Tarifs préférentiels : 17 millions USD  échappent à la Snel ! 

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La réception, hier mercredi 29 décembre 2010, de nouveaux transformateurs de la Snel par le ministre de l’Energie, Gilbert Tshiongo, a permis à son homologue de l’Economie, Jean-Marie Bulambo Kilosho, invité à cet événement, d’éclairer l’opinion sur le « bouillant » dossier des « tarifs préférentiels ».
 
            D’entrée de jeu, le ministre a reconnu être « accueilli », au siège de la Snel, par des banderoles dénonçant les privilèges accordés à certaines entreprises de s’acquitter des produits électriques à un prix sélectif. Parmi les bénéficiaires, il y a des sociétés brassicoles (Bracongo, Bralima, Brasimba etc.), des entreprises de transformation telles que Marsavco.  Néanmoins, il s’est réjoui de voir cette société s’améliorer grâce à la qualité de ses services. Ce que la Snel produit, précise-t-il, est aussi une matière première pour d’autres industries. D’où, l’importance d’une synergie entre les différentes industries du pays pour l’émergence de la production et par ricochet la croissance économique. Toutefois, souligne Jean-Marie Bulambo, ce n’est pas lui le ministre qui a inventé le « tarif préférentiel » mais c’est le fruit d’un compromis entre la Snel et ses clients. C’est quand il y a eu mésentente entre eux qu’ils ont remonté vers le ministère de l’Economie nationale pour arbitrage. « Nous n’avons pas mis un projet quelconque de ce tarif préférentiel entre la Snel et ses clients. Nous les avons mis dans une commission où la Snel est membre, participant à part entière à ces travaux qui ont débouché sur ces tarifs qui doivent être d’application… » a lâché le ministre de l’Economie, précisant toutefois que s’il y a nécessité d’améliorer, il va s’adresser  aux  autres membres du gouvernement pour soutenir la Snel. Quant aux 17 millions de dollars qui échappent chaque année à la société d’électricité à cause de ce tarif, le ministre a reconnu que c’est le prix à payer pour favoriser la paix sociale dans les milieux entreprenariaux. « Nous ne voulons pas du malheur de la Snel ! Que représentent 17 millions USD par rapport à ce que cela provoque comme émulation sur l’ensemble de l’industrie du pays ? Rien. Il faut savoir investir si nous voulons gagner demain… » a conclu le ministre Bulambo.
            S’inscrivant totalement en faux contre les propos du ministre, la délégation syndicale de la Snel les a  rejetés en bloc. Selon son président national, Eric Ngoy Kayombo, ce tarif a été négocié « sans la Snel » et attribué à des sociétés de manière abusive. « Si le ministre ne fait pas attention, la Snel risque de se retrouver par terre. Nous avons d’énormes difficultés pour payer les agents, pendant que nous perdons chaque mois 2 millions USD et si ça continue comme ça, nous irons en grève dès le 5 janvier prochain… », a-t-il lâché.
 

Tshieke Bukasa

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