Témoignages : le courage et l’amour du prochain ont marqué Chebeya

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La Seconde Journée de commémoration du premier anniversaire du double assassinat de Floribert Chebeya et de son chauffeur, Fidèle Bazana s’est déroulée hier jeudi, 02 juin 2011, dans la  grande salle des conférences de la Paroisse Notre  Dame de Fatima, dans la commune de la Gombe. Plusieurs témoignages ont été faits à cette occasion par les proches des disparus. Cela s’explique par le simple fait que Floribert Chebeya les a marqués par son courage, son amour du prochain et son travail. Trois traits de son caractère qui l’ont propulsé à la tête du mouvement associatif congolais, voire africain.

Prenant la parole pour présenter la personnalité de Floribert Chebeya, Mme Adélaïde Tshibalonza, sœur ainée du défunt, a reconnu que c’est bien elle qui avait amené son jeune frère ici dans la capitale où, après l’Institut du Kasaï, où il a eu son diplôme d’Etat. Il est entré  à l’ISC/Gombe pour faire des études économiques. Depuis ce temps-là, elle a avoué avoir constaté un courage hors pair dans le chef de son jeune frère.

Ce courage s’est singulièrement manifesté à Bukavu, alors qu’il était venu rendre visite à sa famille, en compagnie d’un autre membre de la Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV). Alors qu’on entendait des crépitements des balles toute la nuit à travers la ville et que tout  le monde se terrait, couché par terre ; elle a été frappée par le comportement de Floribert qui, le matin, s’était habillé et avait  invité son ami à le suivre à travers la ville de Bukavu. Elle était paniquée de voir son jeune frère, fraîchement venu de Kinshasa, vouloir affronter les dangers de la ville, alors que ses habitants se cloitraient chez eux.

A la question de savoir où il partait, il a répondu qu’il n’aimait jamais écrire sur ce qu’il n’a pas vérifié. A son retour à la maison, le soir, il a raconté ce qui s’était produit alors qu’eux, les résidents, avaient peur. Il a répondu à sa grande sœurque s’il prenait peur, ceux qu’il devait aider risquaient de manquer le secours. Un autre témoignage a été fait par un confrère de l’audio-visuel, Raimond. Chebeya l’avait encadré dans la production d’un documentaire sur les peuples autochtones pygmées. Car il préparait dans le cadre de la VSV, une loi pour la reconnaissance des droits du peuple autochtone. Durant tout son exposé, le confrère a mentionné la forte capacité de travail de Chebeya, qui pouvait travailler des heures sans se lasser, la forte personnalité, doublée d’un amour pour tous ceux qui sont victimes des injustices et des violations de leurs droits, et la volonté d’affronter des nouveaux défis pour faire reculer, tant soit peu, les frontières de l’arbitraire. Raimond a affirmé avoir trouvé en cet homme l’amour d’un travail bien fait, non pour soi, mais pour les autres. Cela, dit-il, l’a marqué jusqu’à ce jour et c’est ainsi qu’il n’ose pas rater une seule cérémonie organisée en sa mémoire.

Pour la VSV comme pour beaucoup d’autres, F. Chebeya fut un vrai Père

Dolly Ibefo, directeur exécutif de la VSV et son adjoint, Rostin Manketa, ont aussi témoigné. Les deux témoignages étaient poignants. Pour eux, Chebeya était devenu un père, au vrai sens du terme. Dolly témoigne qu’il quittait chez lui le matin pour venir au bureau de la VSV et travailler jusque tard, 21h ou 22h avec Chebeya. En pratique, il passait plus de temps avec Chebeya et maintenant, il dit pleurer dans son bureau chaque fois qu’il regarde, accrochée au mur, la photo de son illustre prédécesseur. En fait, dans plusieurs circonstances, Chebeya l’a orienté et fortifié en lui les aptitudes de défenseur des droits humains. Rostin, par contre, se souvient d’un voyage de travail à Paris à la fin duquel,il devait rentrer à Kinshasa et Chebeya poursuivre le travail sur Bruxelles. Au moment de la séparation, Chebeya l’a embrassé chaleureusement et ils ont tous pleuré à cause de la douleur de la séparation. Chebeysa aimait réellement ses collaborateurs et faisait tout pour leur montrer le travail et les promouvoir.

Le chef de la délégation venue de Brazzaville pour commémorer ce 1er anniversaire a, dans son témoignage, avoué que Chebeya est à l’origine de la création de leur organisation. Il les a soutenus, même avec son propre argent pour que les Droits de l’Homme rayonnent en Afrique. Pour  eux aussi, il faisait figure d’un père.

SAKAZ  

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