Stade cardinal Malula : des refoulés de Brazza jouent aux prolongations

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refoulerLa situation appelle un éclairage officiel.  Malgré la suspension officielle des expulsions massives de nos compatriotes du Congo Brazzaville, on observe depuis un certain temps un envahissement du stade Cardinal Malula, en face de la maison communale de Kinshasa. Déjà le matin, l’on aperçoit une chaîne d’enfants le long du stade, demandant de l’aide aux passants comme aux automobilistes.

            Face à cet afflux de la population, bon nombre d’observateurs s’interrogent sur leur condition, d’autant plus que le nombre ne fait que s’accroître au fil des jours. Certains estiment qu’il y aurait parmi eux des infiltrés, qui n’ayant pas le courage de se prendre en charge, ont rejoint le camp de nouveaux venus afin de bénéficier aussi de l’aide venant des personnes de bonne volonté. D’autres par contre pensent que ces intrus veulent tout simplement bénéficier du statut d’expulsés, au cas où le gouvernement décidait de leur accorder.

« Une fois, j’ai appréhendé des jeunes gens en train de faire le grand besoin le long du caniveau qui se trouve en face de la maison communale de Kinshasa. Au moment où je les amenerai à la police de proximité, un groupe d’enfants prétendant être des expulsés, a accouru vers moi pour demander de l’aide. J’ai profité de cette occasion pour leur faire la remarque par rapport au comportement de leurs amis. C’est alors qu’ils ont commencé à blâmer ces jeunes-gens en leur disant qu’ils créent du désordre depuis leur arrivée…», a témoigné un habitant du quartier, convaincu à partir de cette expérience, que toutes les personnes présentes à cet endroit ne sont pas réellement expulsées du Congo Brazzaville.

            Outre ce témoignage, un chauffeur de taxi-bus a aussi révélé qu’une famille en provenance  de «Pakadjuma» à Kingabwa avec leurs bagages en main, était interceptée avant-hier non loin de la maison communale de Kinshasa, alors qu’elle tentait de s’infiltrer dans le camp des expulsés, sans que personne ne s’en aperçoive.

            Au regard de la situation, il est souhaitable qu’une nouvelle opération de recensement soit menée rapidement afin de distinguer les expulsés du Congo brazzaville aux «infiltrés», de manière à prendre des dispositions radicales devant amener à la fermeture définitive  du site de la maison communale de Kinshasa. Si les autorités centrales et urbaines sont distraites, elles risquent d’être surprises par la montée des shegués et Kuluna à cet endroit, troublant ainsi la circulation des paisibles citoyens et même la sécurité publique.

            Il  y a lieu de rappeler que la réoccupation de ce site par  nos compatriotes, fait suite à la fermeture de celui de Maluku. Ces derniers, originaires de Kinshasa, revendiquent le statut d’expulsés de Brazzaville. Ils prétendent n’avoir ni résidence, ni  proches parents à Kinshasa. C’est ainsi qu’au moment de la fermeture du site de Maluku, ces derniers ont préféré retourner dans  leur premier site d’accueil. Mais une  fois sur place, la police leur a refusé l’accès du stade cardinal Malula et l’espace de la maison communale. Comme solution, ces rescapés occupent depuis déjà plusieurs mois cet endroit, en attendant que les autorités urbaines trouvent une solution.

Perside Diawaku

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