Thambwe Mwamba : « Suivons de près le Sud-Soudan»

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Il y avait du beau monde le lundi 21 mars 2011 à la Halle de la Gombe pour suivre la conférence débat intitulée « Diplomatie, les nouvelles frontières». Ambassadeurs accrédités en RDC, députés, sénateurs, étudiants… n’ont pas voulu rater les interventions du ministre Thambwe Mwamba, de l’ambassadeur du Brésil en RDC  de l’ancienne ambassadrice et Directrice Générale de la Coopération Interrnationale Gazeau Secret et du sénateur Mokeni sur Wikileaks, les révolutions au Maghreb, la crise ivoirienne, la diplomatie….
 Un documentaire retraçant le fonctionnement de l’ambassade du Liban en France a été projété dans la salle pour illustrer la travail au quotidien des diplomates.
 Le ministre congolais des Affaires Etrangères, tout comme les trois autres principaux orateurs , ont  été soumis à un feu nourri des questions.
 Appelés à se prononcer sur leur statut, les Sud-Soudanais ont été corrects.

 Pourquoi ailleurs, on a enregistré beaucoup des couacs?
 Il se pose un problème racial là-bas. Le Nord n’a pas réussi à intégrer la partie Sud au Soudan. Les Sud-Soudanais, mal lotis, vivent dans des cases.   Nous devons suivre de plus près ce qui va se passer au Sud Soudan à l’avenir. Le Nord ayant laissé  le tiers de la superficie totale du Soudan aux sudistes, acceptera-t-il de perdre  Abiyeh?, s’est interrogé Thambwe Mwamba.
 Cette contrée produit 80 % du pétrole du Soudan et est habitée par des Dinkas qui sont des noirs. On y compte 11 chefferies.  Quelques milliers d’arabes y vivent pour des raisons pastorales. Or jusqu’ici, le référendum pour le rattachement de cette contrée au Nord ou au Sud , a été renvoyé à une date ultérieure. «Nous avons 620 km des frontières avec le Soudan. Qu’est-ce qui va se passer plus tard?», s’est demandé Alexis Thambwe Mwamba.
 Revenant sur les crises libyenne et ivoirienne, il a réaffirmé la position de la RDC, qui prend acte des desiderata du Conseil de Sécurité et se conforme à la position de l’Union Africaine.
 Un officiel pro Gbagbo a cité Kinshasa comme un des alliés du régime de l’adversaire de Ouattara. Comment expliquer cette contradiction?  A cette question du Phare, Thambwe Mwamba a martelé avec force avoir demandé à l’ambassadeur ivoirien en poste en RDC d’adopter un profil bas, avant son remplacement.
 Il s’est insurgé contre des projets relatifs au «détournements « de nos eaux. Lesquels projets risquent d’être fatals au barrage d’Inga. Il a évoqué ensuite le problème de réorganisation de notre réseau diplomatique pour le rendre beaucoup plus efficace.
 Gazeau Secret est revenu sur les aveux de Sarkozy qui a déclaré avoir été pris de court par la révolution du jasmin. «On ne peut confondre la diplomatie et la politique étrangère d’un pays. La diplomatie française doit garder ses fondamentaux», a-t-elle souligné.
 Les diplomates analysent des situations et informent leurs hiérarchies. En outre, elle a dit qu’il est parfois normal de taire certaines choses au public à certains moments pour des raisons évidentes
 Jean- Claude Mokeni a expliqué à l’assistance le rôle et la manière dont il s’acquitte de ses fonctions du président de la Commission des Relations Extérieures de Sénat.
 Chargé d’avoir des éclairages sur certains points auprès des officiels congolais, il peut aussi avoir des séances académiques avec des diplomates d’autres pays accrédités chez nous. Ou encore activer les échanges interparlementaires.
 L’ambassadeur brésilien a rappelé à l’assistance les lignes directrices de la politique étrangère de son pays, mais aussi les raisons de l’ancrage de celui-ci en Afrique.
 Le public, venu très nombreux à cette conférence, est rentré visiblement satisfait.
          Jean- Pierre Nkutu

 

 

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