Suite aux tergiversations onusiennes et congolaises : le M23 est sorti du coma

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congorebelsDepuis pratiquement la mi-juillet 2013, les FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) ne donnent plus de leurs nouvelles sur le front du Nord-Kivu. Créditées pourtant d’une supériorité militaire indiscutable sur les rebelles du M23, les troupes gouvernementales semblent avoir stoppé leur offensive, pour des raisons inexpliquées. Par conséquent, la panique qui s’était emparée du camp ennemi et de ses parrains ougando-rwandais, qui accusaient la Monusco et les FDLR de faire le jeu de l’armée congolaise, a de nouveau changé de camp. Inquiètes, les populations du Nord-Kivu ne cessent de pointer un doigt accusateur en direction des Nations Unies.

Suite aux tergiversations des troupes congolaises, qui donnent l’impression d’observer une trêve non écrite, et de celles de la Monusco, qui n’est pas passée aux actes après l’expiration, le jeudi 1er août, de l’ultimatum qu’elle venait de lancer au M23 48 heures plus tôt, cette « force négative » est sortie de son coma. Fragilisé sérieusement après les frappes aériennes et terrestres des FARDC, doublées des défections massives de ses éléments congolais, ce mouvement rebelle était sur le point de rendre l’âme.

On croit savoir que le M23 a eu le temps de reconstituer sa puissance de feu et de recevoir des renforts en hommes parce qu’il n’a jamais été attaqué par les FARDC ni traqué par la Brigade d’Intervention des Nations Unies dans les territoires qu’il contrôle. Par ailleurs, la limitation de la fameuse « zone de sécurité » à un couloir de 20 kilomètres dans le secteur Nord de Goma laisse à cette rébellion, le loisir de planifier tranquillement ses attaques sur cette ville.

A ce jour, le M23 est tellement sûr de son arsenal militaire et certainement des complicités internes congolaises qu’il se permet de menacer de marcher sur le chef-lieu du Nord-Kivu, en dépit de la présence, sur le terrain, des FARDC et des troupes onusiennes. Que le colonel Makenga Sultani et ses hommes en arrivent à narguer une armée nationale et une force internationale signifie qu’ils ont suffisamment pesé et soupesé les défauts de la cuirasse adverse.

Le retour en force du M23 appelle des interrogations. Les Congolais voudraient savoir pourquoi la Monusco n’a pas mis à exécution son dernier ultimatum. Ils aimeraient aussi être éclairés sur la déclaration du Secrétaire Général des Nations Unies lors du dernier Sommet extraordinaire de la CIRGL (Conférence Internationale sur la Région des Grands), dans laquelle il rappelait à Kinshasa et au M23 qu’ils devaient finaliser rapidement les négociations de Kampala. Il y a aussi cette curieuse situation qui fait que cette rébellion reproche toujours au gouvernement congolais de ne pas respecter ses engagements, alors qu’elle-même n’a jamais tenu parole depuis le nébuleux CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple) ni dans l’application du cessez-le-feu, ni dans les opérations de brassage-mixage, encore moins dans la réunification administrative et territoriale.

De l’Accord du 23 mars 2009 à la Résolution 2098, en passant par l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, Kinshasa est toujours le dindon de la farce. Le gouvernement congolais a déjà beaucoup donné au M23 et à ses sponsors, pour ne recevoir en retour que trahison sur toute la ligne.

M23 : «force négatve ou partenaire de Kinshasa et de la Monusco? L’équivoque mérite d’être levée».

                                   Kimp

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