Télécoms en RDC : les observations du SG de l’UIT ignorées

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touréHamadoun Touré, Secrétaire général de l’UIT (Union Internationale des Télécommunications), a séjourné dernièrement à Kinshasa, à l’invitation du ministre des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication. L’on a retenu un certain nombre de choses de la part d’une des têtes pensantes de l’institution mondiale de régulation du secteur des télécommunications.

            Les observateurs ont noté, entre autres recommandations, que l’Etat ne devrait pas interférer dans la fixation des tarifs des communications. Cette matière devrait être laissée au libre arbitrage des opérateurs des télécommunications. L’autre idée-force lâchée par Hamadoun Touré est que l’interconnexion est obligatoire entre opérateurs des télécommunications. Jusqu’à preuve du contraire, cette règle du jeu ne devrait souffrir d’aucune restriction.

S’agissant du principe du « prix plancher » instauré par l’ARPTC (Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications au Congo), le Secrétaire général de l’UIT l’a qualifié d’illégal et contraire à la concurrence.

En clair, Hamadoun Touré considère le régulateur, en l’occurrence l’ARPTC sur le territoire national congolais, comme un catalyseur, dont la mission principale est de protéger les intérêts des consommateurs, en faisant en sorte que des opérateurs de télécommunications ne s’érigent pas en lobby chargé de les saigner à blanc. Dans l’esprit de l’UIT, les tarifs des communications devraient répondre au principe du libéralisme, de la compétitivité, de manière que les consommateurs puissent bénéficier des services de très haute qualité, à des coûts réduits.

L’objectif visé est de ne pas transformer les télécommunications en produits de luxe, dont l’accès serait interdit aux familles et ménages modestes en République Démocratique du Congo.

Pour ce qui est de l’interconnexion, son caractère obligatoire vise à placer les consommateurs devant l’embarras du choix du réseau qu’ils pensent répondre le mieux à leurs aspirations, au double plan de la qualité et des coûts des communications.

            Alors que les observations pertinentes du Secrétaire général de l’UIT devaient inaugurer une nouvelle façon de réguler les télécommunications en République Démocratique du Congo, de nombreux consommateurs sont déçus de constater que le statu quo ante persiste. Car, non seulement l’Etat continue de se comporter en fixateur des prix des communications, à travers l’ARPTC, mais en plus, l’interconnexion entre opérateurs des télécommunications n’est toujours pas obligatoire.

            Par ailleurs, le fameux prix plancher des communications téléphoniques est toujours en vigueur, faisant du consommateur congolais le grand perdant sur le marché des services de télécommunications.

Tous les regards restent tournés vers le gouvernement Matata afin qu’un sévère rappel à l’ordre soit fait à l’ARPTC et aux opérateurs des télécommunications hostiles aux normes édictées par l’Union Internationale des Télécommunications. Car, il n’est pas normal qu’après les mises au point d’Hamadoun Touré, qui sont encore fraîches dans les mémoires, rien ne puisse bouger dans le sens du changement positif.

            D’aucuns pensent que la République Démocratique du Congo, membre à part entière de l’UIT, n’a aucune raison d’évoluer en marge d’une organisation mue par le souci de favoriser une exploitation harmonieuses des services des télécommunications à l’échelle planétaire.

                        Myriam Iragi

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