SVP, restituez-nous le marché central de Kinshasa !

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Le Grand marché de Kinshasa n’est plus que l’ombre du grand centre commercial qu’il fut dans les années’70. En toute personne qui débarque aujourd’hui dans la capitale congolaise n’en croit pas ses yeux. Le contraste est si frappant que l’on se crorait dans une autre ville que Kin la Belle que l’on avait connue il y a plus de vingt ans. Le Marché central qui, jadis, était un lieu touristique visité non seulement par des personnalités politiques de haut rang en provenance de l’étranger mais aussi les habitants de la capitale qui y effectuaient des visites le dimanche et certains jours fériés.

Que des fois, n’a-t-on pas vu le Président Mobutu y conduire ses hôtes de marque pour visiter ces lieux et finir par signer dans le Livre d’Or. Il en était de même pour des vedettes internationales, tels feu James Brown, les boxeurs Muhammad Ali et Georges Foreman, la plupart des épouses des chefs d’Etat accompagnant leurs maris en visite officielle à Kinshasa, des Reines de Belgique, Pays-Bas, Espagne, bref d’éminentes personnalités du monde politique, universitaire, scientifique, sportif, culturel et des affaires. Ce lieu touristique qui a perdu toute son attraction d’antan car envahi par des constructions anarchiques tant en son sein qu’aux alentours.

Le marché central de Kinshasa était cité parmi les principaux sites touristiques de la ville au même titre que le Zoo, la Place des Artistes juste en face de la Gare Centrale, le Jardin Botanique, le Musée et le Zoo du Mont Ngaliema, la Route des Caravanes, le Quartier Matonge, la Cité de Nsele, etc.

A ce jour, ce marché central est méconnaissable. Des maisons de commerce ont envahi ces lieux et curieusement elles sont érigées juste à côté des pavillons principaux qui faisaient sa fierté et sa grandeur. Ces grands pavillons sont encombrés par des étalages des marchands de divers  produits et objets qui ne se gênent pas d’envahir les ruelles créant ainsi des embouteillages monstres pour les acheteurs. A l’époque, l’on pouvait accéder au marché central par voiture, moto et vélo sans pour autant déranger la circulation des piétons. De même, ce sont des camions qui y pénétraient pour alimenter les différents pavillons en produits et autres vivres destinés à la vente.

Toutes les rues sont encombrées par des petits vendeurs tant à la criée que ceux qui y ont érigé des étalages à même le sol. Le nombre très élevé des vendeurs à la criée et autres est à la base de l’insalubrité caractérisée par des montagnes d’immondices. Cela, du fait que l’administration de ces lieux semble dépassée et ne dispose pas d’infrastructures adéquates pour maintenir la propreté. En outre, l’insalubrité ambiante est à l’origine des odeurs nauséabondes et piquantes ainsi que des maladies qui affectent tant les vendeurs que ceux qui fréquentent ces lieux. La présence des montagnes d’immondices a eu d’autres conséquences fâcheuses, notamment le bouchage des caniveaux et des égouts d’évacuation des eaux ménagères et des pluies. On rapporte qu’il existe dans le sous-sol de ce grand marché des grandes et larges canalisations conduisant vers le fleuve Congo pour évacuer ces eaux ménagères et des pluies très fréquentes à Kinshasa sur une période de neuf mois sur douze par an. Tout est bouché à ce jour par faute des matériels de travail, tels les engins de génie civil, notamment des excavateurs, des grues, des véhicules d’hygiène, etc.

Constructions anarchiques  

 A ce jour, l’opinion voudrait connaitre qui a autorisé ces constructions des maisons de commerce en plein marché central, détruisant la beauté et la splendeur de ces lieux jadis reconnus comme l’un des sites touristiques de la capitale ? On est en face des constructions anarchiques car violant le plan cadastral tel que planifié par l’autorité administrative et politique dès l’érection de ces lieux. Que faut-il faire alors ? Gouverner, c’est prévoir ! L’autorité serait bien inspirée en procédant à la construction des marchés de ce niveau à travers certaines communes pour désengorger le grand marché central.

Dans certaines mégapoles, il existe des centres commerciaux pouvant s’étendre sur une superficie de l’ordre de dix à quinze hectares où l’on peut accéder en véhicule de tourisme, par train, vélo et à pied pour faire des achats. C’est le cas du Grand Bazar à Istanbul en Turquie qui est d’ailleurs fort fréquenté à ce jour par de nombreux commerçants kinois. On y trouve une série d’ateliers mécaniques pour la transformation des produits vivriers, des textiles, de fabrication des meubles, des appareils électroménagers, de la maroquinerie, etc. C’est de cette manière que l’on peut nous restituer ce grand marché central dans sa forme d’antan.

                                   F.M.