Sponsor des négociations de Kampala : un Américain déçu par Kinshasa et le M23

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Tous les paramètres de l’échec des négociations de Kampala entre le gouvernement congolais et la rébellion du M23 semblent réunis. On apprend même que le banc politique de Kinshasa a été prié de se retirer, ne laissant sur place  que des « experts », sous la responsabilité de l’abbé Apollinaire Malumalu, pour les derniers réglages en rapport avec l’Accord du 23 mars 2009.

 En principe, Raymond Tshibanda, ministre des Affaires Etrangères et chef de la délégation gouvernementale, a mis une croix sur le « dialogue » des sourds qui s’est installé entre les deux parties, peu avant le 20me Sommet de l’Union Africaine, le dimanche 27 janvier 2013, à Addis-Abeba.

          L’on croit savoir que l’exigence des rebelles de tout mettre sur la table – sécurité, armée, politique, économie, finances, social, vérité des urnes, légitimité des institutions, droits de l’homme, libération des prisonniers politiques – et le soutien du médiateur Yoweri Museveni à pareille revendication ont fini de convaincre les officiels de Kinshasa du caractère sans issue de ce dialogue voulu congolo-congolais qui avait tout l’air d’épouser les contours de Sun City/ bis.

          En attendant que les « experts » du gouvernement  et les délégués du M23 se retirent officiellement de Kampala, des sources qui se veulent sérieuses et dignes de foi assurent que l’échec des négociations entre Kinshasa et le M23 a fait une victime collatérale : le milliardaire américain Warren Buffett. L’on avait appris par la voix de son fils, Howard G. Buffet, président de la fondation philanthropique Howard G. Buffet, que celle-ci avait fait don de 500.000 Usd (dollars américains cinq cent mille) aux organisateurs des pourparlers entre le gouvernement congolais et la rébellion du M23.

          On laisse entendre aussi qu’il avait fait part de cette offre aux présidents Joseph Kabila de la République Démocratique du Congo, Paul Kagame du Rwanda et Yoweri Museveni, lors d’une de leurs rencontres intervenues dans le cadre de la CIRGL (Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs). Ce fonds était destiné au transport et au logement des délégués des deux parties mais aussi aux communications. Dans l’esprit de Howard G. Buffet, cet appui financier visait à alléger la charge du dialogue au gouvernement ougandais, dont le président était plébiscité médiateur par Kinshasa et Kigali mais aussi lui imprimer un caractère inclusif.

          Côté participation, le sponsor espérait voir autour de la table des négociations aussi bien des représentants du gouvernement congolais, de la rébellion du M23 que de l’Opposition, de la Société Civile que de la diaspora. Dans le même ordre d’idées, pour des raisons financières, les négociations devaient au départ être bouclées en une dizaine de jours, soit du 09 au 18 décembre 2012. Mais, au regard des difficultés de démarrage, il avait admis le principe des prolongations, qui ne devaient pas aller au-delà du 31 décembre 2012.

On dit Howard G. Buffett fortement déçu sur plusieurs points. D’abord, le délai-butoir de la fin d’année 2012 n’a pas été respecté. Ensuite, en dépit d’interminables prolongations, les négociations de Kampala ont accouché d’une souris. Enfin, son vœu plusieurs fois renouvelé de voir la RDCongo en particulier et les Grands Lacs en général retrouver le chemin de la paix n’a pas été exaucé. Selon son entourage, sa déception est si profonde qu’il est pratiquement exclu qu’il mette de nouveau la main à la poche.

          Howard G. Buffet, fils aîné du milliardaire Warren Buffet, est décrit comme un grand apôtre de la paix et ami sincère des peuples des Grands Lacs. Depuis 1999, indique-t-on, la Fondation Howard G. Buffett a déjà mobilisé la bagatelle de 50 millions de dollars américains en guise d’appui aux initiatives de paix et projets de développement dans cette partie de l’Afrique. L’on annonce, pour les deux prochaines années, un fond de 40 millions de dollars dans le cadre du financement des actions en rapport avec la sécurité alimentaire, le développement économique et la lutte contre les effets nocifs des conflits armés à répétition.      Kimp

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