TBC : des scientifiques  échangent  sur les avancées en RD Congo

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A l’initiative du Programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT) et des partenaires qui œuvrent dans la lutte contre la tuberculose en République  Démocratique  du Congo(RDC), une  matinée  scientifique a été organisée le vendredi 23 mars 2018, à l’auditorium  du Fleuve Congo Hôtel, à Gombe.

          En prélude à la commémoration de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose (JMS), cette matinée scientifique a  eu comme thème : « Les avancées scientifiques et la réponse nationale  pour mettre fin à la tuberculose en République démocratique  du Congo ».

 

Plusieurs invités de marque ont rehaussé de leur présence, cette rencontre, dont notamment : le Secrétaire général à la Santé publique, Dr Lukombe Emmanuel, le Représentant  de l’OMS en RDC, Dr Allarangar  Yokuidé,  ainsi que le directeur national du PNLT, Dr Kaswa Michel.

Hormis les hôtes, signalons la présence aussi des directeurs des programmes spécialisés du ministère de la Santé publique, des professeurs d’universités, des médecins, etc.

Intervenant dans son mot d’ouverture, le  SG à la Santé, Dr Lukombe Emmanuel, a indiqué que conformément à la déclaration de Moscou consacrant la tuberculose comme une urgence mondiale, la création d’un conseil national multisectoriel  de lutte contre la tuberculose (CNMLT), est d’ores et déjà envisagée.

A en croire le SG, l’élimination de la tuberculose comme problème de santé publique, ne devrait pas être l’apanage du ministère de la Santé publique, mais aussi d’autres ministères tels que Plan, Budget, Finances, Affaires sociales, Travail et Prévoyance Sociale, en vue d’éradiquer  la tuberculose.

Pour le SG, la création du CNMLT vise entre autres objectifs, de fédérer les énergies et les interventions de tous les secteurs nationaux,  en vue d’éliminer la tuberculose comme problème de santé publique à l’horizon 2030.

Eu égard à cela, un programme national multisectoriel sera mis en chantier avec comme mission de mettre en œuvre la politique nationale multisectorielle de lutte contre la tuberculose. Et d’ajouter que ces journées rejoignent  ainsi  la troisième stratégie «END TB » qui vise à mettre fin à la tuberculose pendant la période 2016-2035.

Pour sa part, Dr Kaswa Michel, a au nom du PNLT, rappelé que cette deuxième journée scientique était placée sous la coordination du ministère de la Santé publique de la RDC, avant de relever qu’à ce jour, le PNLT est confronté à des nouveaux défis dont les principaux sont :       la connaissance réelle de l’ampleur de l’épidémie de la tuberculose en RDC, puisque selon les estimations faites par l’OMS, 50% des cas de TB manquent à l’appel. Il y a aussi les cas liés à la tuberculose pharmaco-résistante 70% qui ne sont pas encore diagnostiqués jusqu’à ce jour. Le troisième défi est lié à la coïnfection  TB-VIH. L’accès au service, la disponibilité  des intrants fait en sorte que ces deux maladies jumelles ne sont pas encore prises en charge au même moment.

Par ailleurs, il sied de signaler qu’au cours de cette matinée scientifique, les participants ont eu le privilège de suivre tour à tour des exposés. C’est le cas de l’intervention du directeur national du PNLT qui s’est appesanti sur la politique nationale  de lutte contre la TBC en RDC.

Il  a expliqué que son programme a pour mission de concevoir, de  fournir des orientations, de  contrôler le réseau d’approvisionnement en médicaments et d’organiser la recherche opérationnelle selon les orientations  de la  tutelle.

Parlant des  stratégies, Dr Kaswa a dressé le tableau ci-après :

de 1994-2005 : DOTS

de 2006-2015 : Halte à la tuberculose

de 2016-2035 : End TB ou mettre fin à la tuberculose qui a comme focus l’intensification de la recherche et de l’innovation.

Abordant le point relatif aux  indicateurs pour la notification  TBC, Dr Michel a  précisé que pour la dernière année, 151.832 cas ont été enregistrés, avec 89 % de succès thérapeutique. Néanmoins, il a précisé que d’ici 3 ans, des efforts devraient être fournis pour atteindre 95 %. Car, le pays est placé au 9ème rang mondial et 2ème rang en Afrique.

Parlant de la co-infection TB-VIH, Dr  Kaswa a révélé qu’à ce jour, 5 provinces hot spot sont concernées par cette situation, à savoir Kinshasa, Kasaï Oriental, Haut Katanga, Kongo Central et Nord-Kivu, avant de souligner que la RDC se classe à la 8ème place en Afrique.

Il  a conclu que  pour bien mener une lutte, il faut des moyens financiers conséquents, une couverture élargie en soins de qualité et des politiques  plus audacieuses.

 Melba  Muzola