Un soutien encombrant: Gédéon adhère à la MP

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Gédéon Kyungu de retour depuis hier à Lubumbashi. Quel est le vrai message ? L’information a été si étonnante et incroyable à première vue que l’opinion a pris du temps pour la digérer. Il y a deux mois que des individus aux visages et accoutrements bizarres circulaient sans être inquiétés dans les différentes rues et avenues de Lubumbashi. Du jamais vu dans cette ville qui en a déjà vu de trop malgré les bruits circulant sur leurs véritables identités : ces gens-là qui ne parlaient que dans l’une des langues vernaculaires de cette province, à savoir le Kiluba, ne se gênaient plus de se présenter comme des éléments de la milice dirigée par le fameux Chinja-chinja, entendez le sieur Gédéon Kyungu. Ce dernier, faut-il le rappeler, avait dirigé une milice tribalo-ethnique qui avait semé la terreur et la désolation dans ce qui est devenu depuis six mois la province du Haut Lomami. Par des  massacres, de destructions méchantes, des viols massifs des femmes, tous âges confondus et des déplacements forcés des populations vers les forêts avoisinantes abandonnant ainsi leurs villages. Que des massacres inhumains comparables à ceux perpétrés il y a des siècles par des hordes des Vandales, Huns, Visigots et autres peuplades sauvages venus du Nord de l’Europe et des territoires situés aux confins de l’Asie Centrale et de l’Est.

Des photos horribles prises par des missionnaires et autres envoyés spéciaux des chaînes de radios et télévisions occidentales avaient fait le tour du monde pour montrer des scènes des horreurs qui se commettaient au Sud Est de la RDC et à quelques dizaines des kilomètres de Lubumbashi. Le chef de ces bandes, le nommé Gédéon Kyungu, se pavanait même portant autour de son cou une corde où pendait une tête d’un mort. A ses pieds, une dizaine des têtes, des bras et autres membres des corps encore frais des suppliciés.
Cet homme et ses éléments avaient semé la terreur et la désolation à travers tous les territoires qu’ils contrôlaient et cela pendant plus de deux ans. Jusqu’au moment de la reprise de ces lieux par les troupes conjointes des FARDC et de la Monusco. 
            Gédéon Kyungu fut capturé et transféré manu militari jusqu’à Lubumbashi. A l’issue d’un procès public et radiotélévisé aux retentissements inattendus, Chinja-Chinja et ses éléments furent condamnés à des lourdes peines privatives de liberté, dont notamment la perpétuité pour le chef de ces bandes des sauvages et coupeurs des têtes.
 
Evasion spectaculaire !
C’est curieusement au moment où l’on s’y attendait le moins que l’opinion apprit que le fameux Chinja-Chinja et tous ses compagnons avaient trompé la vigilance des gardes de la prison de la Kasapa. Pourtant l’une des prisons les mieux sécurisées de la République, car située non loin du camp militaire et de l’Université. Une évasion spectaculaire qui laissa l’opinion ébahie et scandalisée, car perpétrée à 12 heures de la journée. D’où une série des questions : par quelle magie Chinja-Chinja et ses éléments ont pu s’évader de cette prison à une heure de pointe. Car c’est à ce moment-là que des mouvements sont observés tant au niveau de l’université que des écoles primaires et secondaires situées dans la périphérie. Ces évadés au nombre de près de quarante personnes devraient bénéficier des complicités aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de cette prison, et recourir à des moyens de transport rapides, notamment des véhicules lourds pour rejoindre leurs lieux de cachettes situés probablement dans le brousse environnante. Pourquoi les éléments de la sécurité militaire et policière ne sont-ils pas intervenus à temps ? D’autant plus que la prison de Kasapa est située juste à moins de deux kilomètres dudit camp militaire de la ville.
Un cadeau empoisonné pour la M.P.!
 Comment des évadés qui avaient été jugés à l’issue d’un procès public et ayant bénéficié de tous les droits dévolus à leur défense et qui purgeaient leurs peines de prison, peuvent-ils aujourd’hui revenir au grand jour à Lubumbashi et bénéficier d’une réception officielle dans la cour de l’Assemblée Provinciale ? Leur chef suprême s’étant permis sans gêne ni vergogne de porter un polo de couleur verte avec l’effigie de l’autorité suprême de la Majorité Présidentielle. Un soutien encombrant et un véritable cadeau empoisonné qu’est cette adhésion de Kyungu Chinja-Chinja et ses hommes à cette famille politique au pouvoir mais qui va se retourner contre elle tôt ou tard.
Selon des sources généralement bien informées, toutes les autorités administratives et politiques de cette province ont rehaussé de leur présence la manifestation festive caractérisée par des danses, des saynètes des majorettes, des chansons populaires et défilés.
Selon toujours les mêmes sources, Gédéon Kyungu aurait promis d’éventrer le boa à charge de deux personnalités politiques les plus en vue sur la scène provinciale, à savoir l’ancien gouverneur Moïse Katumbi et l’ancien président de l’assemblée provincial Gabriel Kyungu Wa Ku Mwanza.    
Hier tard dans la soirée, la RTNC a diffusé des images d’une cérémonie officielle se déroulant à Lubumbashi au cours de laquelle Gédéon Kyungu remettait des armes et munitions de guerre de ses miliciens aux officiers supérieurs des FARDC. Une cérémonie est destinée à sanctionner officiellement la fin de la rébellion, a-t-on entendu. Que deviennent alors les décisions judiciaires revêtues de l’autorité de la chose jugée à charge du fameux Chinja-Chinja et ses complices pourtant reconnus coupables des crimes de guerre et contre l’humanité qui sont déclarés inaliénables et imprescriptibles par tous les instruments juridiques internationaux ?
F.M.

7 COMMENTS

  1. La CPI doit en principe se saisir du dossier et appeler tous les membres de la majorité minoritaire a la barre. Toute la MP est composée des meurtriers et des criminels.

  2. C’est une honte pour mon pays.Ce monsieur,anthropophage,condamné par la justice,s’était »échappé » de la prison de Kasapa.Aujourd’hui il est porté en triomphe!Quel signal envoyons-nous à la jeunesse?

  3. La majorité veut utilisée kyungu pour accabler katumbi, le mal est qu’un citoyen congolais peut devenir rebelle, peut tuer, violer, piller et se rend à l’armée régulière paf on oublie les crimes par contre un opposant non armé ne jamais être amnistier on célèbre l’entrée d’un rebelle condamné pour crimes contre l’humanité en 2006 en grande pompe avec l’effigie du chef de l’État devant ses victimes

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