, OUA et autres. Hier encore, pendant que des écoliers, des élèves, des ménagères, des étudiants, des fonctionnaires, des commerçants, des chauffeurs de taxi-bus et taxis maudissaient les incontournables bouchons, autour de 14 heures, les armes se sont mises à crépiter subitement. Les tirs provenaient manifestement de l’ex-Demiap.

C’était la débandade générale. Chacun tenait à se mettre à l’abri. Certains conducteurs, soucieux de sauver leur peau, ont carrément abandonné les volants de leurs véhicules. Les résidents du secteur, pris de panique, se sont barricadés dans leurs maisons, à double tour. Que se passait-il du côté de l’ex-Demiap ? Personne n’était en mesure de le dire sous l’effet de la panique.

Renseignements pris, Le Phare a pu apprendre que plusieurs dizaines d’adeptes du « Ministère de la Restauration »  se sont présentés hier devant les installations des Services de Renseignements Militaires (ex-Demiap) pour réclamer la libération de trois des leurs frères en Christ arrêtés la veille à l’aéroport international de Ndjili et qui seraient détenus dans l’amigo de ce service spécial. Que se serait-il passé ? Nul ne le sait. Toujours est-il que la situation a dégénéré, au point que les éléments chargés de la sécurité du lieu ont dû faire usage de leurs armes. Le bilan fait état d’un mort, qui répond au nom de Gaby Lapi, et de trois blessés graves, identifiés comme étant messieurs Ongale, Tambwe et Remy, qui auraient été conduits à Ngaliema Center pour des soins nécessités par leur état.

Mais, l’origine de la fusillade est à chercher du côté de l’aéroport international de Ndjili. C’est ici en effet, indique-t-on, qu’un banal incident s’est produit le lundi 10 mai 2010 dans l’après-midi, à l’arrivée d’un avion en provenance de Kindu, dans la province du Maniema. Parmi les passagers se trouvaient deux fidèles de l’église « Ministère de la Restauration », du pasteur Paul Joseph Mukungubila, candidat malheureux au premier tour de l’élection présidentielle en 2006.

Les intéressés, Rachidi et Musumba, venaient à Kinshasa dans le cadre d’un séminaire de recyclage destiné à renforcer leurs capacités. Au terme de leur formation, ils allaient à leur tour se charger de former d’autres serviteurs de Dieu au Maniema, en vue d’évangéliser davantage des frères et sœurs et de les ramener dans la voie du salut éternel.

Ils étaient accueillis à leur arrivée par un des leurs « frères » de Kinshasa, qui répond au nom de Le Noir Atumisi. Après les formalités « administratives » d’usage, tous les trois se dirigeaient tranquillement vers le véhicule qui les attendait au parking, lorsqu’ils se sont entendus interpellés par quelqu’un qui venait de les rattraper et les priait de rentrer au hall d’arrivée pour un ultime contrôle des voyageurs.

Dès que les deux fidèles de Mukungibila venus de Kindu sont rentrés dans le local leur désigné pour le contrôle, ils n’en sont plus ressortis. Leur accompagnateur a connu le même sort. Pourquoi les avait-on rappelés ? Pourquoi avaient-ils disparu ? Ces questions sont restées sans réponses. Leur absence au siège de l’église, où un accueil chaleureux les attendait, a intrigué plus d’un.

Jusque hier mardi matin, l’on n’avait toujours pas de nouvelles des voyageurs venus du Maniema et de leur facilitateur. Une fuite d’information ayant fait état de leur présence à l’ex-Demiap, un groupe de fidèles a décidé de s’y rendre en vue d’exiger leur relaxation. Quant à savoir comment, de la demande de libération des trois détenus est-on arrivé aux tirs nourris qui ont plongé hier tout le quartier Basoko et ses environs dans l’émoi, le mystère demeure entier.

Il faudra sans doute des enquêtes fouillées, à confier à plusieurs structures, pour éclairer l’opinion publique et rassurer les « voisins » immédiats et lointains de l’ex-Demiap. Les textes légaux relatifs aux libertés d’opinion et de manifestations méritent d’être revisités aussi pour savoir s’ils ont une relation avec les incidents malheureux d’hier, auquel cas leurs violateurs devraient répondre de leurs actes.   

Kimp.

 

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