Stade de Martyrs : un rendez-vous manqué

0
19

La répression s’est, une fois de plus, abattue sur les combattants et sympathisants de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) et de partis alliés de l’opposition politique le vendredi 23 décembre 2011. La raison de cette violente est connue : ces combattants ont osé manifester leur soutien à Etienne Tshisekedi wa Mulumba, leader de l’Udps,  en cherchant à se rendre au Stade de Martyrs où celui-ci avait programmé le même jour, à 10 heures, sa prestation de serment en tant que Président élu de la République Démocratique du Congo. Pour décourager des milliers de combattants à rejoindre, dans un premier temps, la résidence privée de Tshisekedi, à Limeté, et ensuite le Stade de Martyrs, un cordon d’isolement de ces deux endroits a été mis en place par la Police anti-émeute, lourdement armée.

C’est très tôt le matin que le dispositif s’est considérablement renforcé autour de la résidence du Président national de l’Udps. Des policiers anti-émeute quadrillaient toutes les avenues aux alentours. Des jeeps transportant des dizaines de policiers avec armes et grenades lacrymogènes aux poings ; des chars de combat et des véhicules anti-émeute avec de l’eau chaude étaient bien visibles et n’attendaient qu’un signal pour agir. Sur le Boulevard Lumumba il était observé, en même temps, un mouvement dense et inhabituel particulièrement des jeunes se dirigeant vers le Stade de Martyrs par l’avenue Sendwe. De temps à autre, les policiers interpellaient certains d’entre eux, d’autres se dispersaient et reformaient leur groupe plus loin. C’est ainsi qu’au niveau de la Place commerciale, quelques jeunes se disant « sportifs » s’étaient mis à pourchasser certains combattants pour les remettre à la Police.

Des grenades, des matraques et des tirs pour cueillir les combattants

Entre 10 et 12 heures, plusieurs altercations entre partisans et policiers se sont produites, a tel point que toute personne voulant circuler dans le périmètre de la résidence devait obligatoirement se faire identifier et justifier les raisons de sa présence sur le lieu. Sinon elle était refoulée ou, dans le cas d’insistance jugée suspecte, simplement arrêtée et jetée dans un véhicule pour une destination que seuls les policiers connaissaient. Leur mission était d’empêcher Tshisekedi de sortir de sa résidence et de neutraliser tout mouvement de masse dans le secteur. Pendant ce temps, sur la «Place du Rond-point Victoire», c’était le «sauve-qui-peut». Le même dispositif militaire et policier était de mise dans l’enceinte du Stade de Martyrs. Des grenades lacrymogènes ont été lancées à profusion accompagnées des tirs et des arrestations des jeunes combattants des partis de l’opposition, voire même des jeunes innocents dont le seul malheur était de se retrouver là, en ce moment-là. On a assisté à des courses-poursuites à travers plusieurs avenues jouxtant ce rond-point aussi bien du côté de Kalamu que de Kasa-Vubu.              

RSK

LEAVE A REPLY

*