Taux de change : la BCC déserre l’étreinte

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Le dispositif de la politique monétaire en RDC connaîtra dans les prochains jours une nouvelle phase d’assouplissement. Ainsi, l’on ne sera donc pas étonné de voir le taux directeur de la BCC qui est actuellement de 29,5 % baisser à 22 % et moins encore, tandis que le coefficient de la réserve obligatoire maintenu à 7 %. Telle est la principale palette des mesures décidées hier à la Banque centrale du Congo, par le Comité de politique monétaire élargi qui a siégé dans le cadre de sa 8 ème réunion ordinaire, sous la direction du gouverneur Jean-Claude Masangu, son président.

Concernant la politique de change, le CPM a fait une grande recommandation à la BCC, celle d’engager une politique proactive en vue de conforter les réserves internationales qui comme on le sait, garantissent une marge de manœuvre pour les importations de la RDC.

            Le sourire qu’affichaient tous les membres du Comité de politique, au sortir de cette rencontre, peut se justifier par le fait qu’ils ont noté avec grande satisfaction, la poursuite de la stabilisation sur les principaux marchés, ainsi que l’amélioration du cadre de gestion des politiques budgétaire et monétaire.

En effet, au regard de l’évolution de la conjoncture au 9 août 2010, ils ont relevé les développements suivants.

         D’abord, sur le plan des biens et services, ce marché est demeuré stable avec une moyenne d’inflation de 0,02 % en rythme hebdomadaire, au cours de sept dernières semaines prises sous examen. Cette évolution, aux yeux de ces techniciens, établit l’inflation cumulée à 4,65 %. Aussi en ont-ils conclu que le maintien de cette tendance permettrait à coup sûr de clôturer l’année 2010 avec un taux d’inflation de 7,92 % contre un objectif du Programme économique du gouvernement II de 15 %.

         Les membres du Comité de politique monétaire se sont également réjouis de constater que sur le marché des changes, il se dégage des faibles fluctuations des taux sur tous les segments du marché au 9 août 2010, avec une tendance à l’appréciation sur les marchés interbancaire avec 0,04 % et parallèle avec 0,16 %. Toutefois, ils ont déploré une légère dépréciation de l’ordre de 0,85 % sur le marché libre.

         Il a été observé sur le marché monétaire, une augmentation tendancielle des taux d’intérêt réels, justifiée croit-on savoir, par le recul continue de l’inflation. Et au cours de la même période, l’on a noté également que la marge de positivité du taux directeur s’est établie à 21,6 points contre 21,10 points deux semaines plus tôt.

         Explication convaincante fournie par le président du Comité de politique monétaire élargi, Jean-Claude Masangu, au cours du point de presse, toutes ces évolutions tiennent essentiellement à la poursuite des politiques budgétaire et monétaire prudentes, ainsi qu’au renforcement du cadre global de coordination des politiques macro-économiques. D’où le Comité de politique monétaire a recommandé en outre, au gouvernement, la poursuite de l’effort de coordination en vue, d’une part, de garantir la pérennisation de la stabilité macro-économique, de maîtriser les anticipations des agents économiques, et d’autre part, de soutenir la reprise économique.

         A la question de savoir s’il n’émettait pas de crainte de voir la baisse du taux directeur provoquer une baisse de l’attractivité des billets de trésorerie, ainsi qu’un report de la demande des BTR vers les devises avec risque d’induire des tensions sur le taux de change, le président du Comité de politique monétaire se veut rassurant. A la fin du mois de juillet, les instruments de politique monétaire ont permis de stériliser 33,9 milliards de FC, principalement via les BTR avec 27,6 milliards de FC et les recouvrements de refinancement avec 10 milliards de FC. Ce sont là des ponctions importantes représentant un effort qui doit être maintenu. Quant à la réserve obligatoire, elle a été marquée par une injection de 3,7 milliards de FC requise pour compenser les ponctions réalisées via les facteurs autonomes et institutionnels de la liquidité. La Banque centrale tient ainsi à sauvegarder l’équilibre. 

J.R.T.

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