Sud-Kivu : l’opération « Protection Shield » provoque des vagues de déplacements

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Une opération baptisée « Protection Shield » (Bouclier de protection) a été lancée, depuis le 12 novembre 2010 par la Mission de l’Onu pour la stabilisation de la RDC(Monusco) dans les zones de Minembwe, de Fizi et d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu. D’après le lieutenant-colonel Amadou Gueye, porte-parole militaire de la Mission, l’opération fait suite à l’augmentation observée des activités d’un certain nombre de groupes armés, dont les FRF et les FDLR qui harcèlent la population locale, les organisations humanitaires et ont même affronté les Forces armées de la RDC(Fardc). 

Démarche à trois volets engageant des forces terrestres, aériennes et spéciales, composées de troupes issues de plusieurs contingents nationaux des pays contributeurs onusiens, « Protection Shield » fait intervenir également des patrouilles actives sur le lac Tanganyika pour empêcher que les voies navigables de l’Est ne servent au ravitaillement des groupes armés dont le Front National de Libération ( FNL) du Burundi. 

«  Au total 900 soldats dont les forces spéciales participent à cette opération dont l’objectif est de neutraliser les groupes armés et de renforcer la sécurité pour la population » fait-on noter dans un communiqué de presse de la Monusco du 23 novembre dernier. D’ores et déjà, face à la préoccupation de la presse, invitée hier au point de presse hebdomadaire au Quartier général de la Monusco, de connaître le sens réel du verbe « neutraliser », le porte-parole militaire a répondu qu’il s’agit d’empêcher les combattants d’être actifs et de protéger les civils. A terme, la Monusco estime que « Protection Shield »devrait permettre de créer les conditions favorables au retour des personnes déplacées, de renforcer la confiance mutuelle avec les autorités gouvernementales et les FARDC et de prévenir l’infiltration et le ravitaillement des groupes armés à partir du lac Tanganyika.

            Cependant, mercredi déjà les humanitaires, à travers le Bureau de coordination des affaires humanitaires des affaires humanitaires des Nations Unies en RDC, ont tiré la sonnette d’alarme face aux déplacements de populations provoqués par ces opérations militaires en cours et des attaques des groupes armés contre certains villages. Des vagues de déplacements sont signalés en provenance des localités de Kirumba et se dirigeant vers Bijombo suite aux affrontements depuis le 13 novembre entre l’armée nationale et un groupe armé à Kirumba et autour de la forêt de Bijabo, à la limite des territoires de Fizi et d’Uvira. Subséquemment, la société civile et des partenaires humanitaires dénoncent des abus contre la population civile. Au sud du territoire de Shabunda, les déplacements sont causés par des attaques et des pillages contre une douzaine de villages du groupement d’Ikama Kasanza. Les populations fuient, selon les Ong locales, vers le territoire de Mwenga. 

            Par ailleurs, à Kimbi-Lulenge, situé dans le territoire de Fizi, un regain d’activisme des FDLR est signalé. Les organisations locales rapportent des pillages, viols et vols des populations locales dans les localités de Kisanya, Luchingo, Mukolochi et Sanga. Aussi, la situation sécuritaire vers le littoral sud de la presqu’île d’Ubwari (territoire de Fizi) demeure précaire, suite aux affrontements à répétition entre Maï Maï et FARDC. Une dizaine d’embarcations, parmi lesquelles celle appartenant au Bureau central de la zone de santé(BCZS), ont été confisquées il y a plusieurs jours par les Maï Maï, qui les utilisent à des fins militaires. Le bateau du BCZS servait à l’évacuation des femmes enceintes et d’autres urgences médicales vers Baraka et Kazimia. « Cette situation pourrait affecter en grande partie les activités humanitaires dans cette zone et mettre en danger des vies humaines » déplorent les humanitaires.   Tshieke Bukasa

 

 

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