Sud-Soudanais : similitude troublante avec les FDLR

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Par quelle magie des dizaines des milliers d’hommes en armes, des femmes et des enfants se sont-ils retrouvés dans le parc national de Garamba, dans la province du Haut Uélé ? Selon des sources officielles, ils ont été défaits par des éléments de l’armée régulière du Sud-Soudan et ont accompagné leur chef, Riek Machar, en exil en RDC. Etant donné que le régime de Kampala entretient de bons rapports avec Salva Kïr, leur ennemi mortel, ces hommes, femmes et enfants ont été identifiés comme des partisans du chef rebelle Riek Machar, ancien vice-président de la République du Sud-Soudan, qui sont parvenus à s’enfuir de Juba, la capitale de ce nouvel Etat, lors des accrochages armés entre ses troupes et celles de son rival, Salva Kïr, président de la République.

Selon des sources gouvernementales, ce sont des éléments de la Monusco qui les ont recueillis avant de les placer en sécurité dans des camps des réfugiés. Mais où ? Personne ne sait les situer sur la carte, a-t-on appris des sources officieuses.

De prime abord, cette opération menée par la force onusienne en RDC apparait comme  bénéfique pour des populations en détresse. Mais alors, l’on se pose la question de savoir si les éléments de la force onusienne se sont donné la peine de les identifier avant de
transmettre un rapport aux autorités politiques et administratives compétentes en vue de leur trouver un site plus accueillant et situé à plus de 120 kms de la frontière de leur pays d’origine, conformément aux dispositions de la Convention de Genève sur les réfugiés.

En attendant, quelles sont les dispositions sécuritaires prises pour que demain, ces éléments qui trimbalent une réputation de guerriers depuis des dizaines d’années ne s’échappent pas de leurs campements pour aller commettre des actes criminels dans leur pays d’origine?
D’autant que cette région est infestée des milices locales très aguerries et maitrisant les coins et les recoins de cette vaste et riche contrée où le sang des humains coule par tonnes depuis des dizaines d’années. C’est dans ce territoire fort convoité que pullulent des éléments des forces armées irrégulières provenant de deux Etats voisins de l’Est pour s’adonner à l’exploitation du bois rare et des matières précieuses. Si rien n’est fait, ces mêmes éléments vont s’échapper du contrôle des autorités politiques, administratives et sécuritaires locales pour se livrer aux pillages,
destructions méchantes et tueries à l’instar des autres. Cela, pour
survivre et se faire des fortunes sur le dos et le sang des
populations autochtones.
L’arrivée sur le territoire congolais de ces éléments sud-soudanais
rappelle l’épisode tragique des réfugiés hutu rwandais en 1994 qui, en
quelques mois, se sont répandus à travers quatre provinces, notamment
le Sud et le Nord Kivu, la Province Orientale, le Maniema et plus tard
l’Equateur. Ils y sont restés jusqu’aujourd’hui, s’adonnant aux
massacres, viols massifs, destructions méchantes et déplacements
forcés des populations locales, sous les yeux et les oreilles des
autorités politiques et administratives ainsi que de la force
onusienne.

Le mutisme des autorités de Kinshasa

On rappelle qu’au départ, malgré les multiples protestations émises
par les populations locales, les Ong nationales de défense des droits
de l’homme et les chefs coutumiers de ces provinces demandant
l’identification de ces éléments étrangers et leur délocalisation des
frontières avec leur pays d’origine, il s’est avéré que les autorités
politiques de l’ex-Zaïre avaient leur petite idée de cette question
douloureuse.
Bon nombre d’entre elles avaient trouvé dans cette tragédie humaine
une source d’enrichissement sans cause mais fructueux. A savoir le
trafic d’armes et munitions de guerre que les rescapés de l’ex-armée
régulière rwandaise avaient ramenées avec eux. Par la magie des
opérations retour, ces armes et munitions furent vendues aux rebelles
de l’UNITA de feu Jonas Savimbi et cela par le biais d’un marché de
troc : diamant contre armes et munitions. De nombreuses navettes
aériennes entre Goma et autres aérodromes de ces quatre provinces
servirent à alimenter les bases logistiques sécrètes de l’UNITA.
Par ailleurs, c’est grâce à des confidences d’hommes du sérail du
pouvoir de l’époque que l’on apprit que feu Mobutu se préparait à
utiliser ces réfugiés hutu rwandais comme ses futurs électeurs, en
prévision des élections générales attendues à la fin de la longue
période de transition déclenchée au lendemain de la Conférence
Nationale Souveraine de 1990-92. Plus tard, ces mêmes réfugiés hutu
rwandais vont s’emparer d’importantes mines des matières précieuses
pour leur propre compte et plus tard celui des apparatchiks du Front
Patriotique Rwandais au pouvoir à Kigali.
Il en fut de même pour les autres mouvements rebelles étrangers,
notamment les Ougandais, les Burundais. Voilà que des hommes en armes
ayant bénéficié d’une formation militaire et ayant combattu durant des
années contre l’armée régulière soudanaise débarquent dans la Province
Orientale. Il y a gros à parier que ces rebelles sud-soudanais vont
emboîter le pas à leurs homologues hutu rwandais avec la bénédiction
des autorités de leur pays d’origine qui y trouveraient une nouvelle
source d’enrichissement illicite et sans cause.
F.M.