Sportifs politisés : la RDC joue avec le feu

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Le sport est réputé promoteur de l’amitié, de la fraternité, du fair-play, de la saine émulation entre les jeunes en particulier et les citoyens de toutes les Nations en général. L’idéal olympique veut qu’au-delà de la recherche des résultats et des performances, les athlètes se vouent un respect mutuel et se gardent de verser dans la violence ou la contestation violente des verdicts des terrains.

Aussi, la politisation des pratiquants des arts martiaux (judokas, boxeurs, cacheurs, karateka…) à Kinshasa, dans le dessein bien arrêté de semer le désordre et la violence lors des manifestations politiques constitue une inquiétante dérive aux yeux de ceux qui gèrent le mouvement olympique à l’échelle planétaire. Pendant que le Comité National Olympique Congolais (CNOC) se complait dans un silence qui s’apparente à la complicité, les échos des turpitudes des sportifs congolais pratiquant les arts martiaux franchissent chaque jour les frontières nationales. A force de se taire, il expose le pays aux foudres des fédérations et confédérations sportives internationales, qui voient certainement d’un mauvais œil le détournement des sportifs de la voie des valeurs positives telles que la loyauté, la solidarité, l’amour, la non-violence, le respect de l’adversaire, etc.

En effet, en tant que structure chargée de coordonner le mouvement sportif national, le Comité National Olympique Congolais aurait dû hausser le ton et interpeller les fédérations et associations de judo, boxe, karaté, jiu-jitsu, catch…pour leur demander de mettre en garde les sportifs qui se sont mis au service des partis et regroupements politiques, dans l’unique but de nuire au jeu démocratique. Compte tenu de la gravité des actes de violence commis par ces marginaux, dont le dernier en date était le passage à tabac d’un caméraman d’une chaîne internationale et la destruction de son matériel de travail (caméra, cassettes), des sanctions auraient dû même être prononcées contre les coupables, du reste clairement identifiés.

La prise en otage, par certains politiques, de jeunes sportifs en vue de leur faire exécuter de basses besognes de terrorisme préélectoral, est un jeu fort dangereux, de nature à valoir de pires ennuis au mouvement sportif congolais. En effet, les instances internationales (fédérations confédérations) chargées de la gestion des disciplines sportives (football, basket-ball, volley-ball, cyclisme, handball, judo, karaté, athlétisme, tennis de table, tennis…) interdisent, de la manière la plus formelle, l’immixtion de la politique dans le sport.

Du sport aux milices

Ce qui est en train de se passer dans le microcosme politique congolais en général et kinois en particulier devrait interpeller sérieusement les gestionnaires du sport national. Car, au lieu de produire des athlètes de valeur, capables de défendre le drapeau national sur des terrains, pistes et rings étrangers de compétition, les sports congolais de combat enfantent désormais des miliciens formés à l’école de la machette, du couteau, du cocktail Molotov, de la bêche, du tesson de bouteille, du tournevis, de la barre à mines, de la baïonnette, de la caillasse, de l’allumette et de l’essence.
Si le Comité National Olympique Congolais (CNOC) ne donne pas rapidement un coup d’arrêt aux égarements de ses affiliés agissant présentement sous la botte des politiciens, la République Démocratique du Congo risque de se retrouver, un beau matin, suspendue du mouvement olympique international pendant plusieurs années.

Kimp

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