SOS : viabiliser les provinces et stabiliser les populations !

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Quelques grandes villes de la RDC se sont lancées, après Kinshasa, dans des opérations de bouclage qui viseraient de les débarrasser des déserteurs, éléments incontrôlés et autres voleurs à main armée et marginaux. En réalité, c’est le trop plein de monde, avec ces chiffres démographiques alarmants, qui dérange la quiétude des gouvernants dans les provinces, notamment avec la montée de l’insécurité.

A Mbuji-Mayi et Kananga, pour ne citer que ces deux villes,  les quartiers résidentiels surpeuplés sont devenus, difficiles à contrôler. Des ghettos se constituent par-ci, par-là, jusque dans les quartiers périphériques, sécrétant la violence avec un taux de criminalité plus élevé.  Certes, l’implantation des partis politiques n’était pas là pour faciliter la tâche aux maires et aux administrateurs de territoires. Surtout que sur le plan de la revendication politique, au moins l’opposition a permis à la rue de gronder à chaque crise, pour se faire entendre. Et les manifestations sociales, comme il faudrait le souligner, sont brandies aujourd’hui, comme l’une des voies pour porter loin leurs revendications et faire pression sur les gouvernants.

A Kananga, aux dernières nouvelles, nous apprenons qu’un climat général d’insécurité règne dans cette ville. Des bandes des malfaiteurs ont commis plusieurs vols à main armée, agressant de paisibles citoyens, les dépouillant de leurs biens de valeur. Quelques meurtres ont même été enregistrés au cours de cette période. Excédée, l’autorité provinciale a décidé de mettre fin à cette insécurité. Et dernièrement, des opérations policières ont été lancées dans les quartiers, particulièrement à Kananga II. Au cours de ces bouclages, les familles sont visitées, et les maisons fouillées de fond en comble. Sur base de la saisie des armes de guerre, les détenteurs, premiers suspects, sont conduits dans les commissariats pour y être interrogés.

Si ces quelques actions policières ont restauré la sécurité à Kananga, l’on déplore néanmoins les dérapages et autres bavures commis par des agents de l’ordre. L’on signale même que la nuit, après ces bouclages, la pègre déploie ses membres dans les quartiers. Ces visites ciblent, des maisons bien équipées appartenant aux diamantaires et autres négociants en diamants. On laisse entendre que certains policiers serviraient d’indicateurs aux malfaiteurs à qui on a donné la cartographie des maisons à visiter. Et curieusement, même les biens cachés sous le lit à l’insu des voisins, sont repérés et emportés par des bandits. Le repérage des appareils électro-ménagers, des effets vestimentaires de valeur, et autres biens, et leur localisation avec précision dans la maison, par des malfaiteurs, indiquent que les malfrats ont bénéficié d’une certaine complicité.

C’est ce qui a poussé la population à exiger de l’autorité urbaine, l’organisation des opérations de bouclage en vue de neutraliser des malfaiteurs, des déserteurs et autres éléments incontrôlables. Ces opérations continuent, mais la population s’étonne du revers de la médaille avec des vols à main armée ciblés.

 Il faut viabiliser les provinces et stabiliser les populations

 Avec la montée de l’insécurité, la grande préoccupation des autorités urbaines est de remettre de l’ordre, sécuriser les quartiers et ramener le calme. Mais à la lumière des dérapages et autres bavures, force est de reconnaître que quelques brebis galeuses de la police en profitent toujours pour ternir l’image de marque de ce corps, et discréditer ces opérations visant le renforcement de la sécurité pour les populations.

L’effort qui doit être fait ces temps derniers, est de stabiliser les populations dans leurs provinces. Cette stabilisation passe par la viabilisation des provinces. Car, avec la faillite de plusieurs sociétés, et de petites et moyennes entreprises, la main-d’œuvre jetée au chômage ne peut que se tourner vers les grandes villes et particulièrement, Kinshasa, pour venir chercher un emploi ou s’accrocher aux basques d’un membre de famille fortuné. L’exode rural n’est plus le fait d’un sentiment de curiosité pour découvrir les réalisations de la modernité, mais bien une démarche dans le cadre de la lutte pour la survie. D’où les villes ne cessent de recevoir des chômeurs venus de l’intérieur. Et cela à un rythme effrayant.

A l’époque, l’administration coloniale avait réglé ce genre de problème. Pour passer un séjour dans une ville, les «indigènes» venus de villages devaient obtenir une autorisation de leur chef du village. A Kinshasa, ils devaient faire viser cette autorisation et se faire identifier auprès du chef de quartier où ils devaient laisser des traces. Si le délai de séjour obtenu de l’administration du village, était dépassé, les policiers passaient au domicile familial, pour se rassurer que le villageois avait regagné son terroir.

Aujourd’hui, on vient comme on veut dans la capitale, sans avoir à rendre compte à l’administration du quartier, du territoire ou de la province, aussi bien à l’aller, qu’au retour.

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