Soupçons de fraude, corruption et détournements : Moïse Katumbi, Beya Siku, Cishambo… cités au PGR

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katumbiA en croire l’Agence France Presse (AFP), soutient avoir eu accès au dossier le mercredi 24 juin, plusieurs personnalités politiques congolaises de haut rang seraient citées dans la plainte formulée contre elles par le Chef de l’Etat et déposée le mardi 23 juin 2015 au Parquet Général de la République par Luzolo Bambi Lesa, son Conseiller Spécial chargé de la Bonne Gouvernance et de la Lutte contre la Corruption, le Blanchiment des Capitaux et le Financement du Terrorisme. Comme par hasard, des soupçons de fraude, de corruption et de détournements pèseraient sur lesdites personnalités. Il s’agirait des gouverneurs du Katanga, Moïse Katumbi, du Sud-Kivu, Marcellin Cishambo, du Kasaï Oriental, Ngoy Kasanji, du Kasaï Occidental, Alex Kande mais aussi de son ancien Directeur de cabinet, Beya Siku…La liste des suspects, semble-t-il, serait très longue et pourrait atteindre voire dépasser la quinzaine.

Frappée du sceau de la confidentialité à ce stade de l’acte de dépôt et bientôt de l’instruction, la plainte « convoyée » par l’ancien ministre de la Justice fait l’objet de commentaire divers au sein du microcosme politique congolais, où certaines langues parlent du début de la chasse aux « Kuluna en cravate » et, d’autres, de « l’opération mains-propres ». D’aucuns prêtent au Président de la République l’intention d’envoyer un signal fort en direction des filles et fils de ce pays, en s’attaquant aux « gros poissons ». A ce sujet, le choix du professeur Luzolo Bambi Lesa, qui avait fait trembler nombre de concitoyens d’«en-haut » quand il pilotait le ministère de la Justice, aurait été dicté par sa volonté d’appliquer, sans faille, la tolérance-zéro.

 

Moïse Katumbi prêt pour sa défense ?

 

Toutefois, la prudence s’impose dans l’approche d’un dossier où les différentes personnalités suspectées de fraude, corruption ou détournements bénéficient, selon l’expression consacrée,  de la présomption d’innocence. Lorsque l’on jette un coup d’œil circulaire dans la corbeille des suspects à entendre par le Parquet Général de la République dans les jours ou semaines à venir, l’on note que le gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, sort du lot. Célébrité politique, sportive et du monde des affaires, l’intéressé ne serait nullement perturbé par la perspective d’être interpellé au niveau de la justice et serait prêt à se défendre, selon son entourage.

L’AFP, qui relaie la réaction d’un de ses conseillers, fait savoir qu’on ne serait pas surpris, dans son entourage, par la plainte que Luzolo Bambi s’est chargé de porter jusqu’au Parquet général de la République. Dans le camp de Moïse, on la perçoit comme une nouvelle manœuvre visant à le faire disqualifier pour la présidentielle de 2016, comme ce fut le cas pour celle de 2011. On rappelle, qu’à l’époque, les ennuis judiciaires du gouverneur du Katanga, par ailleurs président sportif du club de football TP Mazembe, étaient partis de Londres et Bruxelles, où il était accusé de blanchiment d’argent et achat d’armes. On signale, à ce propos, que l’affaire s’était terminée par un non-lieu. Pour la présumée virtuelle affaire de fraude, corruption ou détournement, on le dit attendre connaître la nature des préventions à sa charge pour présenter ses moyens de défense.

On est également convaincu, dans l’entourage de Moïse Katumbi, que c’est lui la principale cible et que les autres suspects ne seraient que des figurants.

 

L’Etat de droit à l’épreuve

 

Depuis l’annonce du passage de Luzolo Bambi par le Parquet Général de la République, on est tout yeux et tout oreilles pour la suite du dossier des présumés fraudeurs, corrupteurs ou détourneurs. On pense que le Chef de l’Etat n’aurait pas pris pareille initiative s’il ne disposait pas de données fiables sur les préventions à leur charge. Toutefois, le recours à la justice laisse penser qu’il offre aux personnes incriminées ou à incriminer la possibilité de se défendre devant un » arbitre » que l’on voudrait impartial, à savoir l’appareil judiciaire.

Le vœu que formulent les fervents défenseurs de l’Etat de droit est que celui-ci puisse se manifester, dans toute sa plénitude, dans un dossier où l’honneur et la dignité des mandataires publics encore en fonctions et de hauts fonctionnaires sont gravement mis en jeu. Cela commande que les condamnations ou acquittements éventuels voire des cas de non-lieu ne puissent laisser aucune zone d’ombre. Si, au bout du compte, la majorité des Congolais restent avec le sentiment d’avoir assisté à des règlements de comptes politiques ou autres, Luzolo Bambi serait mal parti dans sa campagne de traque des « Kuluna en cravate ».

                                    Kimp