SOS pour le transport aérien : le Congolais paie plus cher sur l’axe Kinshasa-Goma que Kinshasa-Jobourg

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Incroyable mais vrai ! Voyager par avion sur les lignes internes congolaises revient désormais plus cher que vers certains pays africains. A titre d’exemple, le prix du billet aller et retour entre Kinshasa-Goma, Lubumbashi ou Kisangani coûte 800 dollars Us alors que le voyageur faisant Kinshasa – Johannesburg paiera la somme de 680 dollars Us. Ce qui choque, c’est que le voyage de Kinshasa à Goma prend deux heures de vol, tandis que celui de Kinshasa vers Jobourg  dure quatre heures.

Il y a trois mois, une réunion avait rassemblé autour des ministres des Transports et Communications, des Finances, de l’Energie, des Hydrocarbures les exploitants des sociétés aériennes privées, les délégués des sociétés de tourisme et voyage, les courtiers d’assurances ainsi que des experts en aviation civile pour examiner cette question épineuse du trafic aérien. Les débats avaient tourné essentiellement autor de la question du tarif sur les lignes intérieures, notamment le prix du billet d’avion et du fret aérien. Les exploitants aériens et les compagnies de tourisme et voyage avaient soulevé la question de la structure des prix du carburant jugé exorbitant par rapport à celle des pays voisins, de sorte que la plupart des compagnies aériennes étrangères préfèrent s’approvisionner en carburant à Brazzaville et non à Kinshasa. Particulièrement à cause des multiples taxes administratives qui alourdissent sérieusement les charges d’exploitation et qui se répercutent sur le prix de revient au détriment des usagers, notamment les voyageurs et surtout les commerçants des produits manufacturés, vivriers et autres. A ce jour, il nous revient que le prix d’un kilogramme de fret se négocie à plus de cinq dollars Us.

Un délégué d’une société de tourisme et voyage, approché par Le Phare, a indiqué que la majoration du prix du billet d’avion et du fret est consécutive au principe universel de l’offre et de la demande. Après la fermeture d’un grand nombre des compagnies aériennes privées ne répondant pas aux normes édictées par l’IATA, celles qui exploitent encore le ciel congolais en ont profité pour revoir les prix à la hausse, d’autant plus que la concurrence se fait rare. Les voyageurs en font les frais  car ils n’ont pas le choix.

Absence d’une compagnie aériennenationale

Qu’est-ce qui manque au gouvernement pour relancer la compagnie aérienne nationale ? Il est révoltant de voir un pays comme le Rwanda se doter d’une société aérienne  alors que cet Etat ne dispose d’aucune tradition éprouvée dans ce domaine. Selon des sources proches de la Direction de l’Aviation Civile ou DAC, deux sociétés aériennes privées européennes avaient élaboré un plan de leasing avec la future compagnie aérienne nationale pour un partenariat gagnant-gagnant ou Win-Win.

Ces deux compagnies, dont nous taisons les noms pour des raisons de confidentialité car le dossier moisit encore dans les tiroirs de l’administration intéressée, avaient proposé de mettre à la disposition de la Congo Airways vingt-cinq aéronefs ultramodernes pour l’exploitation intérieure et internationale. Notamment six aéronefs de type Airbus pour le réseau intérieur, trois pour l’axe Afrique occidentale, trois pour l’Est africain, quatre pour l’Afrique du Sud, l’Ile Maurice, la Namibie, le Botswana et le Zimbabwe, trois gros porteurs de type Boeing 767 pour l’Extrême Orient et deux pour l’Europe. Trois aéroports, à savoir Kinshasa, Lubumbashi et Kisangani allaient bénéficier du statut international pour les voyages vers les pays étrangers. Et pour cela, ladite compagnie partenaire allait mobiliser quatre avions de type Fokker pour permettre à tout voyageur venant des autres villes de l’intérieur de rejoindre l’un des trois aéroports internationaux pour prendre place à bord des avions en partance pour n’importe quel pays d’Extrême Orient, d’Afrique Occidentale, Orientale et d’Europe. Ceux des congolais voyageant vers les continents américains devraient, dans un premier temps, embarquer dans les aéronefs de cette société partenaire de Congo Airways.

Il revenait donc à cette société étrangère de prendre la charge de la formation et du recyclage du personnel naviguant, tels les pilotes, les mécaniciens, les hôtesses de l’air, les stewards et les agents au sol. Pour rentabiliser ce partenariat gagnant-gagnant, le directeur commercial et celui d’exploitation devraient provenir du partenaire étranger en plus de certains techniciens chargés de réparation. En attendant, il est révoltant de constater que 85% des clients des compagnies aériennes étrangères à l’arrivée comme au départ sont des Congolais. Comme si ces différentes compagnies aériennes battant pavillon étranger avaient recruté leurs actionnaires parmi des hommes d’affaires locaux disposant des complicités politiques de haut niveau qui font peur. Où est le nationalisme dont on nous rabat les oreilles chaque jour sur les ondes des médias nationaux ?

F.M. 

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