Taxes illégales : Matata sonne la révolte !

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Le Premier ministre honoraire, Augustin Matata Ponyo, en séjour à
Kindu, dans la province du Maniema, a fait enlever toutes les
barrières routières y dressées par des agents de la DGRMA (Direction
Générale des Recettes du Maniema), en vue du recouvrement forcé des
taxes fiscales, administratives et autres. L’ancien chef du
gouvernement de 2012 à 2016 a estimé qu’il s’agissait là, en réalité,
de tracasseries administratives visant à rançonner automobilistes et
taxi-motos et engraisser leurs commanditaires, au premier rang
desquels il a cité le gouverneur de cette province, Jérôme Bikenge
Musimbi. L’homme à la cravate rouge a justifié son action par le
caractère illégal des taxes que l’autorité provinciale crée de toutes
pièces et la non traçabilité des recettes qu’il prétend percevoir pour
financer des projets de développement de la province.

Le gouverneur de province est naturellement entré dans une grande
agitation, et a réuni d’urgence le Conseil provincial de sécurité pour
condamner cet acte de « rébellion ». Un message alarmant a été envoyé
au Vice-Premier ministre de l’Intérieur afin que celui-ci prenne des
mesures requises contre Matata.
Mais l’on a appris, aux dernières nouvelles, que les fameuses
barrières ont disparu des principales artères de Kindu, au grand
soulagement des exploitants du transporte en commun et autres usagers
de la route. La victoire de Matata sur l’autorité provinciale du
Maniema est perçue par les observateurs comme un acte civique de
vigilance qui mérite d’être relayé dans d’autres provinces, où les
autorités administratives se sont précipitées à créer des « régies
financières » sans fondement légal, alors que la DGI (Direction
Générale des Impôts) et la DGRAD (Direction des Recettes
Administratives, Domaniales et de Participation) y disposent
d’antennes provinciales pour la collecte et, le cas échéant, le
recouvrement forcé des recettes fiscales et autres.
Même si l’ancien Premier ministre a péché par la forme, en faisant
évacuer les barrières routières de force, sans se référer aux
autorités compétentes, il aura au moins eu le mérite d’avoir agi dans
le sens des desiderata des populations du Maniema, plus que jamais
fatiguées d’être saignées à blanc par des gouvernants qui se
remplissent les poches au détriment des intérêts de la collectivité.
La pratique des barrières illégales dénoncée et cassée par Matata est
courante dans toutes les provinces de la République, où le coulage des
recettes publiques permet à une poignée de profiteurs de vivres dans
l’opulence, pendant que la multitude croupit dans la misère noire.
Et il s’observe, un peu partout aux quatre coins de la République,
des opérations suspectes de collecte des fonds de campagne électorale
par des autorités provinciales et locales candidates à la députation
nationale ou provinciale, sous prétexte de recouvrement des taxes
publiques. Face à ces gouverneurs, vice-gouverneurs, maires,
administrateurs de territoires et chefs de secteurs transformés en «
marchands » de vignettes, impôts et autres taxes administratives, la
réponse appropriée est le refus de pays, comme l’a fait Augustin
Matata, chaleureusement applaudi par les masses laborieuses du
Maniema.
Kimp