Thambwe Mwamba prêt à affronter la justice belge

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Alexis Thambwe Mwamba, qui tient la vedette l’actualité depuis l’annonce de sa mise en cause, par la justice belge, dans l’affaire de la destruction, en octobre 1998 à Kindu, d’un Boeing 727 de Congo Airlines, a enfin brisé le silence hier lundi 2017 à partir de Genève.
Les journalistes ainsi que les activistes des droits de l’homme venus nombreux à sa conférence de presse sont restés sur leur soif au sujet d’un dossier où il est pourtant poursuivi pour crime contre l’humanité.

Alors qu’ils attendaient un maximum de détails de la part de ce prévenu de luxe, en guise de prélude à ses moyens de défense, l’homme s’est montré avare de mots. Tout ce que l’on a pu retenir est qu’Alexis Thambwe Mwamba s’est dit prêt à affronter ses juges, afin de
démontrer son innocence. Il n’a même pas fait état de son immunité de membre du gouvernement, ni de son statut de citoyen congolais pour ne pas s’estimer justiciable devant les juridictions belges ou revendiquer un privilège de juridiction.

Le conférencier a, au passage, démenti avec force les rumeurs qui faisaient état de son arrestation en Belgique, depuis la semaine dernière. Pour le reste, il a donné l’impression de s’être conformé à la ligne de défense déjà développée par son avocat, à savoir qu’il ne
faisait pas partie de la structure militaire du RCD (Rassemblement Congolais pour la Démocratie) et qu’il n’était pas le porte-parole de cet ancien mouvement rebelle. Tout ce qu’il avait fait, c’était un petit commentaire personnel sur le crash de l’avion de Congo Airlines, en réponse à une question de la rédaction de RFI (Radio France Internationale). D’où, il ne comprend pas que l’on fasse de l’amalgame entre une déclaration et un ordre d’abattage d’un avion civil en temps de guerre.

Un «Livre blanc» sur
le Kasaï
Comme si les centres d’intérêts étaient ailleurs, il s’est longuement
étendu sur le dossier des violences au Grand Kasaï. A ce sujet, il a
insisté sur la capacité de la justice civile et militaire congolaise
d’apporter, avec la collaboration des experts des Nations Unies, toute
la lumière requise sur les massacres, fosses communes et autres
violations des droits de l’homme dans cette partie de la République
Démocratique du Congo. A son avis, les enquêtes déjà menées jusque-là
par les magistrats militaires congolais et celles en cours, sont
suffisamment sérieuses et fiables pour fixer l’opinion tant nationale
qu’internationale qui ce qui s’est réellement passé.
Il a martelé qu’il n’était pas question d’ouvrir une enquête
internationale sans la participation des magistrats congolais. Au
contraire, la RDC est d’accord sur le principe d’une enquête
internationale, mais à la condition que sa direction soit assumée par
les Congolais. Il n’est pas question d’écarter les magistrats
congolais de pareille démarche. Thambwe Mwamba a reconnu la gravité
des atrocités enregistrées au Kasai, de même que le caractère
insoutenable des images des corps des deux experts onusiens assassinés
par des criminels à identifier absolument et à sanctionner sévèrement.
Il a relevé aussi des massacres des centaines de citoyens congolais,
qui exigent des enquêtes fouillées et des procès équitables. Il a
révélé que la ministre des Droits Humains a déposé un «Livre blanc» au
Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme. Ce document
des témoignages etd es images sur les atrocités décriées en RDC comme
à l’étranger. Le travail de la justice congolaise, avec l’assistance
technique et logistique des Nations Unies, est de savoir qui a fait
quoi dans ces violences meurtrières.
Les autorités congolaises, a-t-il tenu à souligner, ont fait tout
leur possible pour ne pas être accusées de n’avoir pas cherché à
élucider le dossier des violences connues au Kasai.

Kabila mal compris
S’agissant de la non tenue des élections aux échéances
constitutionnelles, autre sujet abordé au cours de sa conférence de
presse, Thambwe Mwamba a fait remarquer que l’essentiel des ressources
nationales étaient aspirées par la guerre que le M 23 avait imposé au
pays en 2012 et 2013. D’où, face à la crise politique consécutive au
retard enregistré dans la mise en œuvre du processus électoral, une
voie de sortie était recherchée d’abord à travers des consultations
menées par le Chef de l’Etat en direction des forces politiques et
sociales, ensuite à travers des négociations bilatérales entre la
Majorité Présidentielle et l’UDPS à Venise (Italie), Ibiza (Espagne),
La Haye et Bruxelles, enfin les dialogues de la Cité de l’Union
Africaine avec Edem Kodjo et du Centre Interdiocésain avec la Cenco
(Conférence Episcopale Nationale du Congo).
Au terme du second dialogue, selon lui, la classe politique
congolaise s’est mise d’accord sur la gestion commune d’une période de
transition qui devrait conduire aux élections. Pour l’heure, a-t-il
indiqué, la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante vise 27
millions d’électeurs sur 42 millions environ. C’est à cette
institution d’appui à la démocratie, a-t-il rappelé, qu’il appartient
de fixer tout le monde sur le calendrier électoral. A cet effet, il a
pris à témoin le président de la CENI, Corneille Nangaa, lui aussi en
séjour à Genève pour expliquer les contraintes financières et
techniques liées au processus électoral.  Il n’y a jamais eu, à l’en
croire, dans le chef de la Majorité Présidentielle, une quelconque
intention de violer la Constitution.
Il en a profité pour dédouaner le Chef de l’Etat, qu’il estime avoir
été mal compris dans son interview au journal allemande Der Spiegel.
Lorsque Joseph Kabila a dit qu’il n’avait rien promis au peuple
congolais au sujet de la tenue des élections en décembre 2016, son
message devait être compris comme un renvoi à l’autorité de la CENI,
seule compétente pour mettre le cap sur les élections.

Moïse Katumbi peut rentrer au pays…
Parlant du cas Moïse Katumbi, le ministre de la Justice a souligné
qu’en tant que citoyen congolais, il était libre de rentrer dans son
pays, la RDC, à tout moment. Toutefois, compte tenu de son dossier
judiciaire – condamnation à cinq ans de prison – il doit s’attendre à
trouver la situation en l’état où il l’avait trouvé. On croit savoir
qu’il voulait insinuer qu’il serait mis aux arrêts dès sa sortie de
l’avion et acheminé tout droit en prison.  Kimp