Tension toujours vive à l’Unikin

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La situation est restée tendue le week-end dernier à l’Université de Kinshasa. La mort de deux étudiants, après avoir reçu des balles tirées par des éléments de la police nationale, est la principale cause qui a accentué la tension déjà élevée depuis le lundi 12
novembre 2018. En effet, les étudiants, mécontents et lésés par le mouvement de grève des professeurs, étaient descendus dans la rue pour exiger la fin de ce débrayage.

Selon eux, cette grève les pénalise sérieusement car plusieurs
facultés n’ont pas encore organisé les examens de première et deuxième
sessions de l’année académique 2017-2018, alors que l’année académique
2018-2019 est déjà ouverte depuis le 15 octobre dernier. Tout en
avouant que les professeurs ont raison de revendiquer l’application de
la loi-cadre en son point relatif à  l’élection du Recteur, ainsi que
le remboursement du trop perçu pour les crédits- véhicules, le
réajustement de l’enveloppe salariale au taux budgétaire, ils pensent
que les précités ne devraient pas sacrifier l’année académique passée
ainsi que celle en cours. D’où leur vœu de voir le gouvernement
respecter ses engagements afin que les professeurs mettent fin à leur
grève.
Alors que le mouvement était pacifique le lundi dernier, les
étudiants qui voulaient marcher jusqu’au ministère de l’Enseignement
Supérieur et Universitaire, sans toucher ni détruire tout ce qui se
trouvait sur le chemin, ont été bloqués par des éléments de la police
au niveau du rond point de l’Intendance générale de l’Unikin. C’est le
recours aux gaz lacrymogènes puis aux balles réelles, pense-t-on, qui
a mis le feu aux poudres. Pour les étudiants, la police n’avait qu’à
les encadrer et non les empêcher de revendiquer leur droit légitime de
réclamer la reprise des cours.
C’est pendant les échauffourées entre policiers et étudiants que l’un
deux était touché mortellement par balle le lundi. Décédé le jeudi 15
novembre aux Cliniques Universitaire de Kinshasa, sa mort a révolté
ses collègues qui ont investi le site universitaire et causé des
dégâts matériels importants. Une fois de plus, la police venue
rétablir le calme a recouru aux balles réelles, faisant un second mort
et plusieurs blessés dans les rangs des étudiants.
Ce nouvel épisode sombre s’est traduit par de nouvelles casses des
biens publics et privés, ainsi que la mise à sac du poste de police de
l’Unikin situé au niveau de l’entrée principale. Fâchés, les étudiants
ont pratiquement interdit l’accès du site universitaire à toute
présence étrangère. Même les professeurs qui ont tenté de se réunir
d’urgence en assemblée générale n’ont pu le faire. Cette assemblée
pourrait se tenir ce mardi si la tension arrivait à baisser sur ce
campus universitaire.

Yves Kadima