Tension suspecte pour 13 postes : CENI : jamais deux sans trois ?

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Annoncée pour hier mardi 04 juin 2013 à 16 heures, la plénière de
l’Assemblée Nationale appelée à se prononcer sur la liste définitive
des 13 membres du Bureau de la nouvelle CENI (Commission Electorale
Nationale Indépendante) a été décalée de 48 heures. La décision a été
annoncée aux députés nationaux par le président de leur institution,
Aubin Minaku.
En principe, c’est ce jeudi 06 juin 2013 que devraient être connus
les 13 membres devant siéger au sein de l’instance dirigeante de la
CENI. Le « chapeau » des confessions religieuses intéresse
particulièrement les observateurs, car c’est de là que devrait sortir
le président de cette institution d’appui à la démocratie.                      La
candidature de l’abbé Apollinaire Malumalu, que certaines sources
présentent comme toujours en course, en dépit de la décision du
Saint-Siège interdisant la présence des religieux dans les
institutions politiques de la République Démocratique du Congo, fait
couler beaucoup d’encre et de salive.
Tous les regards sont tournés vers son évêque, Melchisédech Sikuli,
du diocèse de Butembo, dans le Nord-Kivu, pour voir s’il va s’aligner
sur la position du Vatican ou passer outre. L’abbé Malumalu lui-même
est observé avec attention pour savoir s’il va se rebeller contre sa
hiérarchie ou se soumettre à la discipline de son Eglise.

Jamais deux sans trois ?

Le poste le plus convoité et envié au sein de la CENI est celui de «
Président » du Bureau de cette institution. Malheureusement, ses deux
premiers animateurs ont laissé dans l’opinion tant nationale
qu’internationale l’image de personnages ayant travaillé sous la
totale dictée des décideurs politiques et géré des fonds publics ainsi
que des contributions financières des partenaires extérieurs dans
l’opacité la plus totale. En effet, l’abbé Apollinaire Malumalu de
l’Eglise catholique comme le pasteur Daniel Ngoy Mulunda de la
communauté protestante ont aligné le triste palmarès d’élections non
apaisées, non libres et non transparentes. Sous les mandats de l’un et
de l’autre à la CEI et à la CENI, les élections présidentielles et
législatives étaient entachées de scandaleuses tricheries allant des
tripatouillages des opérations d’enrôlement des électeurs jusqu’à
celui des résultats dans les urnes, en passant par des violences
préélectorales, électorales et post-électorales.
Les piles des contentieux électoraux ayant sanctionné les scrutins de
2006 comme de 2011 étaient suffisamment édifiants sur le manque criant
de vérité des urnes en République Démocratique du Congo. Après les
mandats catastrophiques de ces deux serviteurs de Dieu, l’on est en
droit de douter de la moralité, de l’indépendance et de l’expertise de
leur successeur, qui devrait provenir de la même « composante ».
Un prêtre et un pasteur ayant déjà gaffé, en se mettant au service
des individus et non de la patrie, l’on pense qu’un troisième
religieux ne va pas faire mieux. A l’image de ses prédécesseurs, il va
être prisonnier des consignes de ceux qui vont lui offrir, sous
conditions, la présidence du Bureau de la CENI. L’expérience a montré
que l’abbé Apollinaire Malumalu et le pasteur Ngoy Mulunda ont
essentiellement travaillé avec, à l’esprit, l’obligation de renvoyer
régulièrement l’ascenseur à leurs parrains politiques. Le mode de
désignation du président du Bureau de la CENI n’ayant pas changé, la
bible ne pourrait pas empêcher leur successeur d’être au service des
individus, au détriment des intérêts du souverain primaire.
Tension suspecte autour des postes
Depuis qu’il a été demandé aux différentes composantes et
sous-composantes habilitées à présenter des candidats aux 13 postes du
Bureau de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), il
s’observe une tension suspecte dans les milieux aussi bien politiques,
religieux que de la Société Civile. Qu’il s’agisse du choix des
délégués des groupes parlementaires, des confessions religieuses que
de ceux des organisations féminines ou de la Société Civile, l’on a
assisté à des arbitrages déchirants, parfois de nature à faire couler
le sang.
D’aucuns pensent que l’enrichissement rapide d’anciens membres de la
CEI (Commission Electorale Indépendantes) pilotée par l’abbé
Apollinaire Malumalu et de la CENI (Commission Electorale Nationale
Indépendante), version Daniel Ngoy Mulunda, a fait beaucoup d’émules
aux quatre coins de la République. Le rêve de sortir millionnaire
après cinq ans de service au sein du « pouvoir organisateur des
élections » fait tourner la tête aux prétendants aux postes.
Il est fort dommage que la CENI soit désormais perçue non pas comme
une institution investie de la lourde et délicate mission de booster
la démocratie naissante en République Démocratique du Congo mais
plutôt comme une structure d’acquisition des gains faciles.
KIMP

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