Thérèse Mujanyi : «Nous devons arriver à ce que les femmes décident au même titre que les hommes»

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Thérèse MUJANYI est deuxième Secrétaire Général des FONUS (Forces Novatrices pour l’Union et la Solidarité) et est coordinatrice des femmes fortes de la Dynamique de l’opposition (Coffop). Hormis ses fonctions politiques, elle travaille à l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa  en tant que  chef de service adjointe Assurance qualité
au nouveau laboratoire. Nous l’avons abordée pour nous donner son point de vue sur la situation politique de l’heure.
Q. : Femme au foyer,  comment vous êtes-vous retrouvée en politique et
parlez-nous de votre cursus ?
Je suis la fille d’un cadre d’un cadre d’un parti politique, le Pdc,
le défunt professeur Kasonga Kadiobo, ancien Président provincial. Je
voyais comment mon père militait et s’activait pour son parti. Il m’a
beaucoup inspirée et j’ai voulu emboîter ses pas dans la politique.
C’est ainsi que j’ai adhéré depuis 1983 au PDC.  J’ai poursuivi mon
combat  à l’exemple de mon père. Quant à mon cursus politique, j’ai
quitté le PDC pour l’Urec du  Professeur KASHALA et quand il est
parti, je peux dire avec son  parti, je n’ai pas abandonné puisque la
politique me tient à cœur. Etant une femme ambitieuse, j’ai adhéré aux
FONUS du président Olenghankoyi. Je travaille beaucoup je défends le
parti, je suis en règle par rapport à mes cotisations, je suis active
en matière de sensibilisation. Vu mes prestations très satisfaisantes
et mon activisme,  le président du parti Olenghankoyi m’a nommé
deuxième Secrétaire Général.

Je considère que la politique n’est pas qu’une affaire d’hommes.
Préoccupée par l’absentéisme frappant des femmes dans la politique et
surtout l’image qu’a la femme sur la femme politique, considérée comme
une femme légère, je me suis dit que cela doit changer en réhabilitant
cette image. De plus, je n’approuve pas qu’il n’y ait  que des hommes
pour prendre des décisions dans ce pays et aussi prendre des décisions
pour la femme quand elle est absente dans la sphère de décisions. J’ai
résolu de réveiller les femmes qui, pour moi, dorment parce qu’il faut
qu’on retrouve de l’équilibre méritocratique  dans la gouvernance du
pays. Si des femmes ont des atouts et des compétences au même titre
que des hommes, pourquoi dans le gouvernement issu de l’Accord du 18
octobre 2016, il n’y a que 11% de femmes ? Je milite pour que cela
change. Nous devons arriver à ce que les femmes décident au même titre
que les hommes. Je suis un exemple d’une  femme politique et très
encouragée par mon mari qui n’est pas lui-même politicien.

Q Combattante dans un grand parti de l’opposition, qu’est-ce qui vous
a motivé à créer la dynamique des femmes fortes de l’opposition ?
C’est dans le souci de rééquilibrer les compétences et les
opportunités  que j’ai créé la Coordination  des femmes fortes de la
dynamique de l’opposition, pour encourager les femmes à adhérer aux
partis politiques. Cette dynamique de l’opposition est un grand
ensemble dans lequel il y a des sous-ensembles qui sont des
plates-formes dont chacune est représentée par une femme leader. On
regroupe 20 plates-formes. Nous pensons  que cela va soulager les
souffrances des femmes qui se plaignent au lieu de combattre. Il faut
atteindre la méritocratie de 50% de femmes et de 50% d’hommes dans les
partis et dans la gouvernance. La dynamique se réfère à certaines
dispositions sur le plan international par rapport aux droits de la
femme  dont la  RDC est signataire et à la constitution du pays dans
sa mission de sensibiliser les femmes pour qu’elles comprennent
qu’elles ont leur place dans la sphère politique et surtout celles qui
ont des atouts et qui s’ignorent. Les femmes congolaises ne doivent
pas toujours attendre qu’elles soient propulsées, elles doivent
mériter. Nous menons des actions de plaidoyer pour qu’au sein du
gouvernement de large union nationale qui sera bientôt publié, que les
femmes soient suffisamment représentées. Par contre, nous  déplorons
l’absence des femmes ; deux seulement et aucune du Rassemblement aux
travaux du Centre Interdiocésain.

Q Quelle est votre lecture de la situation politique à l’heure actuelle ?
Nous avons perdu un grand combattant, le patriarche Etienne Tshisekedi
, un grand homme d’Etat. Le Président du Rassemblement est mort au
combat , pendant les négociations du camp Tshitshi et de Limeté. C’est
un grand vide pour le pays et je pense que nous sommes en famille et
que malgré les disputes et les désaccords, le gouvernement de large
union nationale sera bientôt connu. Pour nous du Rassemblement, c’est
la condition pour que des funérailles dignes soient organisées. N’en
déplaise à tous  ceux qui pensent que les membres du Rassemblement
recherchent des positionnements pour des postes au lieu d’enterrer le
chef du Rassemblement décédé il y a un mois. Nous sommes dans une
période d’un régime spécial et voyons comment sauver le pays.

Concernant certaines situations des turbulences observées à travers le
pays,  Il y a une expression chez nous qui dit « quand un grand baobab
tombe, tous les petits arbres aussi tombent avec lui ».  Il faut
reconnaitre qu’il  y a des situations créées de toutes pièces depuis
la mort d’Etienne TSHISEKEDI pour distraire le peuple. Mais ce n’est
pas l’essentiel. Dès que le Gouvernement de large union nationale
sera mis en place, toutes ces tensions vont disparaitre. Le
Rassemblement reste ferme par rapport au texte de l’accord. Il est
question de donner un nom et avant la mort la Président du
Rassemblement, il a écrit aux évêques et au moment opportun,  les
évêques vont nous révéler le contenu de cette correspondance.

CM (CP)