TGI/Matete : il rend service… mais récolte l’ingratitude

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Pour avoir été enlevé, arrêté arbitrairement, torturé et escroqué, Wantuma Mingiedi Wami a porté plainte, au Tribunal de Grande Instance de Matete, contre les nommés Guy Okitafolo Omasombo, Otis Wooto Tshimanga et Didier Kanku. Inscrite sous RP 3251/CD, l’affaire est passée le mardi 23 novembre 2010. A l’appel de la cause, le plaignant s’est retrouvé seul devant la barre, ses adversaires ayant brillé par leur absence, pour des raisons non expliquées. 

            C’est ainsi que les juges se sont contentés de prendre acte de la déposition de la partie citante. Prenant la parole pour la circonstance, Wantuma Mingiedi a commencé par signaler qu’au mois de janvier 2006, son ami Kisoka Ndingambote, résidant en Allemagne, lui avait envoyé 16.000 Usd (seize mille dollars américains), avec pour consigne de lui acheter une parcelle à Kinshasa. Selon lui, son ami ne voulait pas que ce bien soit connu de sa famille biologique.

            Après une longue prospection, il avait fini par négocier une parcelle comprenant une maison de trois pièces (deux chambres et un salon) sur l’avenue Mpukulu n°1/bis, quartier Foire, dans la commune de Lemba.

            Peu après, il était agréablement surpris de la décision de son ami de le voir s’y installee, en vue de mieux assurer sa garde. C’est ainsi qu’il avait déménagé de chez lui pour Lemba. Pendant 4 ans, Kisoka expédiait régulièrement de l’argent pour des travaux de réaménagement de sa parcelle. Il aurait promis une forte récompense à Wantuma, pour tous les services lui rendus, le jour où il serait appelé à quitter la parcelle.

            Mais, au mois de juin 2010, a indiqué Wantuma, il a reçu de son ami, au téléphone, l’ordre de revendre la parcelle au prix de 40.000 dollars Usd au moins, sous prétexte qu’il avait des difficultés financières pour vivre en Europe. Après avoir réalisé l’opération de vente, il a demandé à Kisoka s’il fallait lui faire un transfert d’argent. Ce dernier, a-t-il affirmé, lui a recommandé de garder les fonds jusqu’à son retour à Kinshasa, au mois de décembre de cette année.

            Wantuma, pour des raisons de sécurité, a résolu de placer la moitié des fonds (20.000 Usd) dans une banque de la place, le ¼ (10.000 Usd) chez lui et le reste auprès de ses amis. Curieusement, le 22 octobre 2010, Wantuma a vu surgir à Lemba le jeune frère de Kisoka, nommé Guy Okitafolo, qui a déclaré être porteur d’un message verbal de son aîné consistant à retirer la totalité des fonds. Wantuma a exigé du messager qu’il obtienne de son frère une procuration écrite  et légalisée à partir de l’Allemagne et de  se présenter à lui après le 7 novembre 2010, le temps pour lui récupérer tous les fonds placés en banque et chez des amis.

            Cependant, dans la nuit du 24 octobre 2010, Guy Okitafolo a débarqué chez lui accompagné de 8 policiers en tenue civile, sans mandat ni convocation. Enlevé puis menotté, il s’est retrouvé peu après dans un cachot de la police de la maison communale de Mont-Ngafula, où il a été écroué sur ordre de l’OPJ Katshuva. Détenu pendant six jours, torturé, il lui était exigé les 40.000 Usd contre sa libération.

C’est dans ces circonstances qu’il a été contraint d’annuler la vente. Mais pour rembourser ses 40.000 dollars à l’acheteuse, il devait utiliser sa carte bancaire. « Prisonnier » de l’OPJ Kasthiuva et ses agents, il n’avait plus d’autre alternative que se présenter à la banque en leur compagnie. Après le retrait d’une partie des fonds logés dans son compte, il a été reconduit au cachot de Mont-Ngafula et sa carte de crédit confisquée. Guy Okitafolo ainsi que les policiers Otis Wooto et Didier Kanku s’étaient rendus dans sa maison au retour de la banque, ont forcé sa mallette et saisi 20.000 dollars.

            Wantuma a relevé que cet argent ne lui appartenait pas. Il l’avait reçu d’un de ses amis pour l’achat de deux Jeeps à Dubaï. Après sa libération sous caution (400 dollars), il a décidé de porter plainte contre ses détrousseurs.

            Appelé à se prononcer sur le dossier, l’officier du ministère public a demandé au tribunal de déclarer non établies, en fait comme en droit, toutes les infractions mises à charge de trois prévenus, et de les renvoyer des fins des poursuites judiciaires. Les frais de justice sont à mettre à la charge de la partie citante.

            Sur ce, le tribunal a clos les débats. Le verdict est attendu dans le délai prescrit par la loi.

                                                                                              Anto Tshinguta

 

 

 

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