Terrible constat après Nairobi : le M23 n’est jamais mort

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m23Même si le patron de la Monusco (Mission des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo) affirme que celle-ci ne tolérera pas la résurgence militaire du M23 en territoire congolais, tous les paramètres en présence indiquent que cette rébellion n’a jamais été totalement éradiquée. Car, malgré sa défaite militaire du mois d’octobre 2013, et la fuite d’une partie de ses cadres militaires et combattants en Ouganda, ses « infiltrés » présents au sein des FARDC et de nouvelles recrues en provenance du Rwanda continuaient à animer ses « cellules dormantes ».
 Les tueries que l’on enregistre ça et là au Nord-Kivu depuis la signature des « Déclarations » de Kampala et attribuées faussement aux rebelles ougandais de l’ADF/Nalu constituent un des signaux indicateurs du retour du M23 dans cette partie du pays. Ainsi, moins d’un mois après leur adoption, les engagements de Nairobi ayant conclu les pourparlers de Kampala n’ont plus aucune valeur.
Les observateurs notent que cette rébellion, au lieu de se préparer à sa reddition effective à travers le processus de désarmement et démobilisation, à sa mutation en tant que parti politique ou à sa disparition totale comme groupe armé, s’emploie au contraire à se réarmer, à recruter, à chercher des financements pour ses activités et même à relancer la guerre. Bref, Sultani Makenga et Bertrand Bisimwa se sont servis des « Déclarations » de Nairobi pour endormir une fois de plus le gouvernement congolais.
Le décor du moment indique que le M23 entretient un contingent de 1500 hommes ou plus en Ouganda, sous la protection de Yoweri Museveni. Le président ougandais, on s’en souvient, continue d’opposer un refus catégorique à toute demande des autorités congolaises liée à leur extradition. Pendant ce temps, le Rwandais s’est lancé dans une nouvelle politique de recrutement intensif de nouveaux combattants pour ce mouvement rebelle. Aux dernières nouvelles, l’on apprend que plusieurs centaines d’éléments sont sur le pied de guerre.
Il faut compter aussi les infiltrés des FARDC, les déserteurs et membres de divers groupes armés prêts à rallier le M23 sur le territoire congolais même, dès que Kigali aura décidé de repasser à l’offensive.
Se préparer à une nouvelle guerre
En marge du rapport de Martin Köbler au Conseil de Sécurité, les Congolais ne devraient plus se faire d’illusion. Le M23 et ses parrains ne s’inscrivent ni dans la logique de l’application de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, ni dans celle de la mise en œuvre des « Déclarations » de Nairobi. Leur schéma de la reconquête militaire des positions et privilèges perdus au Nord-Kivu est en train de se préciser avec des infiltrations dont les échos sont parvenus jusqu’au Conseil de Sécurité.
            Le manque de réponse immédiate de cette institution n’est pas étranger à la présence du Rwanda en tant que membre non permanent. C’est aussi l’indice du doute qui habiterait encore New York au sujet de la reprise des activités militaires du M23 sur le territoire congolais. Pendant que les Nations Unies hésitent, la RDCongo n’a d’autre alternative que de se préparer à la nouvelle guerre qui s’annonce au Nord-Kivu. Les troupes des FARDC devraient être mises en état d’alerte maximale afin de parer à toute surprise désagréable sur une ligne de front dont la porosité a toujours été un des maillons faibles de notre système de défense.
            Surtout, une vigilance tous azimuts devrait être exercée aux points stratégiques et bases logistiques dispensables à la bonne tenue du front. Il est à espérer que des dérapages du genre de celui ayant conduit à l’assassinat du général Mamadou vont être évités. En ce moment où le mental des Congolais est gonflé à bloc, les autorités civiles et militaires nationales devraient prendre les dispositions requises pour anticiper toute nouvelle incursion du M23.
                                                                                              Kimp

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